5 collèges pour le prix de … en fait on ne sait pas trop

Retour sur une grosse journée de rentrée scolaire.

Mardi 1er septembre, nous étions environ une dizaine parmi les quarante conseillers départementaux du Loiret à accompagner le président Saury dans son parcours de visites aux collèges du Département : d’abord pour inaugurer trois collèges tout neufs à Ferrières-en-Gâtinais, Chécy et Bazoches-les-Gallerandes puis pour prendre la mesure des travaux à entreprendre ou ceux déjà payés par le conseil départemental dans deux autres établissements à Pithiviers. Un sacré parcours que, à défaut de covoiturage, j’ai effectué avec la navette par autocar qui transporta quelques uns des participants à toutes ces cérémonies, entre 7h et 19h.

En ce qui me concerne, l’attraction principale fut bien entendu l’inauguration officielle du collège Pierre Mendès-France de Chécy (en présence de M le Préfet, ci-contre).
C’est forcément un plaisir de voir l’aboutissement d’un projet que j’ai accompagné pendant sept ans. En fait seul le Président Saury ne semble pas avoir remarqué à quel point je me suis investi pour cette reconstruction puisque ce n’est qu’à Ferrières et Bazoches qu’il a jugé utile de citer le conseiller général du canton dans son discours. Il est vrai qu’un certain nombre des recommandations des enseignants et des parents d’élèves que j’ai pu défendre durant la précédente mandature n’ont pas été suivies d’effet. En outre, j’y reviendrai plus bas, le recours à un partenariat public-privé ne m’a toujours pas convaincu. Il n’en reste pas moins que le bâtiment qui abrite désormais les collégiens apporte énormément d’améliorations par rapport à celui qui a été détruit.

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Mon défi de l’extrême : j’ai mangé dans une unité-relais

Pour cette rentrée des classes 2014, malgré tous les malheurs qui s’abattent sur les départements, j’ai encore une fois participé à la « tournée » du Président du Conseil général dans différents collèges du Loiret.


Ce fut pour moi l’occasion de découvrir notamment le nouvel établissement de Trainou dont j’ai forcément déjà parlé ici puisqu’il fait partie du contrat de partenariat public-privé (PPP) au moyen duquel le Département reconstruit cinq collèges dont celui de Chécy (pour 2015).

L’inauguration de ce matin donna lieu à de beaux discours du 1er vice-président départemental, Antoine Carré, ainsi que du représentant du consortium privé qui exécute ce PPP. Tous deux s’évertuèrent à chanter les louanges de ce mode de contrat sans rien démontrer de sérieux. L’un insista sur le fait que ça permet de payer la construction année après année comme « lorsque vous faites une maison et que vous empruntez ». Une curieuse façon de conforter toutes mes interventions pour dénoncer l’endettement excessif que nous risquons à force de multiplier les PPP dans le Loiret. Et d’ajouter, sans rire, qu’avec le PPP, le collège vous est transmis à l’état neuf au bout de 20 ans. L’autre nous exposa l’intérêt de raisonner en « coût global », c’est à dire de construire parfois plus cher au début pour ensuite dépenser moins à l’usage. Comme s’il fallait passer par une très large délégation au secteur privé pour cela, alors que les cadres du conseil général ne manquent pas de compétences et n’ont pas pour habitude de concevoir des programmes d’investissement au rabais au risque d’engendrer de lourdes dépenses de fonctionnement ensuite. Bref, rien de nouveau sous le soleil (dont vous noterez ci-dessous qu’il était éblouissant). Du bourrage de crâne sans que jamais ne soit fait le bilan réel ni que soit reconnu qu’en accélérant les constructions aujourd’hui on se prépare seulement des années de disette dans le futur.

