Cyclistes, de quoi vous plaignez-vous ?

Comme je le soulignais dans mon précédent billet, la crise du Covid a au moins un effet positif sur le conseil départemental, c’est la plus grande publicité des débats de l’assemblée.
Même la commission permanente, une instance qui réunit les élus plus souvent mais dans une configuration réduite, ordinairement tenue à huis clos, est retransmise au grand public par vidéo pendant le confinement. C’est ainsi que chacun pouvait suivre la séance qui se tenait vendredi dernier et que je vais donc commenter ici.
Attention, il n’est pas indispensable de visionner les 2 heures 30 de la séance avant de me lire 😉

J’ai eu l’occasion d’intervenir sur différents sujets à propos desquels l’immobilisme de la collectivité départementale est tout à fait regrettable, à commencer par les aménagements cyclables.
Pas étonnant que l’on récolte des commentaires pour le moins sceptiques à ce sujet (ici un blog poétique mais bien documenté) lorsque l’on voit comment la majorité et son délégué « vélo » traitent les attentes des cyclistes et notamment les « vélotaffeurs » qui ont choisi ce mode de déplacement doux pour leur trajets domicile-travail.

Voici d’abord les questions que j’ai posées lors de la présentation d’un rapport lié à l’aménagement de « pistes » cyclables le long de la route départementale qui va de Saran à Gidy en passant par le centre pénitentiaire.

Et voici maintenant un patchwork des réponses qui m’ont été fournies respectivement par Alain Touchard, Vice-président en charge des routes, Michel Breffy, conseiller départemental référent pour le vélo et le président Marc Gaudet en personne.

Bref, circulez (à vélo), y a rien à voir.

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Le changement sans grand changement

Cela se passait lundi dernier déjà (le 13 novembre) : le Conseil départemental du Loiret a changé de président et la terre n’a pas vraiment tremblé.

Ce fut une simple péripétie, conséquence de l’appétit politique d’Hugues Saury. En effet, ce dernier, après seulement deux ans à la tête du Département, avait souhaité se présenter aux élections sénatoriales de septembre. Fort de sa grande compétence … et de sa notoriété de distributeur de subventions aux communes du Loiret, il fut élu au Sénat. Seulement, une loi récente a enfin pris en compte le fait que l’on ne saurait décemment cumuler un poste de parlementaire avec une responsabilité dans l’exécutif d’une collectivité locale. Une limite qui n’est pas superflue quand on se souvient comment Eric Doligé pouvait parfois se comporter au Sénat en simple porte-parole du conseil général du Loiret. Bref, Hugues Saury fut contraint de démissionner de ses éminentes responsabilités départementales pour se consacrer (presque) pleinement à son rôle de législateur.

C’est ainsi que l’assemblée départementale était convoquée pour procéder à l’élection d’un successeur. Pas de surprise, c’est le n°2 en exercice qui passa n°1 : le premier vice-président Marc Gaudet grimpait ainsi la dernière marche d’une carrière de conseiller général débutée en 2004 (ci-contre, en 2008, lorsque je siégeais à ses côtés, on voit qu’il s’agit d’un grand homme).

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Lettre ouverte à la commission permanente du conseil départemental du Loiret

Mes chers collègues,

Vous vous apprêtez, demain matin, à voter la déclaration de projet pour la déviation de la route départementale 921 à Jargeau et Saint-Denis-de-l’Hôtel. Vous allez donc décider que l’intérêt général de notre Département réside dans un modèle de société basé sur l’épuisement des ressources naturelles, l’inexorable bétonnage de nos terres agricoles, la perte de biodiversité et l’accumulation des pollutions atmosphériques et des gaz à effet de serre qui entraînent le changement climatique global.

Je peux concevoir que vous ne vouliez pas prendre en considération les arguments écologistes. Nous avons pourtant voté à l’unanimité une délibération qui indique que « le développement durable sera intégré comme prérequis dans chacune de nos politiques ». Mais je sais que tous nos administrés ne sont pas encore mûrs pour les évolutions que cela implique. Il y en a sans doute plus que vous ne croyez qui sont prêts à changer de mode de vie pour préserver leur santé et leur bien-être. Mais je conçois que vous ne vouliez pas brusquer les autres en privilégiant les critères environnementaux dans vos décisions. Nous ne sommes pas d’accord à ce sujet mais c’est votre choix.

