Un Conseil général de droite avec un gouvernement de gauche : que de lamentations !

Comme toute les sessions plénières, celle qui s’ouvrait ce matin débuta par une énumération des différents points à l’ordre du jour par le Président Doligé, lequel ne tarda par à basculer dans une bataille hargneuse contre le gouvernement en place. Eh oui, depuis un an, ce n’est plus Nicolas Sarkozy qui conduit la France : en admettant que l’on va toujours dans le mur, du moins n’y va-t-on plus assez vite au goût de l’UMP.

C’est ainsi que les conseillers généraux de gauche se virent rappeler que l’Etat prive abusivement les Départements des ressources qui doivent leur permettre d’assumer les compétences qui leur incombent. C’est un reproche fondé et nous l’exprimions déjà en 2009 malgré les dénégations, alors, d’Eric Doligé. Cela n’empêcha pas ce dernier d’accuser l’opposition de « mauvaise foi » sous prétexte qu’elle ne s’empresse pas, comme lui, de taper plus lourdement sur le gouvernement actuel que sur celui qui précédait.

Bien entendu, la question du rassemblement de trois départements, objet de mon précédent billet, suscita de nouveaux commentaires. Le Président se défendit d’avoir voulu faire une opération de pure communication mais il avait pris soin de faire distribuer à chaque conseiller général un joli petit drapeau spécialement conçu pour célébrer l’union de l’Eure-et-Loir, du Loir-et-Cher et du Loiret (ci-contre un fan de la communication tri-départementale).

Il fallut bien revenir sur l’épisode cocasse des vantardises un brin mensongères d’Eric Doligé. En effet, celui-ci avait déclaré en début de semaine avoir reçu un soutien éclatant du président socialiste du Département du Nord, auquel il prêtait des propos qualifiant de « nuls » les conseillers d’opposition du Loiret. Or, ce matin même, Patrick Kanner démentait formellement avoir tenu de tels propos et dénonçait vertement la « démarche purement politicienne » de notre Président. Celui-ci s’en excusa tout en laissant croire qu’il n’avait pas tout inventé. Comme le lui fit remarquer David Thiberge, mensonge ou pas, il n’y a pas grande gloire à manier l’insulte publique contre des adversaires politiques.

Eric Doligé avait également beaucoup à reprocher au gouvernement en matière de réforme territoriale. Il aborda le sujet qui semble le plus préoccupant pour mes collègues de droite. Depuis quelques semaines, à la moindre occasion, les voilà qui se mettent à se triturer les méninges à propos du futur redécoupage des cantons qui doit suivre la nouvelle loi électorale. J’ai déjà exprimé ce que je pense de cette piètre réforme qui introduit le scrutin majoritaire binominal.

Pour le Sénateur-Président Doligé, l’heure était à la dramatisation et à la « chronique de la mort annoncée » de la ruralité. Rien de moins. Une mort annoncée depuis longtemps et de tous bords, me direz-vous. Oui, mais nous touchons aujourd’hui au pire coup porté aux territoires ruraux : le nouveau mode de scrutin des élections départementales ne permettra plus à un habitant des campagnes de compter comme cinq, dix voire trente habitants des villes. Eh oui, c’est la fin des haricots, le Conseil constitutionnel exige que les nouveaux cantons comptent à peu près le même nombre d’habitants, bref, que chaque conseiller départemental représente autant d’électeurs que ses collègues.

Pourtant, dans l’esprit des conservateurs de l’UMP, il ne fait aucun doute que le mode de scrutin actuel est le meilleur parce qu’il permet l’élection de nombreux représentants des territoires ruraux. Or, pour être utile à la ruralité, un élu se doit d’être issu de la France profonde, fusse-t-il un nobliau résident à la ville mais candidat sur les terres de ses ancêtres. Un élu « urbain » ne saurait comprendre les dures réalités de nos campagnes, même à l’heure d’Internet et de « l’amour est dans le pré (saison 8) ». S’il n’y a pas de ruralité sans élu rural et pas assez d’élus ruraux quand on applique l’équité entre électeurs alors cela impliquerait que le gouvernement veut tuer la ruralité. Non-sens. Mais cela fait tellement peur à Eric Doligé qu’il en vint à promouvoir la proportionnelle suggérée par Franck Demaumont (conseiller communiste de Châlette).

Toutefois, on comprend mieux cet amour de la ruralité à cinq contre un lorsque l’on sait que c’est ce qui permet à la droite de détenir les deux-tiers des postes au Conseil général du Loiret avec seulement trois cinquièmes des électeurs.

Après des réponses du tac au tac de David Thiberge, puis les interventions percutantes de nos collègues communistes, je décidai de développer la question du logement social, non sans revenir sur les sujets précédemment abordés.

Mes principaux arguments serviront de trame au communiqué publié ce soir par le groupe socialiste, écologiste et républicain : logement social, le Conseil général fait illusion

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