Lettre ouverte à la commission permanente du conseil départemental du Loiret

Mes chers collègues,

Vous vous apprêtez, demain matin, à voter la déclaration de projet pour la déviation de la route départementale 921 à Jargeau et Saint-Denis-de-l’Hôtel. Vous allez donc décider que l’intérêt général de notre Département réside dans un modèle de société basé sur l’épuisement des ressources naturelles, l’inexorable bétonnage de nos terres agricoles, la perte de biodiversité et l’accumulation des pollutions atmosphériques et des gaz à effet de serre qui entraînent le changement climatique global.

Je peux concevoir que vous ne vouliez pas prendre en considération les arguments écologistes. Nous avons pourtant voté à l’unanimité une délibération qui indique que « le développement durable sera intégré comme prérequis dans chacune de nos politiques ». Mais je sais que tous nos administrés ne sont pas encore mûrs pour les évolutions que cela implique. Il y en a sans doute plus que vous ne croyez qui sont prêts à changer de mode de vie pour préserver leur santé et leur bien-être. Mais je conçois que vous ne vouliez pas brusquer les autres en privilégiant les critères environnementaux dans vos décisions. Nous ne sommes pas d’accord à ce sujet mais c’est votre choix.

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Songez que vous auriez pu être ce déporté

Avant de participer aujourd’hui aux différentes cérémonies du 14 juillet, j’assistais hier à Lorris à l’inauguration de l’exposition « Lutetia 1945, le retour des déportés ».

Ouverte au Musée départemental de la Résistance et de la Déportation jusqu’au 31 août 2016, cette exposition retrace le retour et l’accueil des déportés de la seconde guerre mondiale, entre avril et août 1945, en utilisant les chambres et les locaux de l’hôtel Lutetia à Paris. Les souvenirs de déportés du Loiret sont également mis en scène.

Au cours de l’évocation des différents panneaux, devant le président et plusieurs membres de l’exécutif départemental, la représentante des Amis de la Fondation pour la Mémoire de la Déportation attira notre attention sur un texte « qui résonne encore aujourd’hui ».

Et en effet, sans vouloir sombrer dans le sentimentalisme, je ne pouvais m’empêcher, face à une telle archive, de songer que je pourrais être ce réfugié d’aujourd’hui fuyant la guerre sur un bateau précaire ou ce jeune mineur isolé dans un pays étranger auquel on ne peut pas trouver un foyer décent.

Un mois déjà, mais le compte-rendu est là

Il y a bientôt un mois se tenait la dernière session du conseil départemental dont je vous ai déjà rapporté les débats de la première journée au cours de laquelle l’on s’était attardé sur le bilan des inondations. Le lendemain, vendredi 10 juin, l’assemblée loirétaine reprenait son travail pour traiter des affaires ordinaires. Mieux vaut tard que jamais, voici mon appréciation, toujours subjective, des décisions prises ce jour-là, en particulier le plan pluriannuel d’investissement 2016-2021 qui ne prévoit pas certains projets indispensables pour les jeunes de l’aide sociale à l’enfance (ci-contre manifestation des jeunes étrangers isolés) comme pour l’hébergement des personnes handicapées … alors qu’on y trouve l’inscription de 60 millions d’euros pour le projet de pont de Jargeau, lequel demandera encore quelques dizaines de millions à trouver à partir de 2022. Si toutefois mes collègues ne finissaient pas par se rendre à la raison et abandonner ce projet démesuré et néfaste.

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Communiqué : Le Conseil départemental confisque encore des terres agricoles pour un projet inutile déjà abandonné

Lors de la commission permanente du vendredi 24 juin, le Conseil départemental du Loiret a décidé d’acheter des parcelles de terres agricoles à Baule sous prétexte de l’improbable déviation de la RD18 dont la délibération rappelle pourtant que « la déclaration d’utilité publique n’a pas été sollicitée » car « ce projet routier ne figure pas au projet de mandat ».
En effet, malgré des annonces diverses du temps du président Eric Doligé, un nouveau franchissement de la Loire à Meung-sur-Loire n’est certainement pas justifié par le trafic routier qui se situe très loin des critères de saturation des routes départementales. En mai 2011, le Conseil départemental avait renoncé à toute réserve foncière à Cercottes où la circulation sur la RD2020 est pourtant deux fois plus importante mais où les services du Département n’ont observé « ni problème de fluidité du trafic routier (…) ni problème de sécurité routière ».
Il semble malheureusement que l’incohérence la plus totale préside aujourd’hui à l’achat d’une réserve foncière, au mépris des exploitants agricoles. On l’avait déjà constaté à Donnery et Fay-aux-Loges où le Département a mené à terme son aménagement foncier alors que celui-ci est devenu inutile depuis que le projet de déviation est lui aussi sorti du plan pluriannuel d’investissement. Nombre d’agriculteurs ont ainsi vu leurs terres amputées ou coupées en deux pour attribuer au conseil départemental des parcelles où il ne construira jamais de route.
Alors pourquoi répéter la même erreur et acheter des terres agricoles autour de Meung-sur-Loire pour un pont qui ne se fera pas ?
Est-ce pour relancer l’hypothèse de « grand contournement routier » d’Orléans que le Conseil départemental avait jadis imaginé avant de le démentir vigoureusement ?
A l’heure où le Loiret se relève d’inondations catastrophiques qui vont nécessiter bien d’autres investissements publics, comment peut-on justifier l’acharnement à poursuivre des « grands travaux » routiers qui ne correspondent à aucun besoin pressant qui ne puisse être résolu à moindre coût ?

« Ah, si seulement on avait ouvert les vannes ! »

Poursuivant le récit de la session du conseil départemental de juin, je voudrais aborder une question qui est dans toutes les têtes depuis le 30 mai : pouvait-on éviter les inondations entre Fay-aux-Loges (ci-contre) et Chécy en actionnant les écluses du canal et notamment celle de la Patache, à Combleux, qui ouvre sur la Loire ?

Une opinion très répandue et maintes fois répétée depuis le désastre qu’ont connu les riverains du canal et du Cens, c’est de dire qu’on pouvait évacuer l’eau vers la Loire par ce moyen. Et pourtant j’ai des doutes et je vous les soumets.
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