On est les meilleurs ! On est les meilleurs ! On est, on est …

Et voilà. Dans 48h, nous désignerons une nouvelle assemblée départementale. Du moins émergera-t-elle la semaine suivante à l’issue du second tour. Ce n’est définitivement plus un secret, je ne suis pas candidat pour un troisième mandat consécutif. Je vais donc, à titre personnel, tourner cette page.
D’autres continuent (ou espèrent continuer), parfois en menant de front deux ou trois fonctions électives majeures et un métier prenant.
Mais que l’on prône le renouvellement en commençant par laisser la place ou bien que l’on s’accroche encore et encore au rôle de conseiller·e départemental·e, l’heure est donc au bilan. C’est justement ce qui constitua une grande partie de la dernière session plénière de ce mandat, laquelle se déroulait à la fin du mois de mai.

Et le moins que l’on puisse dire en ayant écouté mes collègues, c’est que ce bilan est exceptionnel. À les entendre, non seulement le Département est la plus merveilleuse des collectivités locales, celle qui fait le bonheur de toute la population, mais l’action publique menée par cette collectivité dans le Loiret, en dépit des vents contraires, a été particulièrement pertinente, fructueuse et pour tout dire absolument remarquable.
Hourra ! On est les meilleurs !

Vous vous doutez bien que je ne tire pas le même bilan.
Cela transparaîtra donc dans cet ultime compte-rendu de session, un exercice auquel je n’ai jamais dérogé durant 13 années de mandats, sachant qu’il ne touche pas forcément nombre de mes concitoyens mais persuadé que le retour sur mon action est le minimum que je dois à toutes les Loirétaines et les Loirétains, c’est à dire celles et ceux qui étaient directement concerné·e·s par les décisions prises au sein du conseil départemental.

N.B. : les plus motivés parmi vous peuvent aussi revoir tous les enregistrements de cette session et se forger leur propre point de vue.

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Un Département qui serre la vis à celles et ceux dont il à la charge et ouvre les vannes pour les autres

J’ai déjà relaté une bonne partie des débats de la dernière session du conseil départemental du Loiret qui a conduit à l’adoption d’un budget 2021 auquel je me suis opposé. Globalement, c’est le caractère passéiste de la proposition qui ne me convenait pas et comme toujours la priorité donnée aux investissements, en particulier ceux qui encouragent le transport routier et la circulation automobile a contrario des efforts indispensables pour préserver le climat et la vie sur terre. Ces dépenses aberrantes représentent autant d’argent qui va manquer dans d’autres domaines que je vais aborder maintenant : l’action sociale et l’éducation notamment.

Mais pour commencer, je veux parler de la politique de communication institutionnelle.

Rapport F 01 – L’image du Conseil Départemental et de son territoire auprès de ses habitants et au-delà de ses frontières
Adopté à l’unanimité

Il ne s’agissait pas pour moi de désapprouver ce budget très raisonnable pour la communication, même s’il m’arrive quelque fois de penser que l’on est plus proche de la propagande que de l’information objective des Loirétains. Par exemple, quand des panneaux géants affirment que le Département protège la nature à l’endroit même où l’on rase des hectares de forêt.
Cependant, à force d’entendre dire que les personnes en difficulté aidées par la collectivité doivent se montrer « exemplaires », je voulais souligner à quel point cette qualité fait défaut à l’institution elle-même. Par exemple, depuis que je siège dans cette assemblée, j’ai proposé que les objets promotionnels distribués avec le logo du Département soit choisis parmi des produits respectueux de l’environnement et fournis par des entreprises locales. Jusqu’à présent, je n’ai pas vu beaucoup de changement et l’on continue de répandre des cadeaux comme des T-shirts bas de gamme ou sac à dos en plastique fabriqués à bas coût en Asie.
Plus récemment, ceux-là même qui se rengorgent en proclamant leur amour de la planète n’ont rien trouvé de mieux que de faire installer un grand panneau lumineux derrière la façade vitrée de l’Hôtel du Département. Autrement dit, une belle dépense d’énergie électrique pour une « publicité » qui, malencontreusement, est particulièrement peu visible depuis la rue. Finalement, cela évite au moins de distraire les conducteurs qui passent devant et pourraient occasionner un accident de circulation 😉

Par un curieux hasard, quelques jours plus tard, Charlie hebdo a parfaitement illustré la situation par un dessin dénonçant ceux qui détruisent la nature en s’imaginant qu’il trouveront toujours une solution technique pour réparer. Dans le Loiret, on rase la forêt, puis on propose aux automobilistes de l’admirer sur écran géant.

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Quarante années de budgets « historiques » qui ont bétonné le Loiret … et ça continue

Il y a deux semaines déjà, le conseil départemental du Loiret a adopté son budget pour l’année 2021. Cette fois encore, je suis le seul membre de l’assemblée à m’y être résolument opposé, pour des motifs démocratiques, sociaux et environnementaux. Face à une majorité écrasante de la droite et une minorité de gauche qui laisse faire, mes votes furent sans doute plus symboliques que déterminants mais je les ai appuyé de prises de position très tranchées que je veux partager ici.

