Le Loiret, sauveur autoproclamé de la planète … sans oublier les camions

Au Conseil départemental du Loiret, la session de printemps se tenait juste avant l’été et juste avant la canicule.
Anticipant sur la vague de chaleur qui allait témoigner douloureusement du changement climatique, le Président Marc Gaudet avait décidé de faire une démonstration de la haute qualité environnementale de sa politique. C’est ce sujet qu’il développa dans son discours d’ouverture après avoir commenté le résultat des élections européennes.

Tout d’abord, il insista sur la (bi)polarisation de la vie politique autour d’un duel opposant La République en Marche au seul Rassemblement national. Comme plusieurs autres intervenants à sa suite, il s’inquiéta de cette situation qui ne laisserait d’autre alternative à la majorité gouvernementale actuelle que de basculer dans le dangereux extrémisme proposé par Marine Le Pen. C’est une crainte que je partage. Je ne veux pas me lancer ici dans un long argumentaire pour exposer ce qui me fait craindre le pire en cas de victoire électorale du RN mais je suis certain que ni la liberté, ni l’égalité ni la fraternité ni survivraient.

Marc Gaudet souligna ensuite « une percée » des écologistes, feignant de croire que l’accaparement de cette thématique par Emmanuel Macron avait finalement profité à Yannick Jadot. Je crois plutôt que, à l’inverse, c’est le succès de l’écologie dans l’opinion publique européenne qui précéda l’affichage d’un virage par le parti présidentiel. Succès relatif, au demeurant, car, si Europe Écologie les Verts a pulvérisé le score qui lui était promis par les instituts de sondage, cela ne représente pas pour autant une évolution majeure du nombre d’électeurs que ce parti a réussi à convaincre.

Il est pourtant nécessaire de transposer cette émergence de l’écologie au sein des débats des futures élections municipales. Cependant, rien ne dit que les urnes rendront le même verdict et qu’un parti politique européen comme l’est EELV aura le même poids à un échelon local. Personnellement, je milite pour l’émergence de listes citoyennes qui porteraient un projet déconnecté des engagements nationaux.

Marc Gaudet annonça ensuite l’ordre du jour de la session et notamment le point consacré aux politiques environnementales du Conseil départemental du Loiret. Au moins cette actualité accordée à l’écologie dans le Loiret ne devait-elle rien à l’effet de mode puisque cela était programmé depuis la session de janvier. L’idée de la majorité est de prouver envers et contre tout sa prise de conscience et son attachement aux questions environnementales. Je suis flatté de cette réponse donnée aux nombreuses critiques que je peux émettre contre l’action publique dirigée par mes collègues mais je ne vois pas le changement de logiciel qui devrait suivre la prise de conscience.

Ainsi, Marc Gaudet voulut nous convaincre que la collectivité est déjà « engagée au quotidien » pour l’environnement et qu’il faut maintenant « envisager d’être plus ambitieux ». Il s’appuya notamment sur le « virage » effectué dans les modalités de construction des bâtiments du conseil départemental, à commencer par les deux prochains collèges qui seront mis en chantier à Pithiviers. Je ne mets pas en doute la sincérité de cette ambition et de ce virage. Cependant, force est de constater que Marc Gaudet et de membres de sa majorité n’arrivent pas toujours à mettre en pratique leurs bonnes intentions. Leur entêtement à poursuivre le projet de déviation routière à Jargeau balaie tous leurs efforts pour changer ici ou là leurs pratiques anciennes. Incompétence ou schyzophrénie ? Je décidai de ménager les susceptibilités en retenant surtout que nous partageons désormais le diagnostic de l’urgence des enjeux climatiques et de biodiversité.

Voici donc comment je répondis au premier discours de Marc Gaudet.


