« Ah, si seulement on avait ouvert les vannes ! »

Poursuivant le récit de la session du conseil départemental de juin, je voudrais aborder une question qui est dans toutes les têtes depuis le 30 mai : pouvait-on éviter les inondations entre Fay-aux-Loges (ci-contre) et Chécy en actionnant les écluses du canal et notamment celle de la Patache, à Combleux, qui ouvre sur la Loire ?

Une opinion très répandue et maintes fois répétée depuis le désastre qu’ont connu les riverains du canal et du Cens, c’est de dire qu’on pouvait évacuer l’eau vers la Loire par ce moyen. Et pourtant j’ai des doutes et je vous les soumets.
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Inondations : consensus en faveur des sinistrés mais pas sur les causes

Vous êtes nombreux à m’avoir fait remarquer que je n’écrivais plus beaucoup depuis quelques temps. J’avoue, je ne prends pas assez de temps pour raconter mes engagements politiques : ils n’en sont pas moins actifs. Vous le constatez parfois ci-contre au travers d’un tweet et cela se confirme si vous consultez mon agenda maintenu à jour plus régulièrement. Et puis, il m’arrive aussi de m’exprimer en tant que porte-parole local d’Europe Écologie Les Verts comme c’était encore le cas le 24 mai dernier.
En tous cas, même si tout cela m’a un peu détourné de ce blog, je maintiens mes traditionnels compte-rendus des sessions du conseil départemental et c’est à celle des 9 et 10 juin dernier que je consacrerai ce billet (et sans doute un autre bientôt).

L’ordre du jour prévoyait quelques dossiers importants comme l’adoption du plan d’investissement, de nouvelles formes de collaboration avec les communes, la réorientation de l’accompagnement des bénéficiaires du RSA et une évolution du soutien aux personnes âgées.
Bien sûr, les récentes inondations qui ont frappé le Département occupèrent aussi une place de choix dans les débats. Autant le dire de suite, la proposition du président Saury d’attribuer 800 000 € aux sinistrés n’a pas rencontré d’opposition. Cependant, lorsque le 1er vice-président Gaudet a entrepris de justifier le projet de pont à Jargeau comme réponse aux inondations, j’ai bien été obligé de retrouver une position d’opposant, têtu certes, mais toujours à partir d’arguments sérieux auxquels mes collègues n’opposent qu’une foi aveugle en une vision passéiste du Loiret.
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Hérons et cigales

Les mercredis se suivent et se ressemblent. Comme la semaine précédente, je me suis rendu à vélo hier matin à l’Hôtel du Département : de Bou à Orléans, 45 minutes de trajet (un peu plus qu’en voiture et moins que par les transports en commun). L’occasion de retrouver les nombreux hérons postés immobiles sur les rives du canal d’Orléans, sous la pluie hier comme sous le soleil il y a 8 jours. Malheureusement, je n’ai pas pu observer Titom, le balbuzard mardésien qui est quotidiennement à la recherche des gros poissons qui nourriront sa compagne. Depuis plusieurs semaines, ils sont placés sous « vidéosurveillance », en quelque sorte, mais c’est pour notre plus grand émerveillement, lequel ira croissant dans une dizaine de jours au moment de l’éclosion des œufs. Signe des beaux jours, mes trajets cyclables m’ont permis d’accompagner les sternes qui sont revenues et survolent inlassablement la Loire, offrant parfois de formidables plongeons.
Mais trêve de sentimentalisme environnemental 😉

Une fois mon vélo rangé – vous le reconnaîtrez aisément ci-contre – ayant endossé un costume plus présentable, j’étais bel et bien à Orléans pour travailler. La semaine dernière, il s’agissait de la réunion mensuelle de la commission des finances du conseil départemental du Loiret et celle-ci appelle des commentaires. Elle examinait en effet un rapport consacré à la dette du conseil départemental et sa « comparaison avec les autres départements ». Des constats un peu alarmants nous furent proposés par les services départementaux sur la base des études de la société Finance Active.

L’encours de la dette augmente pour tous les Départements mais « il s’est accru de manière plus importante pour notre département » : le Loiret était en-dessous de la moyenne en 2010 et il est désormais bien au-dessus (40% de plus que les autres en montant par habitant). Du coup, le Loiret se classe bien plus mal que la moyenne des autres départements pour deux ratios financiers étudiés : le taux d’endettement et la capacité de désendettement. Il faut bien enfin le reconnaître : « C’est l’intégration de la dette liée aux partenariats public-privé (PPP) qui a provoqué cette montée de la dette dans le Loiret ». Autre problème soulevé, le Loiret a, pour ses emprunts, des taux d’intérêts plus élevé que les autres départements, là encore « en raison du recours aux PPP ».

