La solidarité sera-t-elle bien « assise » dans le Loiret ?

Alors que la dernière journée des Assises de la solidarité va se tenir ce jeudi 10 septembre, sur le thème de l’insertion cette fois, je reviens de façon plus globale sur le bilan que je tire des premières étapes, en juillet dernier, sur les thèmes des personnes âgées, de l’enfance et des personnes handicapées.

Après des années de système Doligé à la tête du Département, les Assises proposées par le nouveau président, Hugues Saury, renouvellent radicalement l’approche des partenaires extérieurs au Département qui lui sont si utiles pour remplir son rôle de service public social.

L’impression générale qui ressort des deux premières journées est positive. C’est le début seulement mais le rétablissement du dialogue entre administration et associations ne peut que me réjouir puisqu’il figure dans les programmes électoraux du groupe socialiste et écologiste depuis ma campagne électorale de 2008. Cette étape est indispensable au retour à une confiance réciproque entre le Département et ses partenaires.

Bien entendu, ce n’est pas encore « le changement, maintenant » comme disait l’autre. Il y a peu de chances que l’on cesse d’avoir des enfants laissés pour compte quand ils ne sont pas français ou bien de jeunes majeurs sans aucun suivi au sortir d’une enfance difficile (mais de cela, il sera encore question demain lors des assises de l’insertion).

Une nouvelle approche de l’action sociale passera forcément par la remise en cause de la vision comptable, selon laquelle cette action sociale serait une « charge » pour la collectivité. Cela est absurde. Quand on prend un peu aux riches pour donner à ceux qui sont en difficulté, on est au coeur du contrat social républicain. Surtout, il est prouvé que cela bénéficie à tout le monde, à ceux qui contribuent comme à ceux que l’on tire de la détresse. Par exemple, les études sur les migrants montrent que ceux-ci accroissent en moyenne la richesse des pays qui les accueillent, notamment si ce sont des jeunes. Alors, avec une vision plus humaine de l’action sociale, il faudra plutôt partir des besoins réels de la population pour décider des priorités budgétaires.

Ainsi, pour ne pas asphyxier les associations d’aides à domiciles par une grille tarifaire trop basse, il faudra faire d’autres choix que de financer le plan de la Chambre d’Agriculture en faveur des poulaillers industriels. Si l’on s’accorde à dire qu’il faut investir dans les établissements d’hébergement des personnes âgées dépendantes (EHPAD) et dans les structures d’accueil d’enfants et de personnes handicapées, cela suppose de savoir limiter l’intervention départementale pour des bâtiments universitaires (hors de sa compétence) ou pour de nouvelles routes pas vraiment indispensables. il est même permis de s’interroger sur les très hautes ambitions de reconstruction et d’équipement des collèges, lesquels n’ont pas forcément besoin de devenir des exemples planétaires de ce qui se fait de plus beau en la matière. Pour soutenir l’économie et l’emploi, il ne suffit de dire que l’on investit, mais il faut le faire là où c’est le plus efficace (j’y reviendrai) et sans provoquer de dégâts sociaux ou environnementaux.

Bref, j’en reviens à une définition ancienne du développement durable qui pourrait être présenté comme « faire ce qui répond le mieux aux besoins sans en créer de nouveaux ». Pour les politiques de solidarité, faire des « assises » c’est bien, je participerai avec conviction à celles qui se tiendront demain, mais, in fine, on jugera sur les actes.

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