La campagne électorale invitée de la session (sauf pour moi)

Avant même le début de la session plénière du Conseil général, ce matin, nous étions interpellés par le Réseau éducation sans frontière qui organisait un rassemblement citoyen devant l’Hôtel du Département. Descendu à leur rencontre avec certains de mes collègues de gauche (Estelle Touzin Micheline Prahecq et Michel Ricoud), je rencontrai trois jeunes mineurs étrangers isolés (sans parents) et de ce fait placés sous la responsabilité du Conseil général. Ils représentaient la trentaine d’enfants dans cette situation qui sont pris en charge dans des conditions assez précaires puisque logés sans encadrement adulte dans des hôtels d’Orléans. Ils me confièrent la pétition qu’ils avaient préparée pour les élus départementaux et que des militants de RESF affichaient sur les murs de l’Hôtel du Département. Jusque-là, nous étions dans le coeur de métier du Conseil général.
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Déjà dix jours que le budget départemental est voté

Mes fidèles lecteurs commençaient à s’en offusquer : ce n’est qu’aujourd’hui que j’ai remis en ordre mon compte rendu de la session budgétaire, au-delà de la journée d’ouverture qui faisait l’objet de mon précédent billet. Voici donc un retour écrit et sonore sur les séances du jeudi 1er et du vendredi 2 décembre.
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Sauvons les investissements pour les riches en réduisant l’aide sociale

Comme toutes les sessions, celle-ci a débuté par un débat de politique générale à propos de l’enjeu du jour qui consiste à voter le budget du Département pour l’année 2012.

L’occasion est donnée au Président Doligé d’exprimer les grandes lignes des rapports qui nous attendent avec une propension de plus en plus marquée à lancer des piques à destination de ses adversaires politiques nationaux.

Ainsi, il nous déclare que la gauche fait de l’autisme face à la crise économique tandis que lui préparerait un budget qui préserve l’avenir. De même, il ne lui a pas échappé que même la ville de Chécy a recours à un contrat de partenariat public-privé (lequel, selon moi, n’est pas de même nature que la systématisation des PPP en vigueur au Conseil général).

La crise est là en effet et les recettes que l’Etat accorde au département sont limitées et encore incertaines.
Dans ces conditions la sincérité du budget est essentielle mais difficile. Pour Eric Doligé, elle consiste à prévoir des coupes drastiques aujourd’hui en s’attendant à un pronostic bien meilleur au mois de mars prochain, date à laquelle une décision modificative donnera un peu plus de marge à ce budget. De ce point de vue, ma crainte est bel et bien de voir des diminutions votées maintenant et jamais remises en cause.

En tous cas, fini les grands discours sur l’optimisme qui caractérisaient ses interventions des années passées mais il y a au moins une satisfaction, si l’on peut dire, c’est que tous les autres départements sont mal en point et souvent dans une situation pire que le Loiret (la bête noire du président reste évidemment le « département voisin au sud » selon sa formule pour désigner le Cher à majorité socialiste).

Il paraît que de nombreux dispositifs en faveur de la population existent dans le Loiret et nulle part ailleurs ; de même, il paraît que tous les départements qui offrent le transport gratuit pour les collégiens vont abandonner ce service public.

Une première réponse de David Thiberge s’étonne de la confusion dans laquelle ont été annoncées certaines décisions récentes avant de tracer quelques pistes d’évolutions possibles d’un budget qui respecterait mieux les attentes sociales, notamment pour les bénéficiaires du RSA ou pour les personnes âgées. On peut notamment s’interroger sur le train de vie de l’institution, notamment en ce qui concerne la communication vers l’extérieur.

C’est ensuite mon tour d’interpeller la majorité départementale :

Manifestement, cette analyse a le don d’agacer Eric Doligé qui me reproche de m’en prends toujours à lui personnellement et, en l’occurrence, de le présenter abusivement comme hostile aux augmentations d’impôt alors qu’il n’a « jamais dit que les impôts ne devaient pas bouger, c’est un choix que l’assemblée fera le moment venu ». En attendant mars 2012 pour connaître le résultat du vote du taux de la TFB je vous laisse méditer sur un extrait du dernier numéro de Décisions Loiret (relatif à l’année 2011 mais où l’on sent tout de même une certaine réticence envers l’impôt avec en outre ce gros mensonge selon lequel la réforme fiscale serait neutre pour le contribuable local) et je vous présente un extrait du projet de budget présenté lors de cette session (la taxe foncière y est évidemment estimée sans évolution du taux).

Non à la cuisine centrale privatisée

Petit retour sur une décision incompréhensible des hauts fonctionnaires du Conseil général (c’est à se demander si le Président lui-même était au courant quand on voit que plusieurs Vice-présidents sont tombés des nues).

Comme je l’annonçais récemment, nous manifestâmes hier, plutôt nombreux. On me voit en train de répondre aux questions du site Orléans infos.

Voici ce que j’ai dit pour un autre media, Agorapress :

Pas de sortie du nucléaire dans l’accord mais le nucléaire est sorti de l’accord

Tout est dans le titre, ou presque, en ce qui concerne l’alliance des écologistes et des socialistes en vue des prochaines législatives.

Ce que la presse a présenté comme un accord a minima place toutefois assez haut la barre, dans tous les domaines (retraite à 60 ans, loi d’orientation agricole, justice fiscale, logement, interdiction du cumul des mandat, santé, éducation …etc.-). Chacun y trouvera l’ambition de son parti pour les français mais je crois qu’il s’agit surtout d’un véritable effort en commun pour se placer à la hauteur des enjeux.

Pour mon propre compte, j’éprouve une grande satisfaction à la lecture des propositions « internationales » qui vont de la place prépondérante donnée à la vision européenne à des décisions toutes simples comme « la fin de la Françafrique ».

Reste les quelques écueils qui persistent et qui restent encore à dépasser :

Dès ce samedi, le Conseil fédéral d’Europe Écologie Les Verts doit se prononcer sur ce projet d’accord et il peut encore rejeter le compromis négocié hier par un groupe restreint. D’autant que, dans ces discussions, il a tout de même fallu céder un certain nombre de circonscriptions pour des députés socialistes 🙂 .

Bien entendu, sur le nucléaire, l’accord n’a pu se faire totalement et la fermeture chantier de l’EPR de Flamanville reste une revendication non partagée. Les écologistes et les socialistes se distingueront toujours à l’avenir sur ce point précis et, d’une certaine manière, les électeurs qui choisiront Eva Joly en avril (élection présidentielle) pèseront peut-être sur une évolution des choses d’ici juin (élections législatives).

Il n’en reste pas moins qu’il faut saluer la révolution copernicienne du parti socialiste sur le fond du problème puisque c’est tout de même une belle amorce de sortie du nucléaire dont il a été convenu avec la fermeture de 24 réacteurs et le renoncement à tout nouveau chantier, comme l’EPR de Penly par exemple. Un résultat salué comme il se doit par les industriels qui nous ont mené dans le mur depuis des années.

Enfin, et ce n’est pas le moindre des écueils, le projet d’accord électoral entre le parti socialiste et Europe Écologie Les Verts ne prévoit absolument pas de stopper les projets de ponts sur la Loire du Conseil général du Loiret : vous ne trouvez pas que c’est un scandale ? 🙂