Débat de politique départementale

Avec le retour du président, cette matinée fut consacrée à son discours d’actualité suivi du débat traditionnel.

Eric Doligé arrivait du Sénat avec, selon lui, de bonnes nouvelles : il aurait en effet obtenu une révision de la péréquation entre les finances que les départements français tirent des droits de mutation. De la sorte, il ne sera plus question que les larges recettes du Loiret puissent si peu que ce soit être redistribuées à des départements plus pauvres comme le Cher. Le Loiret restera donc dans le peloton des départements les plus riches, ce qu’il doit forcément à la bonne gestion et à la virtuosité économique de son Président.

D’ailleurs, il ne faudrait pas s’inquiéter pour les départements, puisque notre sénateur affirme également que la réforme des collectivités est une loi formidable et que si les budgets des collectivités territoriales sont à la peine cette année, cela ne tardera pas à s’améliorer puisque, en dépit de la crise mondiale qui persiste, la France va très bien selon Eric Doligé. Ceux qui doutent de la méthode Coué n’ont sans doute pas leur place à l’UMP.

Toutefois, ces propos optimistes furent sérieusement tempérés par l’intervention de Christophe Chaillou qui souligna combien la réforme des collectivités échoue à simplifier ou clarifier les choses, entraînant plutôt un net recul de la décentralisation. Si cette loi a quelque chose d’historique, c’est moins par sa portée très discutable (et largement discutée au sein même de l’UMP) que par la façon rocambolesque dont elle a été adoptée, à une voix près au Sénat.

Evidemment, je partage complètement cette analyse, y compris lorsque Christophe Chaillou remarque malicieusement que la réforme des collectivités se limitera probablement à une opération de redécoupage électoral dans le cadre d’un mode de scrutin étudié pour le seul bénéfice du parti au pouvoir. Mais au final, ce sont les électeurs qui jugeront.

Peu après, je pris la parole pour revenir sur l’enterrement du Grenelle de l’environnement après la rétrogradation du ministère de l’écologie et la petite phrase de Nicolas Sarkozy qui disait que « l’environnement, ça commence à bien faire ».

Eric Doligé m’assura de la grande compétence de Madame Kosciusko-Morizet au ministère de l’écologie mais ne parvint pas à me rassurer en m’annonçant la promotion de Serge Grouard à un poste de responsabilité en la matière au sein de l’Assemblée nationale.
Après avoir noté que, comme par hasard, le groupe de travail transversal sur le développement durable est justement sur le point de se réunir une deuxième fois, Eric Doligé admit qu’il partageait mes propos sur le fond, si ce n’est, plaisanta-t-il, lorsque j’émets l’hypothèse que l’Homme n’est pas indispensable à la vie de la planète. Et pourtant, ce n’est pas parce que notre espèce est au sommet de l’échelle du vivant qu’elle sera la dernière à s’éteindre si nous persistons à gaspiller les ressources de la Terre et à y rendre la vie impossible. Cela dit, toute l’ambition des écologistes est précisément de préserver la vie humaine et la recherche du bonheur qui s’y attache.

Dernier épisode marquant de cette matinée, une intervention de Joelle Beauvallet rappela les trente mille euros dépensés inconsidéremment pour financer une équipe de participants au rallye Paris-Dakar. Ma collègue compara cette somme aux quinze mille euros de diminution des crédits accordés aux actions culturelles des associations locales.
Cela eut le don d’agacer Eric Doligé qui s’empara de ces trente mille euros (étalon de gaspillage ?) pour établir d’autres comparaisons provocatrices. Il voulut notamment obliger mes collègues socialistes à se mouiller un peu plus en faveur du programme routier, en particulier pour la déviation de Fay-aux-Loges. Eric Doligé est en effet tellement convaincu du bien-fondé de sa politique d’infrastructures qu’il imagine que la moindre hésitation des socialistes en séance serait forcément un boulet pour leur futur(e) candidat(e) à l’élection cantonale de Châteauneuf. Un peu plus tôt dans la matinée, Eric Doligé nous avait déjà mis au défi de déclarer publiquement notre soutien à cette nouvelle route sous peine de la voir abandonnée par le Conseil général (cela ressemble à une menace adressée à la municipalité socialiste de Fay-aux-Loges mais je ne peux croire qu’un Président de Conseil général s’abaisse à de telles pressions). Toujours est-il que, rebondissant sur l’attaque contre le Paris-Dakar, Eric Doligé nous proposa un nouveau défi en suggérant que, si nous ne lui manifestions pas tout notre amour envers la déviation de Fay, il pouvait aussi récupérer les 14 millions de ce projet et s’en servir pour payer toutes les équipes du Paris Dakar pendant 20 ans. Eh bien monsieur le Président, si on en arrivait là et que la seule alternative soit de financer une course automobile démentielle ou une nouvelle route, j’avoue honteusement que j’opterais pour la route. Mais cette présentation des choses m’incline plutôt à penser que l’on aurait intérêt à réexaminer l’emploi de ces 14 millions, hors de toute aide au Paris-Dakar, au cas où il existerait des projets plus profitables au bien-être des habitants du Loiret.

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