Comment le Département peut-il laisser des enfants dormir dehors ?

Le Président de la République, Emmanuel Macron, est accusé de bien des erreurs qui ont le plus souvent de multiples auteurs et depuis bien longtemps avant son élection. Néanmoins, il ne tenait qu’à lui de ne pas dire certaines bêtises comme lorsqu’il a cru bon de promettre, dans un discours tenu à Orléans, que plus personne en France ne dormirait dehors à la fin de l’année 2017. Force est de constater qu’il n’avait pas le pouvoir de « loger tout le monde dignement » ou bien qu’il n’a pas su imposer « partout des hébergements d’urgence ». Une occupation d’immeuble menée hier par le mouvement Droit au logement nous rappelait cette exigence toujours d’actualité.

La situation n’est pas forcément plus douce pour les SDF d’Orléans et du Loiret, alors que les températures nocturnes voisinent avec le zéro. Le Préfet du Loiret fait le dos rond et c’est en vain que, chaque soir, plusieurs personnes sans abri appellent le 115 en quête d’un hébergement d’urgence pour se reposer un tant soit peu.
Néanmoins, je ne suis pas député de la Nation pour proposer de nouvelles lois plus humaines et généreuses en la matière. Je suis seulement élu départemental. Or, justement, le conseil départemental est aux premières loges pour une catégorie particulière de personnes démunies : il s’agit des enfants de moins de 18 ans qui relèvent prioritairement de la politique de l’enfance.

L’histoire que je veux raconter ici m’amène à penser que le Président Macron n’est pas le seul à faire des promesses en l’air ni à accepter de laisser des malheureux dormir dans la rue en plein hiver. Dans le Loiret aussi la compassion peut cacher l’impuissance d’un président à tenir parole. Le pire, c’est que, s’agissant du conseil départemental du Loiret, les victimes de ce traitement indigne sont a priori de jeunes mineurs d’autant plus fragiles.

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Communiqué : Le Conseil départemental, déconnecté des gilets jaunes, refuse de faire un geste et poursuit ses chimères

Le Conseil départemental du Loiret siégeait en séance plénière ces deux derniers jours et il a débattu de ses orientations budgétaires pour 2019. Malgré des commentaires précautionneux et plus ou moins compréhensifs quant à la situation de crise que connaît le pays, ces orientations politiques restent totalement inchangées. Bien sûr, les manifestants crient plus volontiers « Macron démission » que « Gaudet démission » mais ce n’est pas une raison pour ne pas se remettre en cause à l’échelon local. Le Département aurait au contraire un rôle à jouer en accompagnant les tentatives de réponse, certes maladroites et trop tardives, qui sont venues du gouvernement.
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De plus en plus irrespirable ?

La session plénière du conseil départemental s’achevait ce matin par le rapport d’activité des services de l’État dans le Loiret, présenté par le Préfet Jean-Marc Falcone en personne. Officiellement, le rapport concernait uniquement l’année 2017 mais le Préfet n’hésita pas à se projeter un peu dans l’avenir. Il se prêta ensuite au jeu des questions-réponses et plusieurs élus de la majorité purent ainsi exposer leurs attentes en matière de finances publiques, de repression des rodéos motorisés … etc.
De mon côté, je décidai de l’interpeller sur la pollution atmosphérique permanente qui s’installe dans notre métropole d’Orléans. Même quand aucune alerte majeure n’est décelée, l’été interminable que nous connaissons a favorisé le maintien d’un taux moyen qui est finalement plus inquiétant par sa persistance que les encore rares journées d’alerte.
C’est le message que je tentai de faire passer, chiffres à l’appui.
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En réponse, le Préfet me détailla poliment les dispositifs existants pour lutter contre les pics de pollution mais parut ignorer totalement que l’on puisse envisager des actions dans la durée pour diminuer l’exposition prolongée à des doses plus faibles mais non négligeables.
Dommage.
Asthmatiques, allergiques et autres cancéreux en puissance que nous devenons tous un peu, nous n’avons plus qu’à nous acheter des bouteilles d’oxygène.