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Peu après, on nous présenta un petit film de propagande montrant toutes les belles réussites du Département dans le domaine de l’environnement. Et c’est vrai qu’il y en a. Pour la construction des nouveaux bâtiments, notamment, même si l’on ne se projette pas au maximum des techniques écologiques, il est généralement admis que ces bâtiments doivent aller au-delà des seules obligations légales. On vise des bâtiments qui ne consomment pas d’énergie plutôt que des bâtiments « basse consommation ». D’autres avancées en matière environnementale sont plus « cosmétiques », comme le budget participatif pour les parc départementaux, lequel va être totalement tourné vers l’écologie … mais ne représente que 0,01 % du budget total de la collectivité et 1 % des recettes issues de la taxe d’aménagement des espaces naturels sensibles (ENS) lesquelles servent à bien d’autres choses qu’à la préservation de l’environnement.

Marc Gaudet commenta ce programme écolo pour le Loiret avant de laisser chaque vice-président délégué développer les points concernant les différentes politiques publiques.

Au moment où fut lancé le traditionnel « y a-t-il des questions ? », toute l’assemblée se tourna vers moi, unique représentant du courant politique ayant créé la surprise aux dernières élections. Comme il était évident que ma réaction était guettée avec amusement et bienveillance à la fois, je tentai donc de livrer mon point de vue, en essayant moi-même de rester bienveillant en retour, en particulier envers le travail remarquable des agents départementaux en charge de ces politiques.


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Après avoir insisté sur les informations scientifiques globales toujours plus alarmantes, je rappelai que des solutions existent mais qu’il va falloir agir sur notre mode de vie, non pas pour réduire la qualité de vie mais pour la trouver ailleurs que dans la consommation effrénée, d’énergie notamment. J’éludais un peu la question du pont de Jargeau non sans rappeler que, dans un contexte de lutte contre le changement climatique et pour la biodiversité, ce projet est une erreur conceptuel. Comment peut-on parler d’environnement et dépenser autant d’argent pour promouvoir une mobilité sur un modèle des années 70 totalement contraire à la transition écologique ?

C’est une question pour laquelle je n’aurai manifestement pas de réponse. Si mon intervention sur les questions écologiques était attendue par mes collègues, on ne peut pas dire qu’elle fut entendue. En outre, par la suite, les médias locaux se gardèrent bien de me donner la parole et se contentèrent de promouvoir le seul discours du Président.

Dans la foulée, celui-ci avait enchaîné sur une deuxième partie de valorisation de son action environnementale et demandé à notre collègue Christian Braux de présenter plus particulièrement 10 actions marquantes pour l’année à venir.

Ceux qui s’attendaient à un « virage » radical en furent pour leur frais car, comme l’orateur le reconnut volontiers, il s’agissait essentiellement de poursuivre (en mieux?) des actions souvent déjà engagées.

Je ne les notai pas toutes mais remarquai qu’une des « 10 actions », la numéro 2, consistait à poursuivre le (très modeste) budget participatif du Département en le concentrant sur des actions à vocation écologique. Waouh ! 50 000 euros rien que la nature ! Les abeilles vont nous dire merci, j’espère. Cela me poussa à suggérer carrément que les 6 millions d’euros de la taxe pour les espaces naturels sensibles soient dépensés en fonction de choix de nos concitoyens. Mieux, je présentai à nouveau l’idée d’un « préférendum » (ou référendum selon la méthode du jugement majoritaire) concernant les 100 millions d’euros aujourd’hui destiné au funeste projet de pont à Jargeau.
Pourquoi ne pas demander directement aux Loirétains ce qu’il souhaiteraient faire d’une telle somme ?
La République du CentreBâtir une nouvelle route quasi inutile et destructrice de nos richesses naturelles et agricoles ? rénover des dizaines de bâtiments publics passoires énergétiques ? bâtir des infrastructures de transport collectif performantes ? accélérer l’implantation du très haut débit dans le Loiret ? assurer à toutes les personnes handicapées des équipements publics accessibles ? …
Ah mais non, Marc Gaudet a déjà répondu à cette proposition par voie de presse (ci-contre), affirmant que la construction d’une nouvelle route et d’un pont, c’est une « décision politique » qu’on ne doit pas proposer aux citoyens.
Voilà pour l’action n°2 dite « participation citoyenne et nature ».

