Faire des économies sur le dos des plus faibles, mode d’emploi (session budgétaire épisode 4 et fin)

Pour terminer mon compte-rendu de la session récente du conseil départemental, je vais tenter de vous donner une idée des différents rapports à propos desquels je suis intervenu et qui ont justifié que je m’oppose finalement au budget 2019 proposé par la majorité.

Je le rappelle, ce projet de budget était très loin de préparer la transition qui s’impose à notre société pour un 21ème siècle qui s’annonce comme celui du dérèglement climatique et de la perte de biodiversité. Un tournant si considérable pour les êtres vivants de notre planète que certains chercheurs estiment que la Terre est entrée dans une nouvelle ère que l’on peut baptiser l’anthropocène en raison du poids décisif exercé par les actions humaines.

A côté de cela, les décisions prises dans le Loiret peuvent paraître dérisoires. Pourtant, le mouvement des villes en transition est lancé partout dans le monde. Les collectivités locales ou régionales n’attendent pas tout des grands accords internationaux comme celui de Paris en 2015. La Région Centre Val de Loire, par exemple, va organiser sa propre conférence des parties sur le climat (COP régionale). Bref, rien de ce que décide le conseil départemental n’est anodin car chaque échelon dispose de ses propres leviers. La « bonne gestion » ne suffit pas, il faut aussi prendre les bonnes orientations pour préparer une société durable.

Principal responsable des politiques sociales, le Département reste très ambigu dans ses choix. L’exemple des jeunes présumés mineurs et pourtant rejetés à la rue depuis décembre est assez symbolique des priorités de la majorité de l’assemblée départementale. La solidarité envers les plus démunis leur apparaît comme une charge qui pèse sur le budget et qu’il convient d’optimiser. Cela revient à dire qu’on fera le tri entre ceux qui vont mal et qu’on marchandera l’aide à leur apporter. Les quelques fraudeurs qui s’installent parfois dans une position d’assistés permettent ainsi de justifier l’abandon de larges pans de la population. On ne dit pas ouvertement « débrouillez-vous tout seuls » mais, pour beaucoup de gens, c’est le résultat tangible des politiques décidées dans le Loiret. C’est ainsi que je le ressens dès que je tente d’aider personnellement telle ou telle famille en difficulté (sans user de passe-droit). C’est encore plus tangible pour les associations qui oeuvrent auprès de ces personnes au quotidien. Et il aura fallu une forte mobilisation de ces organisations, partenaires traditionnels du Département, pour que soit reportée une décision qui mettait en péril le bien être des personnes âgées en perte d’autonomie, au nom de la rationalisation et de l’optimisation.

Rapport C 01 Soutien aux personnes âgées
Unanimité moins 6 abstentions de mon groupe politique socialiste, écologiste et républicain

En ce qui concerne les personnes âgées, le conseil départemental a la lourde responsabilité de compenser la perte d’autonomie en proposant différentes aides aux personnes dépendantes classées GIR 4 à GIR 1 selon un degré d’autonomie décroissant. Pour les premières d’entre elles, la situation actuelle est qu’elles ont accès à des prestations d’aide à domicile qui leur permettent de rester chez elles. Ces services sont pris en charge à un tarif permettant l’intervention d’associations compétentes qui assurent notamment la formation des employés qui travaillent pour les personnes âgées. Brutalement, parmi les mesures destinées à « stabiliser le montant des allocations individuelles de solidarité », il apparaît dans le budget 2019 « une optimisation des plans d’aide à l’autonomie des personnes âgées » qui consiste tout simplement à diviser par deux le niveau de prise en charge. Cela revient à priver la plupart de ces personnes de leurs droits à une aide ou bien, pour celles qui ont les moyens, à les laisser elles-mêmes embaucher des salariés sans encadrement professionnel. De quoi faire disparaître près de la moitié de l’activité d’associations à vocation sociale qui étaient garantes de la qualité des interventions à domicile et de leur efficacité. Tout ceci ayant été décidé sans en parler à ces partenaires bien connus du Département.