Autant dire que ce rapport tombe à point nommé pour confirmer un certain nombre de mises en garde que j’ai pu exprimer par le passé. Le rôle des PPP dans la lourde dette du conseil départemental était encore souligné il y a peu par Christophe Chaillou qui y voyait la source de l’augmentation des impôts décidée en mars dernier. Fort heureusement, notre département a encore des ressources. Mais il est clair que, à l’instar des cigales, nous avons vécu à crédit sous le dernier mandat d’Eric Doligé et qu’il faut désormais se l’avouer franchement et, sans doute, accepter de faire des choix plus raisonnables en matière d’investissements publics. Et si nous laissions tomber cette fameuse infrastructure routière à 100 millions qui délogerait des balbuzards et que nous consacrions plus de ressources aux besoins de base de la population : autonomie des personnes âgées et des personnes handicapées, insertion et habitat par exemple ?

Controverse avec le président Saury

Rien de grave, rassurez-vous, « Controverse » est une émission radio de France bleu Orléans qui a été consacré, hier soir, au bilan de la première année du président Saury à la tête du conseil départemental du Loiret.
J’étais invité à lui donner la réplique, dans le dernier quart d’heure de l’émission, afin de parler nucléaire et pont sur la Loire. Des sujets qui me sont familiers, bien entendu, mais ceux qui suivent ce blog savent bien que nous aurions pu avoir aussi plein de « controverses » à propos de politique sociale, d’agriculture, de participation citoyenne … etc.

Vous pouvez réécouter notre débat ici :

Des impôts qui montent … pour des choix contestables

Après l’introduction de mercredi dernier, les deux journées suivantes de la session furent consacrées à l’examen des rapports un à un. A une ou deux exceptions près, il s’agissait de voter, chapitre après chapitre, les différentes parties du budget 2016. Autrement dit, faire des choix en ce qui concerne (un peu) les recettes et (beaucoup) les dépenses. Autant dire que le compte-rendu que je vous propose sera aussi long que les clivages sont profonds avec la majorité.
Une fois fixés les rares taux d’imposition dont le conseil départemental est responsable, c’est essentiellement sur les dépenses que les élus locaux ont des marges de manœuvre. Si le versement des allocations individuelles de solidarité est strictement encadré par la loi et si les dépenses de personnel sont forcément très stables d’une année à l’autre, bien d’autres postes budgétaires permettent de constater que la politique faite par une majorité Les Républicains n’est pas celle que mènerait, par exemple, le Parti socialiste. D’ailleurs, in fine, mes collègues de l’opposition s’abstinrent de voter le budget.
Quant à moi, constatant l’écart encore plus grand entre une politique écologiste, juste envers les besoins du moment et soucieuse des générations à venir, et celle envisagée dans le Loiret, je décidai de voter contre ce budget départemental. Il est vrai que, comme l’a remarqué le journal Magcentre, je suis « souvent monté au créneau durant ces trois jours pour montrer [ma] différence dans les différentes politiques notamment en matière d’environnement et d’équipements routiers ». Si on y ajoute les politiques sociales que j’ai souhaité franchement plus solidaires, on comprendra que mon vote n’est pas une posture mais l’affirmation qu’un autre budget est possible.
Cette conviction s’appuie d’abord sur le fait que je ne partage pas avec les autres conseillers départementaux l’idée que seules les dépenses d’investissements sont bonnes pour la population.
[ N.B. : on parle de dépenses de « fonctionnement » lorsqu’il s’agit de dépenses récurrentes qui se répètent tous les ans (par ex. le salaire d’une assistante sociale du Département) et on classe la dépense dans « l’investissement » lorsqu’elle est unique dans le temps où ne se renouvelle qu’après de nombreuses années (par ex. la construction d’un nouveau bâtiment). Cependant, chacun a conscience qu’il est difficile de faire la différence dans certains cas comme les travaux d’entretien qui reviennent à un rythme plus ou moins long. Bref, cette distinction est avant tout liée à la comptabilité française qui est annuelle et elle ne dit en rien ce qui constitue une bonne ou une mauvaise dépense. Construire un collège (investissement) ou payer chaque année les enseignants (fonctionnement), sont deux aspects indissociables pour qui veut assurer l’éducation des enfants. Et l’on compromet l’avenir, en revanche, aussi bien en subventionnant les carburants diesel (fonctionnement) qu’en construisant des autoroutes (investissement).]



Investissement ou fonctionnement, ce fut l’objet de ma première intervention, lors de l’examen du … Lire la suite