Fort heureusement, l’action n°8 est au contraire une nouveauté très positive et dont j’attendrai désormais qu’elle s’applique avec efficacité. En effet, il nous a été expliqué que la la politique territoriale du département (les sommes que le Département apporte aux communes et intercommunalités pour leurs propres projets) serait orientée prioritairement vers transition énergétique. Ce serait un grand pas en avant.
Déjà parce que ne pas « orienter » ces subventions attribuées aux communes, c’était une aberration que j’ai souvent dénoncée. Le budget départemental doit en effet être l’expression de choix en faveur des politiques menées par cette collectivité. Si des subventions sont attribuées par le Département, c’est pour que d’autres aient les moyens de participer, à leur échelle, à ces choix politiques et pas pour qu’ils dépensent à leur gré. Sinon, ce serait admettre que l’on a tellement d’argent qu’on se permet de le distribuer sans attendre quelque contribution que ce soit aux objectifs qu’on se fixe. Si l’État attribue des moyens budgétaires au conseil départemental, et nous savons quelle opposition farouche accueille toute baisse de ces moyens budgétaires, ce n’est pas pour que le Département en affecte à son tour une partie aux communes mais pour qu’il emploie son argent public dans le cadre de ses compétences (y compris parfois en y impliquant des communes ou des associations). Je suis donc ravi d’apprendre que l’on va désormais avoir des « priorités » lors de l’attribution d’aides aux communes du Loiret.
Ensuite, cela va de soi, je ne peux que me réjouir d’apprendre en même temps que la principale priorité retenue serait la transition énergétique. Vivement que l’on débatte des modalités de cette « orientation des politiques territoriales » !

En attendant, je repris la parole pour dire tout le bien que je pensais de cette action n°8. Je développai également mes remarques concernant la participation citoyenne au coeur de l’action n°2.


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Comme je pouvais m’y attendre, Marc Gaudet ne me suivis pas sur le terrain de la « participation citoyenne ». Expliquant à nouveau qu’il n’est pas « pour le participatif à haute dose » il justifia ainsi de s’en tenir à 0,01 % du budget. Il appuya cette conviction d’une vision assez surréaliste de la démocratie représentative, à savoir le fait que les habitants sont consultés par vote une fois tous les 6 ans et qu’en attendant ce sont les élus qui décident de tout. « Nous sommes élus avec un programme » et c’est à nous de « l’appliquer » affirma Marc Gaudet contre toute évidence. Car s’il y a bien un scrutin au cours duquel la démocratie représentative est en défaut, c’est l’élection de l’assemblée départementale. Le fait que les conseillers départementaux soient désignés par canton n’incite pas à faire campagne sur les véritables enjeux départementaux. Le fameux « programme » présenté aux électeurs consiste plus souvent à promettre l’ouverture d’une maison de retraite « dans notre canton » qu’à proposer des priorités à l’action publique dans le Loiret, là où les besoins se font sentir. Du coup, lorsque les citoyens participent à l’élection départementale, ils n’ont aucune chance de savoir à quel « projet de mandat » leur vote peut conduire ni même qui sera le président de la collectivité. Ainsi, en 2015, Hugues Saury est devenu président du Département alors que la plupart des électeurs ne savaient même pas qu’il briguait le poste. Une fois désigné, il a mis en place un processus interne à l’assemblée départementale pour concevoir le fameux « projet de mandat » censé guider l’action du Département pour 6 ans. C’est dire que ce projet n’a jamais été soumis aux électeurs. Et pourtant, si la majorité, supposée « représenter » la population, était si sûre de ses choix, quel mal y aurait-il eu à mettre ce projet de mandat en débat participatif et à conclure par un vote des citoyens pour définir les priorités ? Mais non, il est tellement plus simple de recevoir un « mandat » et de l’exercer sans se préoccuper de l’avis de ceux qui sont ainsi administrés. Il est bien suffisant de les croiser parfois sur le marché ou lors du comice agricole.
Enfin, si l’on revient au pont de Jargeau, combien des élus actuels peuvent dire qu’ils ont été élus pour le faire construire ?
En 2008, l’opposition à ce projet était un axe central de mon programme électoral au sein d’une vision départementale partagée avec les candidats socialistes, écologistes et apparentés.
En 2011, mon ami Daniel Breton défendait la même prise de position et cela ne l’a pas empêché de sortir majoritaire parmi les électeurs de Jargeau (mais sans l’emporter dans son canton).
En 2015, je ne vois guère que les élus du canton de Châteauneuf-sur-Loire pour avoir affiché leur avis favorable au pont. A ma connaissance, ni Hugues Saury dans le canton d’Olivet, ni Marc Gaudet (ni sa colistière Mariane Dubois ou sa remplaçante Monique Badaire) n’ont fait campagne au sujet de la déviation de Jargeau. Comment peuvent-ils clamer aujourd’hui qu’ils ont été élus pour cela ?