Parmi les nombreuses protestations émises, tous les conseillers départementaux avaient reçu une lettre ouverte signée de l’ensemble des associations concernées. Au sein du groupe socialiste, écologiste et républicain, nous nous apprêtions donc à voter contre cette mesure et à défendre un retour à la tarification antérieure. Il y avait sans doute de bonnes raisons de le faire puisque la majorité proposa in extremis un amendement reportant à plus tard la mesure contestée. Le débat n’en fut pas moins tendu car il ne s’agissait nullement de reconnaître le bien fondé des arguments favorables aux personnes âgées dépendantes mais seulement de prendre le temps de discuter de toutes les pistes « d’optimisation » avec les partenaires concernés. Autrement dit, la majorité tient absolument à faire des économies sur le dos de l’aide à domicile mais elle veut bien accorder un délai pour faire passer la pilule.

Après quelques reproches exprimés par ma collègue Hélène Lorme notamment, le président s’tonna seulement que nous n’ayons pas déjà réagi en décembre alors que la mesure était incluse dans le rapport du débat d’orientations budgétaires (DOB). C’est vrai que notre attention avait été prise en défaut au milieu de la liste des économies envisagées.

Voici ce que fut ma réaction.


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Marc Gaudet insista pour dire que, contraint par l’État à limiter ses dépenses de fonctionnement, compte tenu de postes budgétaires qui augmentent mécaniquement, le Département devrait bien faire des économies par ailleurs.
Personnellement, s’agissant de la solidarité avec les personnes âgées dépendantes, je préfère justement que les économies soient faites « par ailleurs ».

C’est aussi le discours que je tiendrai sur la protection des jeunes mineurs dont il avait été question le premier jour de la session.

Rapport C 03 Politique en faveur de la petite enfance, de l’enfance et de la famille
Unanimité moins une abstention, la mienne.

Dans ce rapport, je trouvai particulièrement malvenu que figure encore une phrase selon laquelle les jeunes présumés mineurs sont mis à l’abri par le Département dans la mesure où, dans les échanges tenus à ce sujet, cela reste le point noir depuis une certaine circulaire indiquant aux travailleurs sociaux de ne plus s’occuper de ces jeunes avant l’évaluation de leur âge.

Sans rappeler à quel point cela me paraît choquant, je soulignai une fois de plus que le Département est dans son tort en laissant des enfants dormir dehors.

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Marc Gaudet me répondit en convenant que « la situation n’est pas satisfaisante » mais en se disculpant à bon compte au prétexte que la grande majorité des jeunes concernés s’avèrent ensuite avoir plus de 18 ans. Ce qui voudrait dire qu’il serait regrettable de les avoir mis à l’abri du froid par erreur, simplement parce que la loi ne prévoit pas que ce soit le conseil départemental qui paie lorsqu’ils sont reconnus adultes et qu’il a fallu plusieurs semaines pour s’en rendre compte. Et voilà comment ceux qui sont réellement mineurs et sous la responsabilité du Département auront donc passé ces semaines-là sans la moindre protection.

Rapport C 06 Adoption du règlement départemental d’aide sociale
Adopté à l’unanimité

Il s’agissait ici de valider un travail de remise en ordre de la réglementation applicable dans le Loiret pour les aides sociales. Peu ou pas d’évolution de ce règlement mais une nouvelle présentation plus claire et fonctionnelle non seulement pour les usagers ordinaires, citoyens du Loiret en difficulté, mais aussi pour les organisations qui interviennent sur ce sujet et pour les mairies qui accueillent en premier lieu les personnes ayant besoin de soutien. Du coup, tout le monde salua le travail mené et moi le premier. Cependant, je profitai que soit abordée la question de l’aide sociale pour faire part de témoignages inquiétants selon lesquels c’est bien beau d’avoir un règlement parfaitement présenté mais encore faut-il se donner les moyens de l’appliquer. Ainsi, je dis mes craintes de voir les usagers se heurter à des agents départementaux surmenés et bien incapables de gérer toutes les situations de détresse auxquelles, selon le règlement adopté, le Département est censé apporter une réponse.


