La crise a bon dos

La crise finira bien par se terminer.

C’est le leitmotiv des décideurs désemparés depuis l’effondrement du système bancaire en 2008. Ainsi Eric Doligé expliquait en décembre 2008 que l’on « enregistre une relative pause [!] dans le calendrier de réalisations de certains projets [économiques] ». Il enchaînait alors en ces termes : « profitons de cette pause pour avancer dans nos projets de zones d’activités et d’infrastructures de manière à pouvoir satisfaire la demande lorsque la reprise sera au rendez-vous [!] ». En mars 2009, toujours selon le président du Conseil général, « dans cette période délicate que nous traversons et dont nous savons que nous sortirons » le rendez-vous est reporté « à une date inconnue ». Quant aux dispositifs permettant aux entreprises de « passer un cap difficile », « ce sont des palliatifs, tout dépendra de la durée de la crise ».

Quatre ans plus tard « la crise » est encore là.
Et pourtant, pas besoin d’être grand savant pour deviner que ce que nous nommons « la crise » n’est pas un épisode mineur, une simple oscillation dans la marche conquérante du capitalisme et du PIB mondial.

J’ai pour habitude de rester optimiste, pensant que même si cette crise est sous-évaluée, elle sera un jour dépassée par la mise en place d’un nouvel ordre économique et social, compatible avec la préservation d’une planète habitable. Mais il y a des jours où cet optimisme est ébranlé.

Je suis retombé par hasard sur un texte déjà ancien et pourtant drôlement bien vu. Rien que le début résonne curieusement après la triste célébration du titre de champion de France de football à Paris. Ce n’est pas une prédiction de Nostradamus mais peut-être reconnaîtrez-vous l’auteur et la date à laquelle il a prévu tout ça, bien avant la “rupture” orchestrée pendant le mandat de Nicolas Sarkozy.
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Eric Doligé ne fait pas l’unanimité

Le pôle communication du Conseil général a pris pour habitude de donner une signification profonde aux délibérations prises en commission permanente alors que celles-ci ne présentent généralement qu’un caractère formel : elles ne font que décliner les grandes orientations votées par l’Assemblée. C’est ainsi que le Président Doligé tente de faire croire que ses idées sont largement soutenues pour peu que personne ne s’oppose à lui sur la mise en oeuvre des règlements départementaux. Bien entendu, il est fréquent que la gauche accepte la mise en œuvre, dans des cas concrets, d’une politique qu’elle rejette globalement mais que la majorité départementale a régulièrement adoptée et qui est entrée en application.
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Des hauts et des bas pour les PPP du Loiret

Les habitués de mon blog le savent déjà : le Conseil général du Loiret est leader parmi les collectivités en matière de partenariats public-privé (PPP). Et ce n’est pas un secret non plus que mon hostilité à cette procédure lorsqu’elle est systématiquement employée pour passer commande d’investissements du département. Cela crée un endettement public redoutable car plus ou moins dissimulé sous forme de loyer annuel. En outre, à moins que la collectivité ne se dote d’une expertise juridique et financière de tout premier plan (donc coûteuse), il est peu probable que ces contrats soient avantageux pour elle.

Malheureusement, l’exécutif départemental considère les PPP comme la panacée et c’est d’autant plus inquiétant que le Loiret vit au-dessus de ses moyens en matière de grands projets, au détriment des actions quotidiennes, en particulier l’action sociale. Ainsi, outre le plan pluriannuel d’investissement pour les collèges (2 établissements construits en PPP, 2 en cours et 5 à venir), le Conseil général s’était engagé dans des procédures PPP pour le projet de pont à Jargeau et pour construire une cuisine centrale à Meung-sur-Loire. Il a en outre encadré le Service départemental d’incendie et de secours (SDIS) pour que celui-ci adopte un PPP en vue de bâtir 12 casernes de pompiers. Autrement dit, aucun des gros investissements financés par le Département ne semblait pouvoir échapper à un contrat de PPP.

Et puis, patatras ! Il a fallu renoncer au PPP pour le pont de Jargeau.
Force est de reconnaître, en effet, que le Conseil général du Loiret a su mettre le paquet pour contrôler les négociations délicates qui conduisent à signer de tels marchés. Du coup, quand la procédure s’annonce manifestement ruineuse pour la collectivité, il faut jeter l’éponge.
C’est ce qui vient de se passer pour la seconde fois en six mois. La recherche d’un partenaire privé pour construire et gérer une cuisine centrale départementale à dû être déclarée sans suite par la commission permanente réunie le 29 mars dernier. Du coup, comme il n’a jamais été envisagé de mener ce projet autrement, nous avons plusieurs collèges qui vont recevoir les repas de la cantine en liaison froide en provenance d’un fournisseur lointain. C’est notamment le cas des deux établissements neufs construits en PPP qui ouvriront en septembre prochain. Il est vraiment regrettable qu’ils n’aient pas été conçus dès le départ avec une cuisine sur place qui permet de servir des plats de meilleure qualité gustative.

Mais si la commission permanente du 29 mars a abandonné un PPP, elle a dans la même séance autorisé la signature d’un autre PPP, celui qui concerne la construction de cinq collèges et un gymnase. Je m’étais opposé en vain à ce mode de contrat lorsqu’il fut choisi. En revanche, j’ai approuvé sans réserve le choix de l’un des deux consortiums candidats. En effet, si les promesses du contrat sont tenues, le projet architectural pour la reconstruction du collège de Chécy est plutôt intéressant. Et il est désormais acquis que le collège rénové sera opérationnel à la rentrée de septembre 2015. Bonne nouvelle pour les jeunes Caciens et Mardésiens … et peut-être Boumiens si la carte scolaire évolue.

Des impôts, oui, mais pour quoi faire ?

La seconde partie de la session de printemps du Conseil général du Loiret a été marquée par la décision d’augmenter sensiblement la taxe foncière que perçoit le Département. Je me suis opposé à cette décision, avec l’ensemble des élus socialistes, écologistes et communistes.

Soyons clairs, je n’en fais pas une question de principe. Je ne pense pas forcément qu’il y ait trop de taxes ou que l’on assomme les contribuables. En matière fiscale, tout est relatif. Cela dépend de qui paie les impôts et de qui bénéficie des services rendus par la collectivité. Il y a encore beaucoup de nos concitoyens – j’en fais partie, modestement – qui ont de la marge et du pouvoir d’achat. Il n’y a qu’à voir les embouteillages vers les stations de sports d’hiver. Même pour les plus riches, l’impôt est encore loin d’être confiscatoire. Réciproquement, les besoins d’autres personnes sont de plus en plus pressants et l’action publique doit pouvoir y répondre.
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