Mais bon, que cela ne vous empêche pas de donner votre avis quand on vous le demande sur les choses pour lesquelles vous êtes compétents et de décider si le tourisme sur le canal d’Orléans répondra au nom de « Coulée douce ».

Pour le reste, laissez donc les grandes personnes s’occuper d’une « transition écologique » vers le tout-camion sur les routes du Loiret.

Urgence écologique à Saint-Denis de l’Hôtel

Cette fois, ça y est, malheureusement, le projet de déviation de la RD921 à Jargeau a vraiment commencé à faire des dégâts dans le patrimoine naturel et agricole du Loiret, bref dans l’environnement qui nous garantit une bonne qualité de vie.

Les bulldozers et les tronçonneuses ont entamé leurs destructions irréversibles de la forêt au Nord-Est de Saint-Denis de l’Hôtel dans le bois des Comtesses.

On a beau essayer de sourire avec un trucage qui détourne les panneaux apposés par le Conseil départemental, le résultat est affligeant.

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Communiqué : Le Conseil départemental confisque encore des terres agricoles pour un projet inutile déjà abandonné

Lors de la commission permanente du vendredi 24 juin, le Conseil départemental du Loiret a décidé d’acheter des parcelles de terres agricoles à Baule sous prétexte de l’improbable déviation de la RD18 dont la délibération rappelle pourtant que « la déclaration d’utilité publique n’a pas été sollicitée » car « ce projet routier ne figure pas au projet de mandat ».
En effet, malgré des annonces diverses du temps du président Eric Doligé, un nouveau franchissement de la Loire à Meung-sur-Loire n’est certainement pas justifié par le trafic routier qui se situe très loin des critères de saturation des routes départementales. En mai 2011, le Conseil départemental avait renoncé à toute réserve foncière à Cercottes où la circulation sur la RD2020 est pourtant deux fois plus importante mais où les services du Département n’ont observé « ni problème de fluidité du trafic routier (…) ni problème de sécurité routière ».
Il semble malheureusement que l’incohérence la plus totale préside aujourd’hui à l’achat d’une réserve foncière, au mépris des exploitants agricoles. On l’avait déjà constaté à Donnery et Fay-aux-Loges où le Département a mené à terme son aménagement foncier alors que celui-ci est devenu inutile depuis que le projet de déviation est lui aussi sorti du plan pluriannuel d’investissement. Nombre d’agriculteurs ont ainsi vu leurs terres amputées ou coupées en deux pour attribuer au conseil départemental des parcelles où il ne construira jamais de route.
Alors pourquoi répéter la même erreur et acheter des terres agricoles autour de Meung-sur-Loire pour un pont qui ne se fera pas ?
Est-ce pour relancer l’hypothèse de « grand contournement routier » d’Orléans que le Conseil départemental avait jadis imaginé avant de le démentir vigoureusement ?
A l’heure où le Loiret se relève d’inondations catastrophiques qui vont nécessiter bien d’autres investissements publics, comment peut-on justifier l’acharnement à poursuivre des « grands travaux » routiers qui ne correspondent à aucun besoin pressant qui ne puisse être résolu à moindre coût ?

