Pourquoi je vais voter pour la liste Europe Écologie Les Verts menée par Yannick Jadot

Texte écrit avec de larges emprunts à Marie-Monique Robin.

afficheNous sommes dans une situation d’urgence absolument sans précédent pour tout ce qui touche au vivant, en particulier pour la survie des humains, et aussi pour l’impact des activités de ces mêmes humains sur l’environnement et notamment sur le climat planétaire. Nous n’en sortirons pas avec les réponses du XXème siècle comme l’imaginent la plupart de mes collègues de l’assemblée départementale du Loiret (cf. les terribles méprises propagées dans la revue Loiret magazine de ce mois-ci).
Produire plus, aménager plus, développer le PIB pour donner des emplois indignes à des gens dépossédés du pouvoir démocratique, cela nous conduit dans le mur. Au mieux il en découle une diminution drastique de la qualité de vie, du confort et de la santé, au pire nous allons vers « l’effondrement » décrit par certains auteurs.
Il nous faut revoir de fond en comble nos modes de pensée, de production, de consommation et tout simplement de vie. Il ne s’agit pas de petites transformations à la marge, mais bel et bien de lancer un vaste programme de transition écologique qui englobe tous les domaines: l’alimentation, l’énergie, les transports, l’habitat, les loisirs, l’éducation, l’argent.
De nombreux citoyens de tous les pays, certains même sous une dictature, ont déjà entamé le chemin vers cette redéfinition de la présence de l’humanité sur notre planète. Les actes concrets existent. Les interpellations massives aussi. Les jeunes mènent une grève mondiale pour le climat demain. Des marches pour le vivant et le climat se poursuivent régulièrement en France et à Orléans encore ce samedi 25 mai. En ce sens, la société peut se montrer en avance sur les institutions (tout comme elle peut malheureusement se montrer particulièrement rétrograde dans d’autres domaines).
Or, on voit bien qu’il manque encore un relais politique fort pour la transition écologique.
Nous avons besoin des représentants politiques, et notamment au niveau européen. Il nous faut agir avec les institutions que nous avons, en visant à renverser la table de l’intérieur. Étant donnée l’ampleur des enjeux- dérèglement climatique, extinction de la biodiversité, explosion des inégalités- l’échelle européenne est la bonne : si nous ne portons pas le combat à ce niveau, nous ne parviendrons pas à enclencher, rendre désirable et financer l’indispensable transition écologique, dans le peu de temps qui nous reste.
C’est pour cela que je vais voter pour la liste Europe Écologie Les Verts menée par Yannick Jadot, car nous avons besoin d’un groupe écologiste très fort au Parlement européen.
Nous avons besoin d’élu·e·s qui soient avant tout des écologistes, capables d’appliquer le regard de l’écologie sur TOUTES les questions traitées dans le cadre de l’Union européenne: le transport, l’énergie, l’habitat, l’agriculture, la culture, les migrants, la finance, etc.
Pas à la marge, au gré des humeurs ou stratégies, mais SYSTÉMATIQUEMENT.
Le groupe des Verts au Parlement européen existe depuis longtemps et il fonctionne bien et sans frontières nationales. Il a prouvé son efficacité sur de multiples dossiers. Nous lui devons par exemple la résolution du Parlement qui rappelle que le projet de déviation de Jargeau risque de violer les directives européennes qui protègent la biodiversité.
Il faut que ce groupe parlementaire écologiste grossisse pour qu’il puisse peser encore davantage et remporter plus vite les batailles qu’il sait mener pour soutenir le mouvement social écologiste.

Écoute et proximité, mode d’emploi (session budgétaire épisode 1)

La semaine dernière, le conseil départemental s’est réuni pendant trois jours pour décider du budget 2019. J’en ai tiré quelques commentaires diffusés sur les réseaux sociaux en temps réel mais je maintiens la tradition de livrer sur ce blog un compte-rendu des débats auxquels j’ai contribué.

