Communiqué : Thierry Soler, conseiller départemental écologiste, soutient le Village de la Loire qui ouvre aujourd’hui à Mardié

Élu depuis 2008 avec le mandat de préserver le canton de Chécy et tout le Loiret des déviations routières, je me réjouis de voir s’ouvrir cette semaine le Village de la Loire, une initiative de dialogue et de lutte contre « le pont et son monde ». Il s’agit de dénoncer les fausses motivations du projet de déviation de Jargeau contre lequel j’ai sans cesse porté la voix des Loirétain·e·s qui veulent un autre développement local. C’est pourquoi je les appelle à rejoindre, pour une journée, une nuit ou plus longtemps, les ateliers et débats qui auront lieu à Mardié.

Au-delà de tous les arguments purement écologistes et climatiques qui suffisent à condamner le projet, c’est également d’un point de vue économique et social que cette déviation peut être qualifiée, à l’instar de l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes, de Grand projet inutile imposé (GPII).

C’est un Grand projet parce qu’il s’agit pour la seule collectivité départementale de dépenser l’équivalent d’une année entière de budget d’investissement pour conduire à l’artificialisation d’une centaine d’hectares de terres, notamment agricoles. Cette somme d’argent public et ces surfaces cultivables manqueront cruellement à l’économie du Loiret.

C’est un projet imposé car il n’a jamais été débattu en dehors de l’assemblée départementale et parce que l’enquête d’utilité publique est entachée d’un sérieux conflit d’intérêt. Les élus ont parfois présenté leur décision à la population, de façon volontairement trompeuse, mais le projet n’a jamais été l’enjeu d’un vote en dehors d’un ou deux cantons. L’exécutif départemental s’est toujours opposé à un référendum à ce sujet.

Enfin, c’est un projet inutile parce qu’il ne répond pas aux objectifs très changeants qui lui ont été attribués. La seule utilité que l’on pourrait encore concéder à cette imposante déviation serait de réduire l’impact de la circulation des camions dans quelques rues de Jargeau et Saint-Denis-de-l’Hôtel. Mais les chiffres du Département eux-mêmes prouvent que cet objectif ne serait que partiellement atteints sauf à désertifier ces communes. En effet, la moitié des poids lourds comptabilisés sur le pont actuellement desservent les communes têtes de pont. D’autre part, toute déviation génère un trafic routier supplémentaire et celui-ci viendra forcément créer ou accentuer à Mardié, Chécy ou Sandillon les nuisances que l’on veut réduire ailleurs. Le projet du Département n’est donc pas pertinent pour lutter contre les inconvénients du transport routier.
Mais que dire alors de l’attitude de la communauté de communes des Loges et de son Président ? Alors que celui-ci défend sans retenue le projet de déviation au nom de la réduction des nuisances, il se félicite de l’installation dans la zone d’activités des Loges d’une entreprise de logistique qui va venir encombrer les routes existantes et les villages avoisinants. On se souvient aussi que Jean-Pierre Garnier, en tant que maire de Saint-Denis-de-l’Hôtel avait avoué vouloir dérégler les feux de circulation pour accentuer les embouteillages et promouvoir la déviation. Il prouvait ainsi que les problèmes de circulation sont seulement instrumentalisés en faveur d’un projet décidé irrationnellement.
Curieusement, dans tout autre partie du Loiret, une telle déviation ne pourrait se faire sans la participation financière des collectivités locales concernées. Ici, la somme démentielle de 100 millions d’euros est engagée par le Département sans même solliciter les villes de Saint-Denis-de-l’Hôtel ou Jargeau ni la communauté de communes des Loges. On se souvient que le refus de celle-ci de financer la déviation de Fay-aux-Loges a totalement plombé un projet pourtant plus avancé que celui du pont. Or, la déviation de Jargeau ne présente aucun caractère structurant pour le réseau routier départemental. Il est incompréhensible que le conseil départemental, qui se plaint en permanence de manquer de moyens, accepte de jeter autant d’argent par les fenêtres sans aucune participation financière des communes qu’il prétend aider.

Près d’un quart de siècle après le lancement de ce projet de déviation, force est de constater qu’on ne peut trouver aucune explication raisonnable à l’acharnement de l’assemblée départementale en faveur d’un tel grand projet inutile imposé.

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