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Rapport C 04 Modernisation des établissements pour personnes en situation de handicap
Adopté à l’unanimité

Toujours dans le domaine social, j’ai toutefois trouvé une excellente occasion de me réjouir. Ce rapport visait à décider des investissements en faveur d’établissements destinés à héberger des personnes handicapées. Depuis plusieurs années, lorsque mes collègues se gargarisaient de faire beaucoup d’investissements, j’ai souvent proposé de les réorienter depuis les infrastructures routières vers ces établissement médico-sociaux. Le plan « Loiret bien vieillir », initié il y deux ans, apporta une première réponse en faveur des établissements pour personnes âgées. Tout cela ne représentant qu’une faible fraction des sommes investies pour les routes. Manquait un effort pour les personnes handicapées. Cela vient d’être modestement réparé. En effet, les retards accumulés par le plan « Loiret bien vieillir » ont permis de consacrer quelques millions d’euros d’investissement au soutien de projets d’hébergement concernant le handicap.

A l’appui de mes demandes de réorientations des investissements, j’avais personnellement attiré l’attention de la majorité départementale sur différents établissements nécessitant des travaux importants, à commencer par La Sablonnière à Marigny-les-Usages, autrefois située dans le canton de Chécy. Cet établissement géré par l’AEFH va pouvoir s’agrandir et moderniser des équipements que l’on pouvait qualifier de « hors d’âge ». Je suis heureux que les résidents, les bénévoles de l’association et tous les salariés travaillant à la Sablonnière puisse voir leur situation s’améliorer prochainement.

Rapport A 02 – Service public de distribution d’électricité
Unanimité moins une abstention, la mienne.

Ce budget concerne les plus de 200 communes du Loiret pour lesquelles le conseil départemental est propriétaire et gestionnaire du réseau de distribution d’électricité. Cette compétence est assumée par l’intermédiaire d’une concession à Enedis et financée par des taxes sur l’électricité. L’une de ces taxes est particulièrement injuste parce qu’elle ne frappe que les plus petites communes sans que le service rendu à leurs habitants ne soit vraiment différent du reste du territoire. Seule une petite partie des sommes prélevées est redistribuée vers ces communes et le reste part dans le pot commun du Département. J’avais déjà demandé la suppression de cette taxe en décembre et je renouvelai donc ma proposition.


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Philippe Vacher me répondit que les communes en question bénéficient d’un avantage financier pour les travaux amélioration esthétique du réseau. Ce à quoi je lui répondis en répétant mes calculs : cet avantage financier ne coûte pas plus que 700 000 euros au budget départemental et il reste une recette de 3 millions en plus qui ne sert pas pour ces communes.
Marc Gaudet ajouta que le Département installe le très haut débit (THD), notamment dans les zones rurales, sans rien demander aux communes. Ce en quoi il confirma bien que la taxe communale sur l’électricité va très largement alimenter le budget global alors qu’elle n’est exigée qu’à une partie de la population. Autrement dit, les habitants de Bou ou Cerdon, par exemple, paient le THD pour tous les autres.