Communiqué : Assez d’infrastructures qui dévorent les budgets et les terres agricoles !

Alors que le gouvernement s’acharne à poursuivre le projet de nouvel aéroport nantais à Notre-Dame-des-Landes, d’autres infrastructures imposées, inutiles et coûteuses refont surface dans le Loiret. D’un côté, le conseil général organise cette semaine une réunion à Sully-sur-Loire pour une concertation de pure forme. De l’autre, un certain nombre d’élus frustrés se réveillent, un an après que le même débat, à Jargeau, a suscité un élan d’hostilité contre les projets routiers départementaux.
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En route pour 2011, mais sur des routes moins bien entretenues

Avec un léger différé, voici la fin de mon compte rendu de la session du Conseil général (en me limitant à la part que j’y ai prise).

Sans surprise, le budget préparé par la majorité départementale a été adopté malgré l’opposition unie des élus de gauche et écologiste. Les baisses n’ont pas manqué, parfois sélectives. La plus marquante selon moi est celle qui frappera l’entretien du réseau routier pour lequel nous serons bien en dessous du minimum qui avait été chiffré par la Commission des routes tandis qu’Eric Doligé ne veut rien lâcher des futures déviations et ponts. Je n’ai pas approuvé ce choix mais je suis malheureusement encore le seul. Personne d’autre n’exprime ouvertement cette évidence que les habitants du Loiret, au 21éme siècle, ont absolument besoin que l’on prépare des alternatives à un mode de déplacement automobile de plus en plus coûteux et néfaste. Et ce n’est pas la voiture électrique qui apportera la solution quand on voit qu’au moindre alea climatique, notre pays frise la pénurie d’électricité tandis que le gouvernement abandonne les énergies renouvelables.

Rapport D 08 Débat d’orientation budgétaire

En tant que rapporteur du budget, Hugues Saury insista sur le bon classement du Loiret parmi les 25 départements de 500 à 800 mille habitants. Etre les meilleurs, dans sa démonstration, cela revient à appliquer le moins d’impôts, à dépenser moins en fonctionnement et plus en investissements. A ce compte-là, le département idéal serait celui qui supprimerait les impôts mais aussi tous les services à la population comme les transports publics, l’entretien des routes et le fonctionnement des collèges. Mais bon, il faudrait quand même rétablir un peu d’impôt pour les dépenses d’investissement, qui, elles, sont positives : par exemple faire des ponts, un réseau très haut débit, construire ou rénover des bâtiments, acheter des terrains aux entreprises qui souhaitent licencier 200 personnes en Région parisienne pour en embaucher 100 dans le Loiret.
Par ailleurs, le rapporteur s’inquiéta de l’ampleur des « transferts à des organismes tiers » en matière sociale.
Parce que le Département est le financeur de l’aide sociale décidée par la loi, près de 40% de ses dépenses de fonctionnement sont destinées à des partenaires de l’économie sociale et solidaire qui emploient cet argent au profit des bénéficiaires des prestations. Cela a tendance à défriser la majorité UMP et les propos d’Hugues Saury furent particulièrement alarmants sur le fait que notre collectivité n’assume pas elle-même ses actions et se lie trop fortement, à travers le budget, à des organismes extérieurs. Cette dramatisation du partenariat extérieur me paraît très surprenante pour des gens qui ont fait un dogme du partenariat public-privé (PPP) en matière d’investissement et même de gestion des équipements publics.

D’où mon intervention :

Ainsi que je le soupçonnais dans mon propos, on m’expliqua alors que les loyers annuels des PPP resteront bien des dépenses d’investissement lorsqu’ils serviront à de telles opérations. Autant pour moi, le Loiret fanatique des PPP ne sera pas déclassé selon les critères incroyables qui font de lui, parait-il, le deuxième de sa catégorie. Eric Doligé ajouta à cela une démonstration dont je retiens que tout est effectivement parfait dans notre département où il y a peu d’impôts tandis que la pression fiscale française reste trop forte. Au bout du compte, je ne vois toujours pas pourquoi il ne propose pas carrément de supprimer tous les impôts des Loirétains pour passer premier du classement. D’ailleurs, qui sait si ce noble but ne pourrait pas être atteint rien qu’en diminuant un peu nos dépenses de fonctionnement, par exemple en renonçant à financer une équipe du Paris-Dakar ?