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Pas de changement au Conseil général

C’est par ces mots qu’Eric Doligé a ouvert la séance de la Commission permanente qui se tenait ce matin. En soulignant le fait que les élus départementaux poursuivaient encore pour un an leur mandat faute de scrutin départemental en 2014, il cachait assez mal sa joie consécutive aux élections municipales.
Cependant, si l’ampleur de la réélection de Serge Grouard a de quoi tétaniser la gauche, on ne peut pas vraiment dire que la droite ait été particulièrement brillante dans le Loiret. Je pense notamment à mon collègue Claude De Ganay, maire de Dampierre-en-Burly, Président de la communauté de communes Val d’or et forêt, Vice-Président du Conseil général et député de la troisième circonscription du Loiret (ouf). Eh bien, il me sera désormais beaucoup plus facile de vous parler de lui après sa défaite aux municipales qui va bientôt le priver des deux premiers mandats électifs de cette liste. Le record de cumul de mandats dans le Loiret détenu par ce militant UMP de choc est donc remis en jeu. Triste nouvelle pour le camp conservateur.

Quant au second tour qui s’annonce, j’espère même que la liste menée par Carole Canette dans la seconde ville du département confirmera dimanche la volonté des Fleuryssoises et des Fleuryssois de retrouver les valeurs de respect et de partage que nous revendiquons, sans exclusive certes, mais plus souvent mises en oeuvre à gauche qu’à droite tout de même. Et justement, Carole Canette et Alain Romero offrent à leur concitoyens un projet de solidarité et de bien vivre ensemble qui donne beaucoup d’espoir pour cette ville. C’est pour cela que j’ai participé hier à leur ultime réunion publique où j’ai retrouvé parmi leurs colistiers mes amis Bernard Martin et Danièle Roblin. C’est aussi pour cela qu’ils ont reçu le soutien d’Europe Écologie Les Verts.
Bref, à mon avis, si vous êtes de Fleury, dimanche, n’oubliez pas de voter à gauche ! 😉

Mais revenons à cette commission permanente du Conseil général.
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Grincheux et les sept mains

Sept, c’est le nombre de représentants de l’opposition au sein de la commission permanente du Conseil général et ce sont donc malheureusement les seules mains qui se sont levées avant-hier pour s’opposer au hold-up d’Eric Doligé sur les cuisines de cinq collèges du Loiret. La majorité a comme d’habitude fait preuve d’un soutien sans faille à son président et a entériné une décision plus que douteuse et déjà mise en oeuvre au mépris des principes élémentaires de démocratie.

Du coup, même si l’on n’en sait pas plus sur les intentions réelles de l’exécutif départemental, il deviendra bientôt impossible que les collégiens de Bazoches, Châteaurenard, Chécy, Ferrières et Traînou puissent déguster à la cantine des repas réellement cuisinés sur place. Pourtant, pour garder la porte ouverte à toutes les évolutions, il suffisait de ne rien changer au contrat de partenariat signé il y a moins d’un an. Le Conseil général ne gagne donc pas un centime en renonçant à de vraies cuisines mais son président voulait être sûr que le recours à la livraison de plats en liaison froide, partielle ou totale, deviendrait incontournable.

Ce choix purement idéologique apparaît comme une vengeance personnelle d’Eric Doligé, écoeuré de vivre sous un gouvernement de gauche et résolu à en faire payer le prix fort aux Loirétains en appliquant sans modération les recettes ultralibérales. Cruelle dérive, au terme de son ultime mandat, pour un élu qui s’était plutôt bien coulé jusque-là dans le moule d’une institution départementale bicentenaire, modérée et consensuelle, voire un brin archaïque ;-). Son récent engouement pour la modernisation, la rationalisation et l’optimisation à marche forcée se traduit malheureusement par un abandon des populations qui en ont le plus besoin et qui ne sont même plus écoutées.

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