Rapport B01 Politique en faveur de l’Habitat
Adopté à l’unanimité

En matière d’habitat, le Département assure différentes interventions comme le financement des constructions de logements sociaux (hors métropole d’Orléans) ou l’aide à l’amélioration des logements existants.
Ma collègue Vanessa Slimani insista sur l’intérêt des choix opérés dans le budget 2019 afin que les bailleurs sociaux proposent des programmes plus adaptés aux besoins des populations (grâce à un « fléchage » des actions). Elle souligna aussi l’importance de la négociation menée avec ces mêmes bailleurs sociaux pour activer les travaux d’amélioration énergétique des logements existants.
Pour les propriétaires particuliers, la création d’un Programme d’Intérêt Général en faveur de l’autonomie (P.I.G.) est en discussion avec les services de l’État. La vice-présidente Viviane Jehannet déplora le fait que la Préfecture impose systématiquement des travaux portant sur les performances énergétiques en complément des améliorations pour réduire la dépendance telles que les douches à l’italienne à la place de baignoires. Evidemment, comme le Département n’a pas assez d’argent à y mettre, le risque est que ce P.I.G. ne rencontre pas beaucoup de succès si l’on demande aux propriétaires de dépenser dans plusieurs domaines en même temps avec des sommes restant à leur charge d’autant plus importantes. Cela me donna une idée en lien avec l’injustice que j’avais dénoncée auparavant à propos des communes de moins de 2000 habitants. Puisque le Département impose aux habitants de ces communes une fiscalité accrue sur l’électricité, pourquoi ne pas leur offrir, à eux seuls, une bonification du P.I.G. pour les travaux énergétiques ? Ceux-ci pourraient être pris en charge totalement lorsque les propriétaires engagent des travaux importants qui favorisent l’usage du logement par des personnes dépendantes.


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Rapport A01 Sécuriser et moderniser les infrastructures
Unanimité moins une voix contre, la mienne

Bien entendu, tant que le projet de déviation de la RD921 à Jargeau restera la plus grosse dépense programmée en matière d’infrastructures et de loin l’investissement le plus coûteux du Département tous domaines confondus, il n’est pas question que je vote ce budget particulier. Mais je ne vais pas reprendre ce sujet houleux tout comme je me suis dispensé de le faire en séance. Non, j’ai plutôt axé mon intervention sur d’autres investissements étonnants et sur le choix de soutenir une ligne TGV qui ne desservirait pratiquement pas le Loiret plutôt que de consacrer un tant soit peu d’énergie à la remise en service de la ligne Orléans-Châteauneuf.

Je demandai donc, dans un premier temps, si l’on pouvait faire un bilan, dix ans après, de la création de l’autoroute A19 dans le Loiret. Ce projet qui a dévasté bien des terres agricoles et la forêt du Gâtinais est connu comme une des autoroutes les moins fréquentées et les plus chères pour les automobilistes. Les premiers résultats montraient un faible report du trafic de la RD2060 vers cette nouvelle voie et une large part des véhicules empruntant l’A19 uniquement pour traverser le Département sans s’y arrêter.

Marc Gaudet défendit cette infrastructure en affirmant que le trafic « transversal » connaissait tout de même une montée en puissance. Bien qu’ayant ainsi admis que peu de véhicules étaient à destination du Loiret, il évoqua également les zones d’activités « qui se développent » et créent de l’emploi « même si il y a beaucoup de logistique ». Là encore, je demande à voir. Les zones d’activités apparues le long de l’autoroute ont elles vraiment « créé » ces emplois ou bien n’ont-ils été que « déplacés », au mieux simplement « attirés » depuis un autre département ?

Comme j’avais aussi abordé la question de « l’aéroport du Loiret » qui coûte très cher et est uniquement payé par le Département, Marc Gaudet me répondit surtout que les dépenses avaient permis d’en faire un aéroport « international ». D’accord, mais qu’en est-il du « ruissellement » attendu pour les Loirétains ? N’auraient-ils pas plus profité des millions investis si cela avait servi à des fins plus sociales ?