Jeunesse et éducation au menu avec tarif unique pour tous

Comme je l’ai écrit précédemment, le conseil départemental travaillait aujourd’hui sur sa politique en faveur de la jeunesse et, depuis hier, il fixait ses budgets par rapport aux collèges.
Je ne peux que saluer certaines évolutions dans ces deux domaines même si cela a clairement été conçu pour ne pas être plus coûteux qu’avant et ça, ça limite un peu la portée des changements. D’autre part, la majorité départementale reste bloquée dans ses convictions concernant des outils de solidarité comme l’application du quotient familial aux tarifs des cantines. Selon eux, tout le monde doit payer le même prix pour le même service et si jamais il y a des Loirétains en difficulté, ce doit être aux communes ou à l’État de venir à leur rescousse.
Je voudrais à ce sujet revenir sur un argument qui me semble assez malhonnête.
Quand la collectivité fixe les tarifs des repas servis dans les collèges, elle consent un effort notable pour participer au coût de ce service. Ainsi, ceux qui utilisent la restauration scolaire bénéficient de l’apport financier de l’ensemble des contribuables. C’est bien normal puisqu’il s’agit de s’assurer que tous les enfants aient accès à la scolarisation y compris avec un repas le midi.
Or, il se dit parfois que, puisque ce service est payé par les impôts et que ceux-ci frapperaient plutôt les contribuables aisés, il ne serait pas nécessaire d’en rajouter une couche en alignant les tarifs sur les capacités contributives des bénéficiaires. Malheureusement, il n’est pas vrai que les citoyens les plus aisés soient plus imposés que les autres. Seul l’impôt sur le revenu vérifie cette équation mais il ne représente que 10 % de l’argent public qui est ensuite disponible pour la redistribution. Quand on cumule tous les prélèvements obligatoires, nous contribuons plutôt proportionnellement à nos possibilités : la progressivité de l’impôt est une illusion et les taux de fiscalité sont loin de tenir compte des capacités contributives des Français. C’est donc par le caractère discriminant de la redistribution, et seulement ainsi, que l’on peut faire en sorte que l’impôt serve à la solidarité nationale. Sinon, et c’est malheureusement ce qui s’observe à travers de nombreuses études, l’État et les collectivités ont une fâcheuse tendance à « prendre aux pauvres pour donner aux riches ».
C’est donc en finançant par le budget du Département un tarif social dans les cantines que l’on peut espérer au moins « prendre à tous pour donner aux pauvres ». Dommage que l’idéologie dominante dans notre assemblée loirétaine ne puisse pas accéder à cette évidence.
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L’agriculture productiviste expliquée (trop violemment) à ceux qui la subissent

Je vous racontais, dans mon précédent billet, le démarrage de la session d’automne du conseil départemental en me concentrant sur ma propre intervention à propos des enjeux climatiques. J’exposai combien il est absurde de consacrer la majeure partie des investissements départementaux à l’extension du réseau routier parce que cela ne fera que déplacer les problèmes de circulation tout en aggravant les comportements les plus préjudiciables à la sauvegarde du climat.

Malheureusement, je n’ai pas été très convaincant puisque, peu après ces arguments échangés avec le président Gaudet, ce sont deux autres membres de l’assemblée qui se sont mis à réclamer de nouveaux projets routiers.
Comme si le budget départemental était extensible à l’infini, Frédéric Néraud (pour la route de Bellegarde à Montargis) et Nadine Quaix (pour la route de Châteauneuf à Gien) plaidèrent la supposée nécessité de fluidifier le trafic. Le premier eut ainsi l’occasion d’admettre que « L’A19 … n’a pas apporté de réponse satisfaisante à la liaison Orléans-Montargis ». La seconde qualifia la liaison Orléans-Gien de « vitale » en demandant où en était le dossier de création de « créneaux de dépassement ».
Or, même si nous attendons encore les résultats d’études en cours, on est en droit de se demander ce qu’il y a de « vital » à gagner 2 minutes pour les quelques centaines de personnes qui font chaque jour le parcours entre Gien et Orléans. Défendre la présence d’un hôpital hors d’une métropole, construire un lieu d’accueil pour les femmes battues, entretenir le réseau de distribution d’électricité et même réduire la vitesse limite à 80 km/h sur certaines portions de routes, cela peut parfois être littéralement « vital ».
Mais mettre des dizaines de millions pour se donner l’illusion que Gien, Montargis et Orléans sont plus proches que dans la réalité, franchement, je n’en ferais pas ma priorité.


Pour en revenir à la session plénière du conseil départemental, elle s’est poursuivie mercredi après-midi et hier jeudi par l’étude de divers rapports dont les plus polémiques portaient sur les collèges (j’y reviendrai) ou sur l’agriculture (non sans animation).

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