Écoute et proximité, mode d’emploi (session budgétaire épisode 1)

La semaine dernière, le conseil départemental s’est réuni pendant trois jours pour décider du budget 2019. J’en ai tiré quelques commentaires diffusés sur les réseaux sociaux en temps réel mais je maintiens la tradition de livrer sur ce blog un compte-rendu des débats auxquels j’ai contribué.

Dès le premier jour, le Président a ouvert la session en proposant une contribution de notre assemblée au « Grand débat national ». Il lui a ensuite fallu admettre que son idée de faisait pas vraiment l’unanimité et il a adopté une position de repli. Malheureusement, pour ce qui est du budget, Marc Gaudet et sa majorité ont persisté dans les orientations budgétaires élaborées un mois plus tôt. Il a présenté un budget qui, une fois de plus, tourne le dos à la transition écologique. Et, une fois de plus, je fus malheureusement le seul à m’y opposer.

Comment expliquer qu’une collectivité qui se veut moderne reste aussi ancrée dans des certitudes du siècle dernier ?
Certes, il y a le développement du réseau Très haut débit, on construira bientôt un nouveau collège « écolo » à Orléans, on rénovera des maisons de retraite ou des hébergements pour personnes handicapées. D’accord. Mais tout cela mis bout à bout reste encore presque négligeable par rapport aux efforts consacrés à un seul projet routier. Même avec le programme destiné à faire du canal d’Orléans une infrastructure touristique majeure, « un des plus gros projets » évoqués par le président, on est à peine au quart du budget du projet de déviation de la RD921 à Jargeau. Pourtant, la démesure, l’inutilité et les impacts environnementaux considérables qui caractérisent cette nouvelle route restent totalement ignorés de mes collègues. Et dans bien d’autres domaines, agricole, éducatif ou touristique, les choix restent ceux qui prévalaient il y a 20 ans.
N’est-ce pas parce que le conseil départemental, institution bicentenaire, est précisément inadaptée aux enjeux d’une société du 21ème siècle ?

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Moins de taxes sur l’énergie, chiche !

Le Conseil départemental du Loiret tenait ce jeudi sa session plénière trimestrielle avec un ordre du jour plutôt allégé. Une innovation, cependant, à défaut de voter le budget 2019 avant le début de l’année comme c’était le cas autrefois, c’est le débat d’orientations budgétaires qui est au programme de décembre. Ce débat sans vote sert à préparer une session budgétaire désormais fixée fin-janvier, début-février. Ce sera pour moi l’occasion de faire une proposition concrète de réponse départementale à la crise que connaît le pays.

Car, bien entendu, après un instant de recueillement en mémoire des victimes de l’attentat de Strasbourg, les débats de la séance d’ouverture ont rapidement porté sur l’analyse et le commentaire du mouvement des gilets jaunes. Marc Gaudet, Hugues Saury et Christophe Chaillou proposèrent ainsi des visions variées de la situation complexe dans laquelle se trouve notre société. De mon côté, je tentai plutôt d’imaginer une contribution à l’échelle seulement départementale afin de montrer de la considération envers le désespoir latent dans toute cette affaire. J’y reviendrai.
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Faire confiance aux citoyens pour regagner la leur

Depuis Barcelone où je participais à la conférence annuelle de l’Observatoire international de la démocratie participative (OIDP), j’ai pu écouter mardi le discours du Président de la République à propos de la programmation pluriannuelle de l’énergie et du mouvement des gilets jaunes qui se poursuit en France. C’est l’occasion pour moi de vous présenter quelques réflexions personnelles sur ces sujets.

La rencontre internationale #OIDP2018 m’a permis d’entendre des témoignages et des analyses venant de toutes les parties du monde. Depuis la défense du municipalisme à Madrid, Barcelone, Saragosse, Valladolid … jusqu’aux difficultés des activistes moldaves de Chisinau en passant par le Pérou, le Mozambique ou Taïwan. C’est tout à fait passionnant de voir comment l’implication des citoyens dans les choix collectifs peut produire de si bons résultats dans des sociétés aussi variées.
Avec des méthodes participatives, n’en déplaise à Manuel Valls, la maire actuelle de Barcelona, Ada Colau (ci-dessus à l’ouverture de #OIDP2018), transforme réellement les priorités de l’action publique. Elle n’y parvient pas du fait de son autorité ou par un processus vertical de haut en bas, mais en faisant confiance à chaque citoyen.ne de la ville pour participer pleinement aux décisions communes.
J’en viens à penser qu’avec de la démocratie participative, c’est à dire en donnant du pouvoir aux citoyens en dehors des processus électoraux, on aurait peut-être évité dans notre pays le ressentiment général qui a favorisé le mouvement des gilets jaunes.
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Communiqué : Notre-Dame-des-Landes : La raison l’emporte

Le projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes a fait couler beaucoup d’encre ces dernières années. Né, dans les années 60, du rêve de faire décoller en masse des Concorde depuis l’Ouest de la France, ce projet s’était ensuite longuement enlisé avant de revenir sous la forme d’une vaste opération commerciale. Dans le partenariat public-privé conclu avec l’entreprise Vinci en 2010, il s’agissait avant tout d’aménager une immense galerie marchande où le chaland serait attiré par la présence d’une aérogare et d’une piste d’aviation lui permettant accessoirement de faire un voyage après ses emplettes.
En décidant de mettre fin à cette ineptie, le gouvernement d’Edouard Philippe montre sa capacité à prendre des décisions rationnelles en fonction des besoins réels des Français et des nécessités de l’économie. Un large consensus existe désormais, en effet, y compris parmi les économistes les plus libéraux, pour dire que notre pays n’a plus besoin de grandes infrastructures de transport pour son développement. Des investissements bien plus efficaces dans le numérique ou la transition énergétique doivent capter les ressources publiques en lieu et place des TGV, aéroports ou autoroutes. De ce point de vue, la décision prise aujourd’hui marque une véritable entrée dans le monde politique du futur.
Il fallait un certain courage et surtout de la détermination pour accepter de reconnaître la vanité de positionnements publics qui ont longtemps dominé et pour dépasser les vieilles habitudes d’élus bâtisseurs qui sont encore attachées à tant de carrières politiques interminables. En tant que militant de longue date contre le projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes, je me réjouis du choix opéré aujourd’hui. En revanche, en tant qu’élu du Loiret, je ne peux que déplorer que la posture politique innovante et rationnelle du gouvernement ne soit pas d’actualité dans notre département et que des pratiques politiques du siècle passé reviennent en force en même temps que les projets routiers imaginés à l’époque.