Mon intervention relança aussi le débat sur les PPP dont la mise en cause par Michel Guérin s’attira toujours la même démonstration de la part d’Eric Doligé :
– les contrats de partenariat avec le privé nous font gagner du temps (ça c’est incontestable puisqu’ils nous évitent toutes ces procédures compliquées supposées garantir les marchés publics contre les risques de corruption ou de trucage) ;
– ces contrats nous font gagner de l’argent car les grands groupes privés travaillent toujours mieux et moins cher (ce qui n’empêche pas le Président de féliciter régulièrement tous ses directeurs de service qu’il imagine tellement moins productifs et de vanter à juste titre l’efficacité des agents départementaux).
– en France, on atteindra à peine 5 à 6 % de PPP dans les investissements et cela ne bouleversera pas les finances publiques (c’est parait-il trois fois moins qu’en Angleterre, un pays qui nous était toutefois présenté le matin même comme au bord de la faillite avec l’Irlande ; au fait, combien de PPP en Irlande ?).

Sur ce dernier point, Michel Breffy eut la bonne idée de demander si ce taux de 5% est celui qu’on retrouvera au final sur la masse des quinze projets de rénovation de collèges évoqués au cours de cette session. Il n’obtint évidemment aucune réponse. Eric Doligé proclame régulièrement notre dogmatisme et refuse d’admettre que c’est lui qui est systématique dans son recours aux PPP. Je suis prêt à parier gros que, s’il est réélu en mars prochain, c’est pratiquement tout les projets lancés cette année qui seront en quelque sorte privatisés, à commencer par le collège de Meung-sur-Loire.

Le débat d’orientation budgétaire ne donne pas lieu à un vote.

Rapport D 10 Prestations aux conseillers généraux et fonctionnement de l’assemblée

J’ai voté ce budget-là sans sourciller et il n’est pas dans mon propos de dénoncer des abus qui n’existent pas. Mon ami François de Rugy le fait très bien à l’Assemblée nationale à propos des retraites des députés. Cependant, je ne crois pas inutile de donner un peu de transparence à l’un des postes budgétaires qui ne s’inscrit pas dans la baisse générale (il s’accroît de 2% quand le total baisse de 3%) et qui, selon moi, ne supporte pas le secret. Ainsi, il est bon d’afficher que le fonctionnement de l’assemblée coûtera 5 673 000 euros en 2011 dont 1 407 000 consacrés aux indemnités perçues par les élus.

Rapport adopté à l’unanimité.

Rapport D16 Logement

Clément Oziel profita de ce débat pour dénoncer le fait que le budget de 80 000 euros consacré à la politique d’accueil des gens du voyage puisse servir à financer l’organisme « Tsigane habitat ». Dans un autre registre, il me devança un peu en émettant un avis positif sur l’action de l’UDAH-PACT, une association financée par le Département pour mener des actions de promotion de l’amélioration de l’habitat en milieu rural. Xavier Deschamps lui expliqua tout d’abord comment le bureau d’études « Tsigane habitat » a concouru et obtenu le marché d’assistance à la révision du schéma départemental d’accueil des gens du voyage. Le vice-Président laissa entendre que Clément Oziel saurait tout cela s’il siégeait lors des réunions de la commission consultative qui prend ces décisions et dont il est membre.