Enfin, j’avais également titillé mes collègues à propos de l’adhésion à l’association en faveur du TGV Grand Centre, adhésion 100 fois plus onéreuse que celle proposée par l’association STAR-45 qui milite pour la liaison Orléans-Châteauneuf. Je m’étonnai de la persistance d’un quelconque lobbying pour un projet de ligne grande vitesse quasiment abandonné par l’Etat. Certes, le conseil régional du Centre Val-de-Loire donne lui aussi de sérieuses inquiétudes quant à la possibilité de rouvrir un jour aux voyageurs l’axe de proximité à l’Est d’Orléans. Mais je suis toujours sidéré que, pour une infrastructure aussi cruciale pour le Loiret, le conseil départemental montre aussi peu de bienveillance et ne veuille jamais prendre franchement position en sa faveur. Que l’on ne propose pas de co-financer un projet ferroviaire soit, même s’il est bien plus écolo que les projets routiers démentiels dont personne ne doute jamais, mais au moins écrire noir sur blanc que le conseil départemental « soutient » la ligne Orléans-Châteauneuf, souhaite sa réouverture prochaine et déplore le récent report du projet, ça ne serait pas trop demander, non ?

Alain Touchard admit que le projet de TGV Paris-Orléans-Clermont-Lyon est bel et bien « en rade ». Mais l’association qui en était porteuse s’est mise à travailler aussi sur des liaisons régionales et cela justifierait que le Département du Loiret y adhère. Marc Gaudet ajouta que, même si on ne daigne pas pour autant adhérer à l’association STAR-45 qui travaille (et pas qu’un peu) sur une « liaison régionale » très loirétaine, « on va à leurs réunions ». Quel enthousiasme ! Tout cela prouve, s’il en était encore besoin, que l’engouement de la majorité départementale pour telle ou telle infrastructure n’est jamais justifié par un examen sérieux de son intérêt effectif pour la qualité de vie des Loirétains. Autoroute, aéroport, TGV, pont sur la Loire, tout ce qui coûte très cher et rend peu de services (ou alors à une minorité de privilégiés) trouve grâce aux yeux de mes collègues. Mais un projet réellement structurant et contribuant manifestement à la transition écologique de notre territoire, ça ne les intéresse pas.

Rapport A 06 Déviation RD 921 entre Jargeau et Saint-Denis-de-l’Hôtel
Unanimité moins une voix contre, la mienne

Dans le droit fil de mon vote contre le budget des infrastructures, je votai également contre cette délibération complémentaire visant à acheter les terres destinées à disparaître sous le bitume.

Rapport D 08 – Suivi de la convention d’aide économique
Unanimité moins une abstention, la mienne

En dehors de l’agriculture, pour laquelle une convention passée avec la région l’autorise à distribuer des subventions (pour le moins discutables), le Département n’est plus autorisé à intervenir dans le domaine économique. Cependant, des subventions attribuées avant 2015 étaient assorties d’engagements pluriannuels de la part des entreprises qui les reçurent et leur évaluation est encore d’actualité. Ainsi, la majorité proposait, comme d’habitude, de donner quitus à des entreprises n’ayant pas atteint les objectifs en contrepartie desquels elles avaient bénéficié d’aides départementales. J’ai déjà souvent exprimé mes doutes quant à cette façon de faire, notamment par contraste avec le peu de mansuétude démontré lorsqu’il s’agit d’aides sociales indues (dans ce cas, les bénéficiaires en défaut sont forças à rembourser). Je comprends bien que les entreprises dont il était question avaient de bonnes raisons pour expliquer leur non-respect des engagements. Cependant, je ne peux valider le fait qu’elles soient systématiquement dispensées de restituer l’argent perçu.

Rapport D 04 Partenaire de proximité pour le monde agricole et forestier
Unanimité moins une voix contre, la mienne

En cohérence avec mes demandes de budgets supplémentaires pour les solidarités, je votai contre les dépenses facultatives, moins essentielles et parfois mal attribuées dans le domaine agricole.

