Cyclistes, de quoi vous plaignez-vous ?

Comme je le soulignais dans mon précédent billet, la crise du Covid a au moins un effet positif sur le conseil départemental, c’est la plus grande publicité des débats de l’assemblée.
Même la commission permanente, une instance qui réunit les élus plus souvent mais dans une configuration réduite, ordinairement tenue à huis clos, est retransmise au grand public par vidéo pendant le confinement. C’est ainsi que chacun pouvait suivre la séance qui se tenait vendredi dernier et que je vais donc commenter ici.
Attention, il n’est pas indispensable de visionner les 2 heures 30 de la séance avant de me lire 😉

J’ai eu l’occasion d’intervenir sur différents sujets à propos desquels l’immobilisme de la collectivité départementale est tout à fait regrettable, à commencer par les aménagements cyclables.
Pas étonnant que l’on récolte des commentaires pour le moins sceptiques à ce sujet (ici un blog poétique mais bien documenté) lorsque l’on voit comment la majorité et son délégué « vélo » traitent les attentes des cyclistes et notamment les « vélotaffeurs » qui ont choisi ce mode de déplacement doux pour leur trajets domicile-travail.

Voici d’abord les questions que j’ai posées lors de la présentation d’un rapport lié à l’aménagement de « pistes » cyclables le long de la route départementale qui va de Saran à Gidy en passant par le centre pénitentiaire.

Et voici maintenant un patchwork des réponses qui m’ont été fournies respectivement par Alain Touchard, Vice-président en charge des routes, Michel Breffy, conseiller départemental référent pour le vélo et le président Marc Gaudet en personne.

Bref, circulez (à vélo), y a rien à voir.

Un peu plus tard, à l’occasion d’un rectificatif technique concernant la prime « Covid » versée aux salariés des services d’aide à domicile, je revins sur le flou et les trous dans l’attribution de telles primes.
Nous avions justement été interpellés, en tant qu’élus, par une association essentiellement active dans le Bas-Rhin et dont les propositions sont loin d’être satisfaites par les mesures disparates et incomplètes adoptées à ce jour dans le Loiret.

On me répondit encore une fois que c’est l’État qui retarde le Département. Comme si verser une prime ne pouvait pas être décidé depuis 6 mois sans préjuger de l’intervention de l’État.
Depuis, j’ai cru comprendre que celui-ci avait finalement déclenché son propre dispositif de soutien et que le conseil départemental allait enfin verser quelque chose aux agents des EHPAD, mais selon des modalités différentes de l’aide nationale et telles que ce sera compliqué d’en faire bénéficier équitablement toutes celles et ceux qui le méritent.

Un autre rapport concernait justement le versement des aides économiques à des entreprises et commerces touchés par la crise sanitaire. J’ai déjà expliqué que, bien que nécessaires, ces aides n’avaient pas à être prises sur le budget départemental. Mais mes collègues sont tellement imbibés de théorie du ruissellement qu’ils s’imaginent encore répondre aux difficultés des plus pauvres en arrosant les entreprises. Bien entendu, cette distribution généreuse au monde économique avait été décidée sans tarder en mai dernier, contrairement aux primes dans le secteur social. Et il s’agissait de confirmer au cas par cas certains versements. Je rappelle que l’État, la Région et les intercommunalités (EPCI) ont toute compétence pour le développement économique et l’assument déjà très bien. C’est pourquoi je déplorai à nouveau que le Département ne se consacre pas plus fortement à l’aide sociale dont il est le principal garant. Je renouvelai donc mon vote négatif du printemps.

Cela me valut une nouvelle version de la réponse type dans ce genre de situation où je me plains que les aides départementales n’aillent pas aux bons destinataires. En effet, Marc Gaudet me gratifia comme d’habitude de cette vérité de La Palice selon laquelle ceux qui reçoivent des aides en sont contents.

À ce compte-là, plus besoin de programme politique pour guider l’action publique. Il suffit de donner l’argent à qui bon nous semble et de le justifier ensuite par le fait que la subvention a été favorablement accueilli par son bénéficiaire.

C’est justement ce qui se passe chaque fois qu’il est question d’intervenir en matière d’agriculture (compétence tout à fait facultative de la collectivité départementale). Je me suis justement abstenu lorsqu’il s’est agi de voter une délibération sur ce thème.