Mais le plus drôle fut lorsque l’industriel enthousiaste loua le fait qu’avec un PPP, une fois le contrat signé, les choses ne bougent qu’à la marge. Il fallait oser le dire dans un des cinq collèges dont le mode de restauration scolaire a été modifié en cachette, après signature du contrat et sans que les élus ne se soient prononcés (la majorité godillot a bien sûr entériné tout ça lorsqu’on le lui a enfin demandé). Du coup, au lieu de déguster ce midi un de ces succulents repas que les parents d’élèves de Traînou plébiscitaient encore l’an passé, tous les participants à cette inauguration eurent l’occasion de manger dans une des toutes nouvelles « unités-relais ». En effet, de peur de se voir accusés de passer la restauration scolaire en « liaison froide » (les repas arrivent réfrigérés depuis une usine et sont seulement chauffés dans le collège), les communiquants du conseil général ont inventé ce nouveau concept d’unité-relais dont on n’a jamais pu avoir de définition très claire. Selon Antoine Carré, il s’agirait de « liaison froide réchauffée et améliorée sur place » (sic). Mais dans les versions adoucies, on nous parle d’un subtil équilibre entre la liaison froide pure et simple et la cuisine préparée sur place. Alors, je me suis sacrifié, j’ai testé le nouveau « restaurant » scolaire (il ne faut plus dire cantine car c’est de la gastronomie).

Eh bien, je suis toujours vivant et j’avoue que je n’ai pas vu la différence avec n’importe quel autre self-service sans cuisinier. Après une rapide enquête, j’ai compris que les tomates servies en entrée étaient arrivées fraîches et entières avant d’être découpées en rondelle sur le site du collège. Idem pour le melon dont les agents locaux ont eu la lourde responsabilité de les couper en tranches. Pour ce qui est du plat chaud (viande ou poisson au choix), l’unité-relais a permis de les « mettre à température » au sortir du frigo. Pour le dessert, le cuisinier expérimenté, son second de cuisine et toute leur équipe avaient à séparer les paquets de crème au citron et placer les pots un à un sur un présentoir. Voilà comment il faut comprendre l’énigme de l’unité-relais, liaison froide réchauffée et améliorée sur place. Ah, si, j’oubliais, la vinaigrette pour les tomates a semble-t-il été préparée à l’ancienne, en procédant au savant mélange directement sur place. Il paraît que, peu à peu, l’équipe de cuisine pourra retrouver de l’autonomie quoique je doute que ni les agents ni la communauté éducative ne réussisse vraiment à peser sur les menus ou les livraisons de repas qui finiront « réchauffés et améliorés sur place ».
Mais l’essentiel est de dire que c’est un « Délys », le nom de la marque choisie par le Département pour ses restaurants scolaires. Mieux, il n’y a plus qu’à expédier un tweet où l’on clamera qu’on s’est régalé et que c’est grâce aux employés du collège pourtant dépossédés de tout leur savoir-faire.

Communiqué : Privatisation en douce, c’est du réchauffé pour les collégiens du Loiret

La rumeur courait depuis quelques semaines mais c’est aujourd’hui confirmé : la cuisine ne se fera plus sur place dans les futurs collèges construits en partenariat public-privé à Bazoches-les-Gallerandes, Châteaurenard, Chécy, Ferrières et Traînou. Profitant de l’opacité qui peut entourer ces contrats, le président du Conseil général a en effet décidé en catimini d’imposer des cantines en liaison froide et de se passer des cuisiniers travaillant pour la collectivité.

Pourtant, à Chécy notamment, il avait toujours été affirmé que les repas continueraient d’être préparés au collège. Cela était prévu dès le premier projet de reconstruction. Ce fut inscrit dans le contrat de partenariat et constamment répété aux personnels concernés. Et puis patatras ! Dans le secret de son cabinet, Eric Doligé a changé la donne. Sans prévenir les élus des cantons concernés, sans aucune délibération de l’assemblée départementale, sans consulter les instances obligatoires en pareil cas, le président du Conseil général a fait modifier les chantiers en cours de façon à supprimer les cuisines.

Malheureusement, rien ne vient justifier cette décision. La privatisation rampante ne taille pas dans la dépense publique, bien au contraire. Pour maintenir un équilibre pour le Conseil général, quelle sera la recette appliquée : baisser la qualité des repas ? demander un effort financier supplémentaire aux familles ? Il n’y a aucune raison que des repas commandés à l’extérieur, préparés la veille et réchauffés au collège, soient moins chers que ceux que les agents départementaux préparent sur place en s’attachant à éduquer les enfants au goût et à la santé induite par de bonnes habitudes alimentaires.