Rapport E 01 Réussite scolaire
Unanimité moins une abstention, la mienne

Encore un thème qui revient régulièrement dans nos débats, et encore une source de contestation pour moi, malheureusement. Certes, le conseil départemental du Loiret se montre parfois efficace dans son rôle de gestionnaire des collèges, notamment par les investissements réguliers qui améliorent les établissements fréquentés par les jeunes Loirétains. Mais lorsqu’il s’agit d’attribuer les dotations de fonctionnement, il me semble que la générosité n’est pas de rigueur. Abaissées brutalement il y a quelques années, ces dotations n’ont jamais regagné le niveau qui prévalait auparavant. La justification qui en est donnée s’appuie sur le cas de collèges déjà bien équipés. Malheureusement, ce n’est pas vrai pour tous et le système arithmétique adopté pour distribuer les crédits de fonctionnement ne contribue pas à rééquilibrer les moyens vers des établissements en difficulté. La « convergence par le haut » affichée lorsqu’il s’agit des EHPAD serait pourtant bienvenue aussi pour les collèges. Au contraire, le Département leur impose la fameuse « trajectoire plane » qui revient à faire des économies sur le dos des collégiens. Par exemple, alors que les dotations ne progressent plus depuis plusieurs années, en dépit des effets de l’inflation, il a été décidé, en revanche, que la participation des familles au prix des repas servis dans les collèges serait, elle, indexée sur le coût de la vie. Si on ajoute à cela le fait que la majorité refus toujours d’instaurer des tarifs de restauration scolaire tenant compte des capacités des familles (par exemple avec le quotient familial), il me semblait difficile de valider ce budget.

Après un bref rappel de ces griefs, mon intervention portait essentiellement sur une autre question, apparue au conseil d’administration du collège Coubertin de Saint-Jean-de-Braye : le temps d’enseignement accordé à l’enseignant coordinateur du dispositif ULIS pour les élèves présentant un handicap mais pouvant suivre une scolarité en partie dans le cursus ordinaire.


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Je dois malheureusement reconnaître que le raisonnement que je venais de tenir était en partie faussé par la façon dont les choses m’avaient été présentées au départ. On me répondit logiquement que la notion de « classe » ULIS était périmée et que, justement, les enfants concernés était directement inscrits dans une classe ordinaire, le « dispositif » ULIS consistant en fait à les sortir de cette classe selon leurs difficultés et notamment pour des disciplines ou leurs difficultés personnelles rendent plus compliquée l’inclusion dans la classe ordinaire. Ainsi, pas de nécessité absolue d’avoir un enseignant pendant au moins 24 heures dans le collège. Reste que le passage de 25 à 23 puis 21 heures correspond bel et bien à une diminution de l’attention accordée à ces enfants. En outre, à Saint-Jean-de-Braye, cela se ressentira d’autant plus que l’enseignante concernée n’a pas la qualification lui permettant d’assurer des cours d’anglais. Bref, j’entends bien poser cette question directement au directeur acedémique (DASEN) lors d’un prochain Conseil départemental de l’éducation nationale (CDEN).

Rapport E 03 Partenaire de tous les sportifs
Adopté à l’unanimité

Bien que ce rapport ait été l’occasion d’aborder de façon positive les futurs Jeux Olympiques de Paris en 2024 et malgré mes réserves sur les dépenses publiques qui menacent d’être gaspillées à cette occasion, je ne fis pas ma mauvaise tête et me ralliai à l’unanimité en faveur de « tous les sportifs ».
Toutefois, puisqu’il était question des J.O., je me permis de présenter un peu le cas d’un cycliste cacien, Vincent Yon, champion du monde junior de vitesse par équipes et candidat à une participation aux J.O. de Paris. Malheureusement, les aides pour le sport de haut niveau, telle qu’elles sont définies par le conseil départemental, ne permettent pas de favoriser les ambitions et les résultats de Vincent Yon. Je déplorai donc que l’on trouve le moyen de financer des clubs professionnels, parfois aussi des clubs dont l’équipe première joue dans un championnat de nationale 3, tandis qu’un club comme le Vélo sport cacien qui a formé pour la seconde fois un jeune champion du monde ne reçoit aucune aide à ce titre. A défaut de changer les règles pour offrir un soutien à ce club si performant, je suggérai que le Département envisage de parrainer la carrière de Vincent Yon en vue de 2024.