Un autre domaine dans lequel le Département agit alors qu’il pourrait ne rien faire, c’est la culture. Qu’on se rassure, je n’y suis pas hostile cette fois. Car je pense que la culture a un lien étroit avec l’action en faveur des plus défavorisés et qu’elle est un levier de la cohésion sociale. Je ne citerai qu’un exemple : le travail remarquable et unanimement salué qu’effectue la Compagnie Les fous de bassan, laquelle intervient aussi bien en milieu rural que dans des quartiers dits « politique de la Ville ».

L’appui du Département aux acteurs du spectacle vivant dans le Loiret est indéniable et c’est un point sur lequel je n’ai pas lieu de m’opposer à la majorité.

Ce vendredi-là, nous examinions notamment l’attribution d’une subvention exceptionnelle à l’atelier de scénographie et construction de décors Les mécanos de la générale. Cela répondait à l’incendie qui a récemment ravagé les locaux de cette structure importante notamment pour plusieurs compagnies théâtrales exerçant dans le Loiret.

La Vice-présidente Laurence Bellais justifia très clairement les 15000 euros proposés pour répondre aux pertes causées par l’incendie.

Je revins moi-même sur ce dossier concernant le canton de Saint-Jean-de-Braye après avoir évoqué le report d’un concert à Combleux.

Ma référence à l’Établissement public foncier local interdépartemental (EPFLI) aura, je l’espère, éveillé l’attention de son président et membre éminent de l’assemblée départementale, Alain Touchard.

Ayant commencé à parler des spectacles reportés par le confinement, je repris la parole un peu plus tard à propos des aides attribuées dans le cadre du Fonds d’action culturelle pour les communes (FACC). En effet, ce dispositif prévoit que chaque commune peut solliciter une subvention pour deux spectacles distincts chaque année. Mais certains de ceux qui auraient dû être soutenus au titre de 2020 se sont vus reportés ces dernières semaines. Ce fut le cas à Bou et Semoy par exemple mais aussi dans d’autres cantons du Loiret. Non seulement il me semblait nécessaire d’adopter malgré tout les subventions afin d’assurer le paiement des artistes par les communes, notamment en cas de report, mais je voulais avoir la certitude qu’un tel report en 2021 n’entraînerait pas de limitation du FACC l’année prochaine, autrement dit, que les communes concernées auraient encore la possibilité d’organiser au moins deux spectacles nouveaux avec l’aide du Département.
Il me fallut donner des précisions après une réponse plutôt timide de Marc Gaudet mais je pense avoir obtenu gain de cause in fine.

Un autre dossier suscita plutôt une abstention de ma part. Je m’inquiétai de voir le budget destiné aux espaces naturels sensibles détourné vers des opérations plutôt touristiques ou de loisirs, y compris des actions de simple communication. C’est déjà en raison de ce dévoiement des impôts perçus théoriquement au profit de la biodiversité et du patrimoine naturel que je n’avais pas approuvé le schéma d’orientation des espaces naturels sensibles. Ici, on nous proposait de modifier la répartition d’une forte subvention accordée à l’Office national des forêts (ONF) afin qu’une part soit considérée comme de l’investissement et puisse donc être prélevée sur le budget « nature ». Or, s’agissant d’organiser des parcours VTT dans la forêt, je ne juge pas que cela puisse être assimilé à de la préservation de l’environnement, quand bien même toute balade en forêt a un effet de sensibilisation à l’écologie.

Après une réponse du président Gaudet faisant allusion à l’intérêt « social » de l’action menée par l’ONF en forêt, je complétai mon raisonnement, non sans ironie, en souhaitant que l’on ne prélève pas non plus l’argent du VTT sur le budget de l’action sociale.

Enfin, je profitai du vote de subventions destinées aux collèges (et notamment au collège Pierre Mendès-France de Chécy) pour soulever deux questions déjà anciennes mais dont les réponses, finalement positives, n’avaient jamais atteint leurs destinataires. Ainsi, lors de récents conseils d’administration de collèges au sein desquels je représente le Département, il avait été question d’une part du financement des déplacements des collégiens pour la pratique de la course d’orientation et d’autre part des tarifs de restauration des convives de passage. Dans le premier cas, Gérard Malbo, me confirmera que le collège de Chécy peut ajouter les frais d’autocars pour aller pratiquer la course d’orientation dans le parc de Charbonnière aux compensations qui lui sont attribuées lorsqu’un autocar emmène les élèves au gymnase des Plantes. Dans le second cas, il sera enfin admis qu’un agent en déplacement dans un collège autre que le sien ne paiera pas le tarif de cantine maximum mais le même prix que s’il mangeait sur son lieu de travail.

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