Verdir … mais pas trop quand même

Sous ce titre plein de scepticisme, vous pourriez croire que je m’apprête à commenter la formation du nouveau gouvernement au sein duquel Barbara Pompili va probablement ramer à contre-courant et en vain pour que la transition écologique devienne le « nouveau chemin » promis par le Président de la République.

Mais non, je reviens plus loin en arrière pour parler encore et toujours du Département du Loiret.

Je suis certain que vous avez profité de l’aubaine de la retransmission instantanée des débats pour avoir suivi et apprécié la session de l’assemblée départementale du mois dernier. Au cas où ce ne serait pas le cas 😉 je vais en poursuivre le compte-rendu que j’avais débuté ici-même en abordant les questions financières. D’autant que la seconde partie de la session était précisément consacrée aux efforts entrepris pour sauver la planète et que je suis intarissable sur le sujet.

Dois-je rappeler que c’est moins « la planète » qu’il s’agit de sauver que celles et ceux qui la peuplent, à commencer par les humains, menacés de disparition ou de profondes dégradations de leurs conditions de vie ?

Tout comme ils préfèrent les « territoires » à celles et ceux qui y vivent, les « entreprises » à celles et ceux qui y travaillent, la « vision comptable » plutôt que la réponse aux besoins de la population, mes collègues de la majorité départementale avaient baptisé du slogan « La planète en tête » le programme d’actions « écolo » (re)lancé, l’année dernière, sous la houlette de Christian Braux. « La planète en tête », c’est joli et ça sonne bien mais ça ne présage pas du souci de tous les êtres vivants. Certes, la plupart des actions rassemblées sous cet intitulé sont pertinentes. Elles visent à ce que « le Département prenne sa part dans la transition écologique ». Malheureusement, leur portée est terriblement limitée et leurs effets annulés par tant d’autres décisions prises avec « l’économie productiviste et libérale en tête ». C’est particulièrement criant quand il s’agit de construire un « Plan alimentaire territorial » (PAT) qui est confié à une Chambre d’agriculture soucieuse de préserver au maximum le modèle d’exploitation des terres qui produit de la malbouffe, gaspille les ressources et fait disparaître à petit feu le monde paysan.
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L’humain d’abord … c’est ce qu’on attend d’un conseil départemental

Les élus du conseil départemental se sont retrouvés au complet la semaine dernière et presque tous en « présentiel » comme on dit désormais. Cette session était assombrie non seulement par les impacts de la crise sanitaire mais aussi par plusieurs décès ayant touché l’assemblée ces derniers mois. La disparition de Viviane Jehannet, tout d’abord, laisse un vide, au poste de Vice-Présidente en charge du logement et de l’insertion qu’elle occupait depuis 5 ans, mais aussi par sa capacité d’empathie qui ne connaissait pas les clivages politiques. Mon opposition aux politiques sociales telles qu’elle les menait ne m’empêche pas de compatir à la douleur de ses proches.
Plusieurs anciens élus départementaux nous ont également quittés récemment. J’ai une pensée particulière pour Michel Ricoud, avec lequel j’ai partagé mon premier mandat. J’avais depuis longtemps apprécié le militant puis, entre 2008 et 2015, en luttant ensemble pour « l’humain d’abord » comme il disait et contre la « vision comptable » d’Éric Doligé, j’ai pu apprécié l’élu rigoureux et pugnace autant que l’homme chaleureux et ouvert. Je n’ai pas manqué l’hommage que lui ont rendu les habitants de La Source le 20 mai dernier.

Pour en revenir à l’assemblée départementale, après le vote du budget 2020 au mois de janvier dernier, les séances qui se tenaient jeudi 18 et vendredi 19 juin auraient dû être surtout consacrées aux actions en faveur de la planète que mène le Département. Ce fut effectivement le cas et l’occasion pour moi d’apporter un certain nombre de bémols à l’enthousiasme un peu naïf de l’exécutif en la matière et à ses contradictions toujours vives. J’y consacrerai un prochain billet dans ce blog. Néanmoins, l’actualité de la Covid-19 s’est également imposée dans les débats. Ce fut le sujet essentiel de la première journée de cette session que je vais rapporter ici. Il fut notamment décidé une modification du budget qui prenne en compte un trou de 25 millions (pour l’instant) occasionné par la situation exceptionnelle que nous traversons encore.
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Encore quelques brèches dans l’unanimité du conseil départemental

Eh bien, j’ai déjà parlé de cette session de janvier 2020 pour le vote du budget, la protection de l’enfance et les calamités routières. Mon compte-rendu ne serait pas complet sans quelques autres sujets à propos desquels je suis intervenu.

Dans le débat sur le numérique, je m’inquiétai de la position du Département par rapport à la 5G. À propos du réseau départemental de distribution d’électricité, je pointai à nouveau la contradiction entre les beaux discours de défense de la ruralité et la taxation « abusive » des usagers de l’électricité dans les communes de petite taille. Mêmes contradictions, à mon avis, dans la façon de présenter un vœu relatif aux primes des sapeurs-pompiers. Bien entendu, je ne fus pas favorable au subventionnement (facultatif) de l’agriculture productiviste au détriment des besoins sociaux. Je confirmai mes réticences face à la stagnation du financement du fonctionnement des collèges, qui plus est avec des critères encore trop peu équitables. Enfin, je donnai aussi un avis sur la répartition des compétences en matière de gestion du risque inondation.
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Droit dans le mur, un budget pour les voitures


Eh oui, je n’en ai pas fini avec la session de janvier dernier au cours de laquelle le conseil départemental a adopté son budget pour l’année 2020.
Comme vous vous en doutez déjà, il y a un sujet presque rituel contre lequel il m’a encore fallu lutter : le terrible impact des projets routiers du Loiret pour les espèces vivantes et pour le climat.

En effet, tout en présentant quelques verdissements bienvenus dans les politiques menées par la collectivité, l’exécutif départemental n’en démord pas, il faut réserver l’essentiel des dépenses d’investissement pour encourager encore et encore les déplacements les plus polluants.

C’est donc ce que prévoyait le budget 2020 des routes départementales (et de l’aéroport Orléans Loire Valley) qui était débattu le 30 janvier.
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Les enfants attendent toujours (en vain ?) que les bonnes intentions se concrétisent

Poursuivant mon compte-rendu des séances plénières du conseil départemental qui se tenaient fin janvier, je reviens sur le sujet de la protection de l’enfance en danger, très présent dans l’actualité de ces derniers mois et auquel était consacrée une commission générale, autrement dit une séance à huis clos.

Le Président Gaudet en avait déjà dit beaucoup dans son discours (public) d’ouverture de la session et il a abondamment informé les média depuis de sorte que je ne vous apprendrai pas grand-chose des propositions de la majorité départementale dans ce domaine.
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