Ces séances des 28 et 29 janvier dernier débutèrent comme il se doit par un grand discours d’introduction du président Gaudet. Il s’empressa de qualifier d’historique le budget 2021 à venir. On se demande bien pourquoi puisque les différentes décisions budgétaires qu’il annonça ensuite ont été préparées selon des principes inchangés. Avant tout investir, aménager et construire du neuf, puis, parce qu’il le faut bien, dégager des budgets de fonctionnement pour les actions sociales qui constituent l’essentiel de la compétence départementale. Là où je pense au contraire qu’il faudrait mettre le paquet sur les solidarités tout en gardant, parce qu’il le faut bien, quelques sous pour entretenir les routes et les bâtiments. Bref, si ce budget est « historique » c’est seulement parce qu’il répète toute les erreurs du passé.
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Le Département laisse tomber les personnels des EHPAD

Alors que la date de la prochaine session de l’assemblée départementale approche (les 28 et 29 janvier), il me reste à livrer quelques derniers éléments relatifs aux débats de décembre dernier. J’en ai déjà retranscrit la thématique écologiste, mon interpellation des services de l’État et ma proposition de moratoire quant à la technologie 5G. J’ai aussi confirmé mon opposition à la majorité en place sur d’autres questions moins médiatisées que je vais développer maintenant.

J’ai notamment poursuivi mon combat pour une rationalisation des « primes Covid » accordées aux personnels du secteur médico-social qui furent et sont encore « en première ligne ». J’ai aussi insisté, en vain, malheureusement, pour que le Département n’exclût pas les personnels des EHPAD de ce soutien et pour qu’il se montre globalement plus généreux. D’autant que de grosses aides ont été dilapidées dès le printemps dans d’autres secteurs moins « essentiels ». Oh, ce n’était pas pour la vie culturelle, ou si peu, mais surtout pour le tourisme et, bien entendu, pour les entreprises privées, bien que celles-ci ne relèvent vraiment qu’à la marge de la compétence du Conseil départemental.

Rapport F 01 – Projet de décision modificative [budgétaire] n°3 pour 2020 – Relance Départementale
Adopté à l’unanimité moins une voix contre (la mienne).

Alors que diverses nouvelles « primes Covid » avaient été évoquées par Marc Gaudet dans son discours d’ouverture de la session, je m’étonnai de ne pas les voir apparaître dans les évolutions du budget 2020.

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Écologie : on a compris qu’il fallait agir … mais on n’a plus d’argent pour ça

C’est avec de plus en plus de retard que je poursuis ces échos de la dernière session du conseil départemental qui se tenait en décembre dernier. Le contexte général était celui d’une crise sanitaire qui s’éternise sur une planète en souffrance. Cela n’a pas beaucoup changé depuis. Si ce n’est que les plus chanceux d’entre nous ont reçu des cadeaux de Noël et que nous avons ensuite échangés les vœux traditionnels. Cette fois, le leitmotiv n’est plus « la bonne année » mais « une année un peu meilleure que la précédente … si possible … si ce n’est pas trop demander ».

Tout comme en décembre, tandis que le gouvernement tâtonne et s’empêtre dans des incertitudes ingérables, chacun y va de son commentaire avisé sur ce qu’il aurait convenu de faire. Les élus locaux expriment leur colère face à des décisions qu’ils auraient voulu prendre eux-mêmes ou pour lesquelles ils auraient jugé indispensable d’être consultés. Dans le même temps, ils ne se rendent toujours pas compte de la colère que leurs propres décisions peuvent susciter auprès d’administrés qu’ils ne consultent que comme on consulte les enfants avant de leur imposer ce qui est « bon pour eux ». Mais bon, je suppose que c’est normal que les élus se sentent capables de tout décider.

Venons en plutôt à cette session de l’assemblée départementale qui fut en grande partie budgétaire mais aussi orientée vers la transition énergétique. Et, pour une fois, cette thématique a été abordée de façon résolument écologiste. Je ne sais pas si cela était vraiment l’intention de toute la majorité mais, en donnant la priorité à la sobriété énergétique, le discours officiel du Département a pris un tournant méritoire. Ainsi, celles et ceux qui me tombent dessus chaque fois que je mets en doute le tabou de la croissance économique ont écouté et approuvé une politique qui consisterait avant tout à ne pas consommer d’énergie quand on peut s’en passer. Par exemple, en isolant un bâtiment départemental, on obtient plus de confort avec un « coût » énergétique global en baisse.

Le problème, c’est que ces élans écolos furent aussitôt tempérés par des choix budgétaires qui laissent très peu d’espoir de les voir suivis d’effet, bien au contraire. Même si les nouveaux bâtiments construits par le conseil départemental ouvrent de belles perspectives, les investissements qui sont programmés aujourd’hui sont toujours dominés par le projet routier absurde de la déviation de Jargeau. Et ces investissements aberrants contre le climat et la biodiversité, si l’on en croit la présidente de la commission des finances, Pauline Martin, « ce seront les derniers avant longtemps ». En effet, avec un endettement reparti à la hausse, tout le monde reconnaît qu’il n’y aura plus aucune marge pour réaliser concrètement la transition énergétique de la collectivité qui nous a été si bien décrite.

J’en viendrais presque à entamer un bilan de mes treize années de mandat. Finalement, mes idées ont beaucoup progressé parmi mes collègues dans cet intervalle. Le diagnostic sur l’état catastrophique de l’environnement semble désormais largement partagé. Nous sommes quasiment d’accord sur les solutions qu’il faudrait appliquer. Seulement, la volonté de les mettre en œuvre n’est toujours pas là. Des financements « expérimentaux » mais dérisoires sont attribués à la transition écologique pendant que la plus grande partie du budget reste consacrée à la poursuite du « business as usual », le statu quo en faveur d’un développement économique productiviste avant tout.
Avec un refus borné de débattre du futur, de l’impact de la crise sanitaire, bref, d’un éventuel « monde d’après ». Alors que je m’efforce encore et toujours de présenter une vision d’avenir de la vie de celles et ceux qui nous ont élus, le président Marc Gaudet, plus soucieux du territoire – à aménager – que de ses habitants, justifie l’absence d’orientations stratégiques d’un : « En tous cas, on ne fait pas de politique ici, vous le savez bien ».

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