Laisser les enfants à la rue, mode d’emploi (session budgétaire épisode 3)

Un des sujets importants traités pendant la session du conseil départemental de la semaine dernière, ce fut « gestion » des jeunes étrangers non accompagnés considérés (ou pas) comme mineurs et relevant de la protection de l’enfance. Ce sujet fut abordé dans une séance à huis clos, la commission générale. Cela ne m’interdit pas de vous exposer les arguments que j’ai présentés à mes collègues à cette occasion.

C’est un thème récurrent depuis quelques années. L’immigration étant brutalement repoussée aux portes de l’Europe, des filières clandestines, parfois purement mafieuses, se sont mises en place au détriment des malheureux réduits à fuir leur pays. Ceux qui deviennent « migrants » ne le font jamais pour le plaisir mais poussés par la guerre ou par la misère provoquée par le dérèglement climatique ou simplement entretenue par le néocolonialisme et des dictatures sanglantes armées notamment par la France. Face au « mur » que leur opposent les pays plus développés, ces populations sont livrées à des trafics infâmes. Ainsi, depuis une dizaine d’années, ce sont beaucoup de jeunes de moins de 18 ans qui s’introduisent dans notre pays (parce que les frontières étanches, ça n’existe pas). Ils tentent de bénéficier d’une clémence qui est refusée à leurs aînés adultes : la prééminence des lois de protection des enfants sur les lois de répression de l’immigration.

En France, c’est aux collectivités départementales qu’il incombe d’assurer cette protection de l’enfance. Or, face à l’arrivée de centaines de jeunes étrangers, les services compétents sont soumis à rude épreuve. Ce n’est pas seulement le nombre qui est en cause, parce que des enfants français sous protection du Département, il y en a beaucoup plus. C’est surtout que ceux qui sont migrants ont un profil bien différent et que prendre soin d’eux réclame des mesures moins bien acceptées par les « comptables » qui sont aux commandes du conseil départemental. Le mot n’est pas de moi, c’est le vice-président en charge de cette question, il y a dix ans, qui me l’avait dit : « vous êtes un idéaliste alors qu’il faut une vision comptable du problème ». S’agissant de la vie de gamins qui ne rêvent que de s’intégrer et de rendre à notre pays ce que nous pouvons leur offrir, j’avoue que je préfère être « idéaliste » que « comptable ».

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Comment le Département peut-il laisser des enfants dormir dehors ?

Le Président de la République, Emmanuel Macron, est accusé de bien des erreurs qui ont le plus souvent de multiples auteurs et depuis bien longtemps avant son élection. Néanmoins, il ne tenait qu’à lui de ne pas dire certaines bêtises comme lorsqu’il a cru bon de promettre, dans un discours tenu à Orléans, que plus personne en France ne dormirait dehors à la fin de l’année 2017. Force est de constater qu’il n’avait pas le pouvoir de « loger tout le monde dignement » ou bien qu’il n’a pas su imposer « partout des hébergements d’urgence ». Une occupation d’immeuble menée hier par le mouvement Droit au logement nous rappelait cette exigence toujours d’actualité.

La situation n’est pas forcément plus douce pour les SDF d’Orléans et du Loiret, alors que les températures nocturnes voisinent avec le zéro. Le Préfet du Loiret fait le dos rond et c’est en vain que, chaque soir, plusieurs personnes sans abri appellent le 115 en quête d’un hébergement d’urgence pour se reposer un tant soit peu.
Néanmoins, je ne suis pas député de la Nation pour proposer de nouvelles lois plus humaines et généreuses en la matière. Je suis seulement élu départemental. Or, justement, le conseil départemental est aux premières loges pour une catégorie particulière de personnes démunies : il s’agit des enfants de moins de 18 ans qui relèvent prioritairement de la politique de l’enfance.

L’histoire que je veux raconter ici m’amène à penser que le Président Macron n’est pas le seul à faire des promesses en l’air ni à accepter de laisser des malheureux dormir dans la rue en plein hiver. Dans le Loiret aussi la compassion peut cacher l’impuissance d’un président à tenir parole. Le pire, c’est que, s’agissant du conseil départemental du Loiret, les victimes de ce traitement indigne sont a priori de jeunes mineurs d’autant plus fragiles.

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