L’agriculture productiviste expliquée (trop violemment) à ceux qui la subissent

Je vous racontais, dans mon précédent billet, le démarrage de la session d’automne du conseil départemental en me concentrant sur ma propre intervention à propos des enjeux climatiques. J’exposai combien il est absurde de consacrer la majeure partie des investissements départementaux à l’extension du réseau routier parce que cela ne fera que déplacer les problèmes de circulation tout en aggravant les comportements les plus préjudiciables à la sauvegarde du climat.

Malheureusement, je n’ai pas été très convaincant puisque, peu après ces arguments échangés avec le président Gaudet, ce sont deux autres membres de l’assemblée qui se sont mis à réclamer de nouveaux projets routiers.
Comme si le budget départemental était extensible à l’infini, Frédéric Néraud (pour la route de Bellegarde à Montargis) et Nadine Quaix (pour la route de Châteauneuf à Gien) plaidèrent la supposée nécessité de fluidifier le trafic. Le premier eut ainsi l’occasion d’admettre que « L’A19 … n’a pas apporté de réponse satisfaisante à la liaison Orléans-Montargis ». La seconde qualifia la liaison Orléans-Gien de « vitale » en demandant où en était le dossier de création de « créneaux de dépassement ».
Or, même si nous attendons encore les résultats d’études en cours, on est en droit de se demander ce qu’il y a de « vital » à gagner 2 minutes pour les quelques centaines de personnes qui font chaque jour le parcours entre Gien et Orléans. Défendre la présence d’un hôpital hors d’une métropole, construire un lieu d’accueil pour les femmes battues, entretenir le réseau de distribution d’électricité et même réduire la vitesse limite à 80 km/h sur certaines portions de routes, cela peut parfois être littéralement « vital ».
Mais mettre des dizaines de millions pour se donner l’illusion que Gien, Montargis et Orléans sont plus proches que dans la réalité, franchement, je n’en ferais pas ma priorité.


Pour en revenir à la session plénière du conseil départemental, elle s’est poursuivie mercredi après-midi et hier jeudi par l’étude de divers rapports dont les plus polémiques portaient sur les collèges (j’y reviendrai) ou sur l’agriculture (non sans animation).

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Communiqué : le Département du Loiret campe sur ses certitudes dépassées

Le conseil départemental du Loiret entame ce jeudi une session plénière placée sous le signe de la canicule. Le contraste est considérable avec la session de juin 2016 qui fit face aux inondations exceptionnelles frappant le Loiret. Dans les deux cas, cependant, il est indéniable que le climat de la planète nous joue des tours et que cela s’avère souvent dramatique.

Et pourtant, l’assemblée départementale n’y verra certainement aucune raison de remettre en cause ses priorités datant du siècle dernier. L’élément phare du projet de mandat reste plus que jamais le projet de déviation routière à Jargeau, lequel, avec près de 100 millions investis et 100 hectares de terres bétonnées, serait avant tout un gros coup de pouce donné à la pollution sous toutes ses formes. Au lieu d’amorcer localement une transition écologique désormais pilotée par le ministre Nicolas Hulot, le Loiret persiste à développer une économie basée sur les émissions de gaz à effet de serre et la destruction de l’environnement.
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« Ah, si seulement on avait ouvert les vannes ! »

Poursuivant le récit de la session du conseil départemental de juin, je voudrais aborder une question qui est dans toutes les têtes depuis le 30 mai : pouvait-on éviter les inondations entre Fay-aux-Loges (ci-contre) et Chécy en actionnant les écluses du canal et notamment celle de la Patache, à Combleux, qui ouvre sur la Loire ?

Une opinion très répandue et maintes fois répétée depuis le désastre qu’ont connu les riverains du canal et du Cens, c’est de dire qu’on pouvait évacuer l’eau vers la Loire par ce moyen. Et pourtant j’ai des doutes et je vous les soumets.
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