Rapport E 05 Richesses naturelles du Loiret
Unanimité moins une abstention, la mienne

C’est un sujet sur lequel je suis toujours très attendu parce que mes collègues espèrent me convaincre que les actions menées sont très écologiques. Et c’est un peu vrai. Le conseil départemental a une politique de protection et de valorisation de ses richesses naturelles, rebaptisées d’ailleurs « capital » nature comme s’il s’agissait d’une cotation en Bourse. Sauf que ces belles actions restent tout de même très limitées et sont largement contrebalancées et même écrasées par l’impact délétère de toutes les autres politiques départementales. Les « richesses naturelles » sont un peu la petite cerise écolo sur un mauvais gâteau productiviste et destructeur de l’environnement. Et le pire, c’est que la collectivité dispose d’une ressource fiscale spécifique pour mener des actions en faveur de la biodiversité : la taxe d’aménagement (et non la taxe d’habitation comme j’en ferai le lapsus) dont une part est exclusivement destinée aux « espaces naturels sensibles ». Cette taxe appliquée aux permis de construire rapporte plusieurs millions d’euros par an au Département. Cet argent devrait servir uniquement à la protection et la reconquête de la biodiversité sur des sites repérés pour leur intérêt en la matière. Mais sous prétexte qu’il est également prévu de « valoriser » les lieux ainsi préservés des impacts négatifs, le conseil départemental du Loiret consacre l’essentiel de ces sommes à des actions qui relèvent plutôt du tourisme voire de l’aménagement du territoire. Ainsi en va-t-il de la réhabilitation du canal d’Orléans et de la véloroute qui doit le longer. C’est ce que je dénonçai une fois de plus devant mes collègues.


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Marc Gaudet me répondit que les dépenses étaient bien réparties sur des actions que l’on peut légalement considérer comme entrant dans le cadre des espaces naturels sensibles. Mais le fait que la réglementation soit laxiste à ce sujet ne me rassure pas du tout. Car, dire que se déplacer à vélo est bon pour la planète, ça ne suffit pas à justifier que l’argent des espaces naturels serve à financer une piste cyclable. Michel Breffy ne fut pas plus convaincant à ce sujet quand il ajouta que, lorsque l’on construit une véloroute, « on fait attention à ce qui est à côté » et on respecte l’environnement. Comme si, ne pas trop détruire la nature au milieu de laquelle on fait de gros travaux, cela avait à voir avec la « protection » de cette même nature.
Olivier Geffroy fut le plus positif quand, en tant que président de la structure qui gère l’espace naturel sensible du CIRAN, il se félicita des sommes qui étaient employées à bon escient sur ce site riche de biodiversité. Je lui répondis toutefois que c’est justement ce que je demande, que toutes les sommes destinées à des lieux comme le CIRAN soient effectivement attribuées à des actions comme celles qu’il y mène.

Rapport F 05 Vote du budget 2019
Unanimité moins une voix contre, la mienne, et quatre abstentions de mes collègues socialistes.

Pour ce vote qui clôturait la session et totalisait les différents budgets partiels déjà examinés, je ne revins pas sur mes commentaires fait lors du débat d’orientations budgétaires en décembre ou en ouverture de session, le 30 janvier. Je pense que, même avec les contraintes imposées par l’État, il est possible de bâtir une tout autre politique et d’affecter plus de moyens aux actions qui maintiennent la cohésion et le bien-vivre dans notre société sans compromettre notre avenir par un impact environnemental inconséquent.

1 réflexion sur « Faire des économies sur le dos des plus faibles, mode d’emploi (session budgétaire épisode 4 et fin) »

  1. Merci Thierry, je n’avais pas connaissance de tes compte rendus. C’est très intéressant. Je veux bien être dans ta liste de diffusion. Bon courage.

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