Dès le premier jour, le Président a ouvert la session en proposant une contribution de notre assemblée au « Grand débat national ». Il lui a ensuite fallu admettre que son idée de faisait pas vraiment l’unanimité et il a adopté une position de repli. Malheureusement, pour ce qui est du budget, Marc Gaudet et sa majorité ont persisté dans les orientations budgétaires élaborées un mois plus tôt. Il a présenté un budget qui, une fois de plus, tourne le dos à la transition écologique. Et, une fois de plus, je fus malheureusement le seul à m’y opposer.

Comment expliquer qu’une collectivité qui se veut moderne reste aussi ancrée dans des certitudes du siècle dernier ?
Certes, il y a le développement du réseau Très haut débit, on construira bientôt un nouveau collège « écolo » à Orléans, on rénovera des maisons de retraite ou des hébergements pour personnes handicapées. D’accord. Mais tout cela mis bout à bout reste encore presque négligeable par rapport aux efforts consacrés à un seul projet routier. Même avec le programme destiné à faire du canal d’Orléans une infrastructure touristique majeure, « un des plus gros projets » évoqués par le président, on est à peine au quart du budget du projet de déviation de la RD921 à Jargeau. Pourtant, la démesure, l’inutilité et les impacts environnementaux considérables qui caractérisent cette nouvelle route restent totalement ignorés de mes collègues. Et dans bien d’autres domaines, agricole, éducatif ou touristique, les choix restent ceux qui prévalaient il y a 20 ans.
N’est-ce pas parce que le conseil départemental, institution bicentenaire, est précisément inadaptée aux enjeux d’une société du 21ème siècle ?

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Moins de taxes sur l’énergie, chiche !

Le Conseil départemental du Loiret tenait ce jeudi sa session plénière trimestrielle avec un ordre du jour plutôt allégé. Une innovation, cependant, à défaut de voter le budget 2019 avant le début de l’année comme c’était le cas autrefois, c’est le débat d’orientations budgétaires qui est au programme de décembre. Ce débat sans vote sert à préparer une session budgétaire désormais fixée fin-janvier, début-février. Ce sera pour moi l’occasion de faire une proposition concrète de réponse départementale à la crise que connaît le pays.

Car, bien entendu, après un instant de recueillement en mémoire des victimes de l’attentat de Strasbourg, les débats de la séance d’ouverture ont rapidement porté sur l’analyse et le commentaire du mouvement des gilets jaunes. Marc Gaudet, Hugues Saury et Christophe Chaillou proposèrent ainsi des visions variées de la situation complexe dans laquelle se trouve notre société. De mon côté, je tentai plutôt d’imaginer une contribution à l’échelle seulement départementale afin de montrer de la considération envers le désespoir latent dans toute cette affaire. J’y reviendrai.
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Faire confiance aux citoyens pour regagner la leur

Depuis Barcelone où je participais à la conférence annuelle de l’Observatoire international de la démocratie participative (OIDP), j’ai pu écouter mardi le discours du Président de la République à propos de la programmation pluriannuelle de l’énergie et du mouvement des gilets jaunes qui se poursuit en France. C’est l’occasion pour moi de vous présenter quelques réflexions personnelles sur ces sujets.

La rencontre internationale #OIDP2018 m’a permis d’entendre des témoignages et des analyses venant de toutes les parties du monde. Depuis la défense du municipalisme à Madrid, Barcelone, Saragosse, Valladolid … jusqu’aux difficultés des activistes moldaves de Chisinau en passant par le Pérou, le Mozambique ou Taïwan. C’est tout à fait passionnant de voir comment l’implication des citoyens dans les choix collectifs peut produire de si bons résultats dans des sociétés aussi variées.
Avec des méthodes participatives, n’en déplaise à Manuel Valls, la maire actuelle de Barcelona, Ada Colau (ci-dessus à l’ouverture de #OIDP2018), transforme réellement les priorités de l’action publique. Elle n’y parvient pas du fait de son autorité ou par un processus vertical de haut en bas, mais en faisant confiance à chaque citoyen.ne de la ville pour participer pleinement aux décisions communes.
J’en viens à penser qu’avec de la démocratie participative, c’est à dire en donnant du pouvoir aux citoyens en dehors des processus électoraux, on aurait peut-être évité dans notre pays le ressentiment général qui a favorisé le mouvement des gilets jaunes.
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