C’est un scandale !

Avertissement : ceci n’est qu’un modeste blog dont la portée ne doit pas être surestimée mais quelques unes des premières réactions suscitées par ce billet m’amènent à penser que le ton adopté pour le rédiger peut le faire apparaître comme injustement agressif.
J’en ai donc retiré la conclusion qui était exagérée et je tiens à préciser que je ne mets en cause ni l’honnêteté ni la morale de mon collègue Marc Gaudet. Celui-ci a notamment démenti être un ami personnel du président de la commission d’enquête et j’en prends acte (avec des guillemets qui auraient été bienvenus dès le départ). Leur proximité n’en demeure pas moins suffisante pour que s’applique la charte de déontologie des commissaires enquêteurs. Le conflit d’intérêt dont il est question ne porte évidemment pas sur de l’argent mais sur ces liens personnels susceptibles de fausser l’appréciation. C’est un peu comme faire arbitrer un match de l’équipe de France par un arbitre français. Cela ne se fait pas. Même s’il n’y a pas d’argent en jeu et même si on peut imaginer que cet arbitre serait en capacité de rester neutre. Cela ne se fait pas, tout simplement. Si cela se produisait quand même, et si en plus deux ou trois penalties litigieux était accordés, je ne doute pas que les supporters du camp d’en face écriraient des chose bien plus graves que ce qui suit 😉

Vous vous souvenez sans doute des incroyables conclusions de l’enquête publique concernant le projet de déviation de la RD 921 à Jargeau. Le moins que l’on puisse dire est que l’avis favorable de la commission d’enquête m’avait surpris et laissé un sentiment de dupe (voir polémique au coeur de la session de juin).
Aujourd’hui, tout s’explique :
L’association Mardiéval révèle ce matin que le président de cette commission, Michel Badaire, était « un intime » du porteur de projet, mon collègue Marc Gaudet, élu du canton de Pithiviers et vice-président du Département en charge des routes.
C’est un conflit d’intérêt majeur qui jette la plus grande suspicion sur cette enquête publique.
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Fête à la Binette

Allez, une petite page de publicité, une fois n’est pas coutume.

Ce week-end, ne manquez pas la fête à la Binette qui se tiendra à Bou du samedi à 16h30 au dimanche à 18h. Une succession de spectacles de qualité, gratuits, au bord du dernier fleuve sauvage d’Europe avec tous les bateaux des mariniers de Loire.

Et, bonne nouvelle, le Président de la République ne pouvant pas venir, ça se passera à la bonne franquette comme d’habitude.

La fête à la Binette sur Facebook

C’est la rentrée

Ce matin, traditionnelle visite des collèges du département avec le Président Hugues Saury … et la présence inattendue d’un autre Président. En effet François Hollande a choisi le Loiret, avec la ministre Najat Vallaud-Belkacem, pour rencontrer les élèves et la communauté éducative. C’est ainsi qu’il est actuellement au collège Jean Rostand d’Orléans, sans doute pour défendre une politique éducative dont je dois bien reconnaître qu’elle est une des rares à ne pas être profondément décevante dans son mandat.

Malheureusement, la visite présidentielle bouleverse l’organisation de la journée : les conseillers départementaux, y compris le Vice-président en charge des collèges, ont été priés de prendre une petite récréation entre le passage au collège André Malraux de Saint-Jean-de-la-Ruelle (ci-contre et ci-dessous) et les collèges André Chêne de Fleury-les-Aubrais puis Romain Goupil de Beaugency. En effet, la sécurité du grand homme d’État ne permettait pas qu’il puisse croiser de trop nombreux élus locaux.
 

Pourtant, c’est l’assemblée départementale qui est responsable de ces établissements scolaires et, même si aucun nouveau collège n’ouvre cette année dans le Loiret, les investissements dans ce secteur se maintiennent. On peut s’en réjouir. Il ne sera pas dit qu’un conseil départemental qui peut dépenser cent millions pour résoudre un problème d’embouteillage assez ordinaire ne pourra pas également mettre un peu d’argent dans les conditions d’enseignement offertes aux collégiens, non plus que dans tant d’autres domaines où sa compétence est engagée.

Lettre ouverte à la commission permanente du conseil départemental du Loiret

Mes chers collègues,

Vous vous apprêtez, demain matin, à voter la déclaration de projet pour la déviation de la route départementale 921 à Jargeau et Saint-Denis-de-l’Hôtel. Vous allez donc décider que l’intérêt général de notre Département réside dans un modèle de société basé sur l’épuisement des ressources naturelles, l’inexorable bétonnage de nos terres agricoles, la perte de biodiversité et l’accumulation des pollutions atmosphériques et des gaz à effet de serre qui entraînent le changement climatique global.

Je peux concevoir que vous ne vouliez pas prendre en considération les arguments écologistes. Nous avons pourtant voté à l’unanimité une délibération qui indique que « le développement durable sera intégré comme prérequis dans chacune de nos politiques ». Mais je sais que tous nos administrés ne sont pas encore mûrs pour les évolutions que cela implique. Il y en a sans doute plus que vous ne croyez qui sont prêts à changer de mode de vie pour préserver leur santé et leur bien-être. Mais je conçois que vous ne vouliez pas brusquer les autres en privilégiant les critères environnementaux dans vos décisions. Nous ne sommes pas d’accord à ce sujet mais c’est votre choix.

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Songez que vous auriez pu être ce déporté

Avant de participer aujourd’hui aux différentes cérémonies du 14 juillet, j’assistais hier à Lorris à l’inauguration de l’exposition « Lutetia 1945, le retour des déportés ».

Ouverte au Musée départemental de la Résistance et de la Déportation jusqu’au 31 août 2016, cette exposition retrace le retour et l’accueil des déportés de la seconde guerre mondiale, entre avril et août 1945, en utilisant les chambres et les locaux de l’hôtel Lutetia à Paris. Les souvenirs de déportés du Loiret sont également mis en scène.

Au cours de l’évocation des différents panneaux, devant le président et plusieurs membres de l’exécutif départemental, la représentante des Amis de la Fondation pour la Mémoire de la Déportation attira notre attention sur un texte « qui résonne encore aujourd’hui ».

Et en effet, sans vouloir sombrer dans le sentimentalisme, je ne pouvais m’empêcher, face à une telle archive, de songer que je pourrais être ce réfugié d’aujourd’hui fuyant la guerre sur un bateau précaire ou ce jeune mineur isolé dans un pays étranger auquel on ne peut pas trouver un foyer décent.