Je n’hésitai pas à renchérir :

Je ne développerai pas les longues réactions suscitées par la question des tsiganes si ce n’est la clarification opérée par David Thiberge qui précisa que l’on pouvait penser ce que l’on veut d’un bureau d’étude mais qu’il ne servait que de force de proposition et que, dans tous les cas, le nouveau schéma d’accueil des gens du voyage sera bel et bien l’oeuvre des élus (j’ajouterai bien, ici , à l’attention de Clément Oziel, que ce sera l’oeuvre des élus qui trouveront le temps de siéger à la commission même s’ils continuent à exercer leur profession et un mandat de maire en plus de celui de conseiller général).

Auparavant, Jean-Noël Cardoux m’avait répondu à propos de l’UDAH, rappelant de façon détaillée la relation passée de cette association avec le Conseil général, précisant qu’il s’entretenait désormais avec son nouveau président mais sans expliquer pourquoi il était initialement prévu dans ce rapport de laisser purement et simplement tomber l’UDAH ni pourquoi personne ne représentait le Département lors de l’assemblée générale. Mon collègue Alain Grandpierre, qui était comme moi présent ce jour-là sans mandat officiel et un peu mal à l’aise, parut satisfait de mon intervention.

Rapport adopté à l’unanimité.

Rapport E01 Routes

C’est le président de la Commission des routes Marc Andrieu, qui en était le rapporteur et il en profita soudain pour demander à Eric Doligé s’il avait obtenu une réponse à sa demande (un brin comminatoire, vous vous en souvenez) de soutien des socialistes à propos de la déviation de Fay-aux-Loges. Eric Doligé se désola de n’avoir aucune réponse et s’indigna de ne pas avoir, à part moi, tous les conseillers généraux à ses côtés dans les batailles juridiques, le doigt sur la couture du pantalon si possible. Il réclama une expression publique de Anne Besnier, Maire de Fay-aux-Loges, en faveur du projet de déviation. Il ne pouvait pas ignorer que celle-ci, dans l’impossibilité de répondre de suite, sera la prochaine candidate de la gauche et des écologistes aux élections cantonales de Châteauneuf-sur-Loire. Le piège était un peu gros, d’abord parce qu’il me semble qu’Anne Besnier n’a jamais dévié (c’est le cas de le dire) dans sa demande de nouvelle route et aussi parce qu’il ne faudrait pas croire que toute élection cantonale se joue forcément sur le soutien aux dépenses énormes du programme routier.
Je crus bon de préciser ma propre position et Eric Doligé me donna la parole tout en affirmant connaître d’avance ma position, exprimée sur ce blog peu avant et que, toujours fidèle lecteur, ‘il cita mot pour mot, rappelant que je cherche des « projets plus profitables au bien-être des habitants du Loiret ».

Cette intervention me valut des louanges du Président pour sa clarté et il en remit une couche envers les socialistes, menaçant toujours de réaffecter les sommes engagées sur ce projet. Il obtiendra en fin de session une réponse courroucée de David Thiberge, renouvelant le soutien socialiste aux projets routiers du Département (quel dommage !) mais démontant aisément la manoeuvre électoraliste destinée à nuire à Anne Besnier.

Lorsque Marc Andrieu eut repris le cours de son rapport et achevé l’ensemble de la présentation des dépenses d’infrastructures routières, je m’exprimai à nouveau :

Marc Andrieu ne démentit pas ses propres chiffres mais estima que ce serait certainement juste cette année que nous descendrions à 14 millions pour un entretien des routes qui en réclame au minimum 18. C’est bien connu, la France est pratiquement sortie de la crise et demain on rasera gratis.

1 seul vote contre au final, le mien.

Voeu relatif à la gestion du risque inondation de la Loire

Annoncé lors du débat sur le budget de lutte contre le risque inondation, ce voeu de la majorité avait pour objectif de critiquer l’action de l’Etat avec un arrière goût de revanche pour Eric Doligé, ancien président de l’EPALA (aujourd’hui établissement public Loire), confronté à une ministre écologiste en 1999 puis évincé en 2004.

Je proposai alors un amendement au voeu qui nous était remis :

Cet amendement fut inséré et le voeu adopté à l’unanimité.

Rapport D07 Le budget 2011 au complet
Il fut adopté malgré 11 voix contre dont la mienne.