Il est nécessaire que chacun se mobilise contre cette évolution néfaste, à commencer par les conseillers généraux exclus de la décision. Tous, élus locaux, agents départementaux, communauté éducative et parents d’élèves, nous pouvons encore réclamer la transparence et obliger le président du Conseil général à faire machine arrière.

Thierry Soler
Conseiller général du Loiret, canton de Chécy

La chambre régionale des comptes s’alarmera-t-elle à propos des PPP du Conseil général du Loiret ?

Avertissement : ce billet est apparu ici le 3 septembre mais fut ensuite retiré pendant quelques semaines en raison d’une règle de confidentialité qui imposait de ne pas évoquer le rapport de la chambre régionale des comptes avant sa lecture en séance le 27 septembre.

Alors que le Conseil général ouvre trois nouveaux collèges pour cette rentrée 2013, il va devoir se pencher sur un rapport plutôt sévère pour sa gestion financière après qu’elle a été passée à la loupe par la Chambre régionale des comptes. C’est un véritable camouflet pour les apôtres des contrats de partenariat public-privé (PPP).
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Des hauts et des bas pour les PPP du Loiret

Les habitués de mon blog le savent déjà : le Conseil général du Loiret est leader parmi les collectivités en matière de partenariats public-privé (PPP). Et ce n’est pas un secret non plus que mon hostilité à cette procédure lorsqu’elle est systématiquement employée pour passer commande d’investissements du département. Cela crée un endettement public redoutable car plus ou moins dissimulé sous forme de loyer annuel. En outre, à moins que la collectivité ne se dote d’une expertise juridique et financière de tout premier plan (donc coûteuse), il est peu probable que ces contrats soient avantageux pour elle.

Malheureusement, l’exécutif départemental considère les PPP comme la panacée et c’est d’autant plus inquiétant que le Loiret vit au-dessus de ses moyens en matière de grands projets, au détriment des actions quotidiennes, en particulier l’action sociale. Ainsi, outre le plan pluriannuel d’investissement pour les collèges (2 établissements construits en PPP, 2 en cours et 5 à venir), le Conseil général s’était engagé dans des procédures PPP pour le projet de pont à Jargeau et pour construire une cuisine centrale à Meung-sur-Loire. Il a en outre encadré le Service départemental d’incendie et de secours (SDIS) pour que celui-ci adopte un PPP en vue de bâtir 12 casernes de pompiers. Autrement dit, aucun des gros investissements financés par le Département ne semblait pouvoir échapper à un contrat de PPP.

Et puis, patatras ! Il a fallu renoncer au PPP pour le pont de Jargeau.
Force est de reconnaître, en effet, que le Conseil général du Loiret a su mettre le paquet pour contrôler les négociations délicates qui conduisent à signer de tels marchés. Du coup, quand la procédure s’annonce manifestement ruineuse pour la collectivité, il faut jeter l’éponge.
C’est ce qui vient de se passer pour la seconde fois en six mois. La recherche d’un partenaire privé pour construire et gérer une cuisine centrale départementale à dû être déclarée sans suite par la commission permanente réunie le 29 mars dernier. Du coup, comme il n’a jamais été envisagé de mener ce projet autrement, nous avons plusieurs collèges qui vont recevoir les repas de la cantine en liaison froide en provenance d’un fournisseur lointain. C’est notamment le cas des deux établissements neufs construits en PPP qui ouvriront en septembre prochain. Il est vraiment regrettable qu’ils n’aient pas été conçus dès le départ avec une cuisine sur place qui permet de servir des plats de meilleure qualité gustative.

Mais si la commission permanente du 29 mars a abandonné un PPP, elle a dans la même séance autorisé la signature d’un autre PPP, celui qui concerne la construction de cinq collèges et un gymnase. Je m’étais opposé en vain à ce mode de contrat lorsqu’il fut choisi. En revanche, j’ai approuvé sans réserve le choix de l’un des deux consortiums candidats. En effet, si les promesses du contrat sont tenues, le projet architectural pour la reconstruction du collège de Chécy est plutôt intéressant. Et il est désormais acquis que le collège rénové sera opérationnel à la rentrée de septembre 2015. Bonne nouvelle pour les jeunes Caciens et Mardésiens … et peut-être Boumiens si la carte scolaire évolue.