15
juillet
2010

Le canton se repeuple

C’est avec plaisir et non sans fierté que j’assistais samedi dernier à un baptême écologiste à Mardié.

Les bébés, prénommés Yab et Lil, ont vu le jour le mois dernier en haut des cimes du bois de Latingy et si leur ramage se rapporte à leur plumage, ils seront un jour les phénix des hôtes de ces bois. Du moins si de funestes projets routiers et une carrière géante ne viennent pas envahir leur territoire.

En attendant, il faut beaucoup de patience et de précautions pour les apercevoir et les photographier comme peut le faire l’association Mardiéval qui propose les portraits de famille au grand complet où les parents encadrent les petits. La fête rassemblait donc tous ces naturalistes acharnés qui veillent sur la réintroduction des balbuzards pêcheurs dans notre région. Merci à eux.

Des remerciements appuyés leurs vinrent aussi du parrain du jeune Yab, Yann Arthus-Bertrand en personne, qui ne mâche pas ses mots dans une interview donnée à France-Bleu (la marraine de Lil est sans doute du même avis mais elle était retenue par une migration en Australie). Nous pouvons tous suivre le mot d’ordre “quand on veut on peut” en rejoignant l’initiative 10:10 de la Fondation Goodplanet. Sans oublier, pour ceux qui visitent le canton de Chécy, l’enquête publique en cours à propos de l’implantation d’une carrière à Mardié (des registres permettent de s’exprimer dans les mairies de Mardié, Donnery Chécy et Bou).

24
juin
2010

Triste Assemblée générale pour l’ADEL

L’Agence de développement économique du Loiret, officine du Conseil général plus connue comme l’agence de délocalisation vers le Loiret, tenait ce jeudi son assemblée générale à Sully-sur-Loire.

Premier coup du sort, cette réunion tombait en même temps que la journée d’action pour les retraites qui a mobilisé non seulement les conseillers généraux de gauche, privés d’un bon repas à Sully,  mais surtout une très très très grande part des forces vives du département, à savoir les travailleurs (et les travailleuses comme disait autrefois Arlette Laguillier). J’en profite pour dire que nous étions manifestement plus de deux millions à défiler en France pour rappeler au gouvernement qu’il n’y a rien de dramatique dans le fait de vivre mieux et plus longtemps et que ce n’est certainement pas en mettant les sexagénaires au chômage plutôt qu’en retraite que notre société y gagnera en cohésion.

Dans le même temps, je ne doute pas que l’ADEL a présenté un panorama optimiste de l’économie du Loiret, sans nier la crise mais en sélectionnant quelques bonnes nouvelles qui donnent l’illusion que cette crise n’est qu’un mauvais moment à passer et que le système actuel est le meilleur qui soit, même lorsqu’il menace des centaines de milliers de gens de sombrer dans la misère.

L’optimisme des décideurs du Loiret est d’autant plus débridé qu’il se nourrit le plus souvent de victoires acquises contre les autres départements français dont l’ADEL a pour mission de délocaliser les entreprises vers chez nous.

C’est là que survient le deuxième coup du sort pour le Eric Doligé.

Le jour même où il célèbre la réussite économique du Loiret, on apprend par la presse que son copain Maurice Leroy,  Président du Loir-et-Cher, a favorisé la délocalisation de l’usine Treca de Beaugency vers Mer. “C’est la guerre !” répond le directeur de l’ADEL ; “ils ont une éthique surprenante” ajoute le Président du Loiret. Car dans ce déplacement de quelques kilomètres, ce ne sont pas les difficultés de l’entreprise ou de ses salariés qui semblent préoccuper au premier chef nos grands dirigeants. C’est plutôt le fait que les emplois préservés - c’est ça l’essentiel - ne compteront plus positivement dans la balance du 45 mais dans celle du 41. Et tout ça parce que le Loir-et-Cher a consenti à investir, pour favoriser le déménagement de Treca, plusieurs millions d’euros réfusés par l’ADEL.

Pour une fois je serai donc d’accord avec le Président Doligé pour dénoncer surenchère, un “truc sans filet”. C’est justement pour cela que je m’insurgeais l’an passé contre les cadeaux considérables accordés à ICT pour son installation à Villemandeur. Je continue de croire que l’argent public n’a pas vocation à entretenir une compétition stérile entre territoires mais plutôt à réorienter l’économie vers les secteurs les plus pertinents, par exemple ceux qui contribuent au développement durable de notre société.

Désolé d’y revenir mais ce n’est pas en finançant des autoroutes et des ponts que l’on préparer l’avenir.

21
juin
2010

Communiqué : Non à la privatisation des collèges du Loiret

Le Conseil général du Loiret est engagé depuis plusieurs années dans la rénovation des bâtiments des collèges du Loiret. C’est un des acquis de la décentralisation qui a permis des investissements importants au sein d’un programme de 600 millions d’euros en 20 ans. Malheureusement, cette politique est aujourd’hui dévoyée et prend la forme d’une privatisation des locaux scolaires et des services associés.

Après celui de Meung-sur-Loire le 25 février, le Président Doligé présentait lundi dernier le projet de reconstruction du collège à Bazoches-les-Gallerandes. Comme si de rien n’était, il fut annoncé dans les deux cas que les nouveaux bâtiments feraient l’objet de partenariats public-privé (PPP). En réalité, cette procédure contestable n’a pas été débattue par l’assemblée départementale.

Il est d’autant plus grave de présenter le PPP comme acquis que ce choix comporterait des inconvénients majeurs qui ne manquent pas d’inquiéter les parents d’élèves, le personnel départemental et le personnel enseignant conviés à chacune des réunions d’information.

Aux interrogations sur le devenir des personnels de service, exprimées lors de ces réunions, le Président du Conseil général n’apporte que des réponses dilatoires. Les salariés du Département seraient-ils transférés à la société partenaire ? Seraient-ils mutés ailleurs dans le Loiret ? Pas moyen de le savoir, on verra plus tard, au cas par cas.

Les arguments du Président en faveur du PPP sont pourtant particulièrement peu convaincants. Aux Magdunois, il affirmait que seule une entreprise privée est assez réactive pour procéder à un remplacement efficace lorsqu’un salarié est absent. Si le Conseil général est vraiment incapable de gérer ce genre de situation, on frémit à l’idée que l’un des 2500 employés du Département puisse tomber malade. A Bazoches, l’argumentaire fut encore plus simpliste : seule une entreprise privée serait assez bien organisée pour mettre en œuvre un programme pluri-annuel de réfection des peintures des collèges. Incroyable ! L’institution départementale dont le Sénateur Doligé Eric ne cesse de faire l’éloge dans le cadre de la réforme des collectivités territoriales serait donc, selon le Président Eric Doligé, incapable de repeindre régulièrement les bâtiments dont elle a la charge ?

Il faut cesser ces plaisanteries et avouer franchement un parti-pris purement idéologique et ultralibéral en faveur des PPP. La majorité départementale manque d’arguments sérieux pour donner la moindre justification à cette privatisation rampante des collèges du Loiret. Dans tous les cas, ces choix devront bien être présentés un jour ou l’autre devant les élus départementaux et le conseiller général écologiste s’y opposera.