5 collèges pour le prix de … en fait on ne sait pas trop

Retour sur une grosse journée de rentrée scolaire.

Mardi 1er septembre, nous étions environ une dizaine parmi les quarante conseillers départementaux du Loiret à accompagner le président Saury dans son parcours de visites aux collèges du Département : d’abord pour inaugurer trois collèges tout neufs à Ferrières-en-Gâtinais, Chécy et Bazoches-les-Gallerandes puis pour prendre la mesure des travaux à entreprendre ou ceux déjà payés par le conseil départemental dans deux autres établissements à Pithiviers. Un sacré parcours que, à défaut de covoiturage, j’ai effectué avec la navette par autocar qui transporta quelques uns des participants à toutes ces cérémonies, entre 7h et 19h.

En ce qui me concerne, l’attraction principale fut bien entendu l’inauguration officielle du collège Pierre Mendès-France de Chécy (en présence de M le Préfet, ci-contre).
C’est forcément un plaisir de voir l’aboutissement d’un projet que j’ai accompagné pendant sept ans. En fait seul le Président Saury ne semble pas avoir remarqué à quel point je me suis investi pour cette reconstruction puisque ce n’est qu’à Ferrières et Bazoches qu’il a jugé utile de citer le conseiller général du canton dans son discours. Il est vrai qu’un certain nombre des recommandations des enseignants et des parents d’élèves que j’ai pu défendre durant la précédente mandature n’ont pas été suivies d’effet. En outre, j’y reviendrai plus bas, le recours à un partenariat public-privé ne m’a toujours pas convaincu. Il n’en reste pas moins que le bâtiment qui abrite désormais les collégiens apporte énormément d’améliorations par rapport à celui qui a été détruit.

Pour avoir une vision de cette journée et de la politique départementale en matière d’éducation – un peu idéalisée sans doute – pourquoi ne pas visionner le film réalisé par le service communication ?

Voilà une présentation qui résume assez bien la qualité du travail accompli par le conseil départemental au service des collégiens.

Seul bémol, dans les discours – et dans les dossiers de presse – je n’ai pu m’empêcher de remarquer que le militantisme du président Doligé en faveur des partenariats public-privé (PPP) avait la peau dure. Personnellement, je ne veux pas en faire une question de principe car ce type de marché public, plutôt adapté pour des investissements plus complexe et de plus grande ampleur, présente néanmoins des avantages dans le cas des collèges du Loiret, ne serait-ce que pour contourner certaines règles de mise en concurrence qui aurait pu écarter les entreprises locales. Il n’en reste pas moins que les PPP ne sont pas la panacée que l’on nous a décrite mardi. Le conseil départemental d’Indre-et-Loire vient de renoncer à cette procédure car elle est parfois susceptible d’engager financièrement la collectivité au-delà du raisonnable. Or, le Loiret est à la limite de l’endettement supportable justement parce qu’il n’a cessé d’investir trop activement ces dernières années. Le fait que tous les investissements importants aient systématiquement été réalisé à travers des PPP a largement contribué au gonflement excessif de la dette.

Et puis, il y a des arguments en faveur des PPP qui commencent à s’effondrer. Au cours d’une récente commission des finances, nous avions justement à analyser le bilan des contrats de partenariat du Département. La question de la comparaison entre la construction en maîtrise d’ouvrage publique ou en PPP s’est posée. Or, les services départementaux compétents, aussi bien les responsables financiers que ceux qui ont travaillé sur ces contrats, tous ont admis qu’une telle comparaison était impossible. Tout au plus peut-on imaginer que des économies d’échelle permettent de compenser le coût plus élevé du crédit quand il s’agit de PPP. De toutes façons, le contenu du contrat est tellement varié que l’on ne peut évaluer ce qu’il en aurait coûté de faire la même chose sans partenaire privé.
« Mais alors, ai-je demandé à nos experts, quand le président Doligé annonçait que nous allions construire 5 collèges pour le prix de 4, il n’avait aucune preuve sérieuse pour confirmer ces chiffres ? ». Personne ne m’a contredit.

Aussi, lorsque le président Saury a repris ce slogan, 5 collèges pour le prix de 4, lors de ses discours inauguraux de mardi, cela m’a fait sourire. L’aveuglement idéologique n’est pas forcément du côté où l’on croit.

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