Communiqué : Enfin une prime pour l’aide à domicile ! Le Département du Loiret va devoir s’y mettre.

Le 4 août à Toulon, le Président de la République a annoncé une mesure significative en faveur des personnes ayant assuré les services d’aide à domicile durant la crise sanitaire. C’est une décision bienvenue afin de ne pas négliger des personnels qui jouent un rôle majeur auprès des personnes handicapées ou des personnes âgées. Cette somme de mille euros pour une personne travaillant à temps plein sera versée pour moitié par les Départements qui ont en charge la politique sociale d’aide à domicile pour l’autonomie.

Ce faisant, l’État est plus cohérent que le conseil départemental du Loiret. Celui-ci avait jusqu’à présent refusé ce type de contribution et néanmoins consacré un budget beaucoup plus important pour intervenir dans des domaines ne relevant pas de ses compétences obligatoires. Dès le mois d’avril, j’avais pourtant proposé que, plutôt que de verser des aides économiques aux entreprises, le Département accorde une telle prime aux acteurs des services d’action sociale mobilisés pendant le confinement. D’ailleurs, la question d’une telle prime est toujours en suspens pour ce qui est des personnels des centres médico-sociaux et n’est toujours pas décidée pour la Maison de l’Enfance.

Comme je l’ai dit en vain depuis le début, le conseil départemental se fourvoie dans des actions qui ne relèvent pas obligatoirement de ses compétences et délaisse notamment l’économie sociale et solidaire et tous les agents publics ou privés oeuvrant au service des plus défavorisés.

Il faut espérer que, bousculé par l’annonce du Président de la République, l’exécutif départemental se saisira enfin des enjeux qui lui appartiennent et que les Loirétains en difficulté trouveront une oreille attentive auprès d’une administration renforcée pour faire face à la crise.

Faire des économies sur le dos des plus faibles, mode d’emploi (session budgétaire épisode 4 et fin)

Pour terminer mon compte-rendu de la session récente du conseil départemental, je vais tenter de vous donner une idée des différents rapports à propos desquels je suis intervenu et qui ont justifié que je m’oppose finalement au budget 2019 proposé par la majorité.

Je le rappelle, ce projet de budget était très loin de préparer la transition qui s’impose à notre société pour un 21ème siècle qui s’annonce comme celui du dérèglement climatique et de la perte de biodiversité. Un tournant si considérable pour les êtres vivants de notre planète que certains chercheurs estiment que la Terre est entrée dans une nouvelle ère que l’on peut baptiser l’anthropocène en raison du poids décisif exercé par les actions humaines.

A côté de cela, les décisions prises dans le Loiret peuvent paraître dérisoires. Pourtant, le mouvement des villes en transition est lancé partout dans le monde. Les collectivités locales ou régionales n’attendent pas tout des grands accords internationaux comme celui de Paris en 2015. La Région Centre Val de Loire, par exemple, va organiser sa propre conférence des parties sur le climat (COP régionale). Bref, rien de ce que décide le conseil départemental n’est anodin car chaque échelon dispose de ses propres leviers. La « bonne gestion » ne suffit pas, il faut aussi prendre les bonnes orientations pour préparer une société durable.

Principal responsable des politiques sociales, le Département reste très ambigu dans ses choix. L’exemple des jeunes présumés mineurs et pourtant rejetés à la rue depuis décembre est assez symbolique des priorités de la majorité de l’assemblée départementale. La solidarité envers les plus démunis leur apparaît comme une charge qui pèse sur le budget et qu’il convient d’optimiser. Cela revient à dire qu’on fera le tri entre ceux qui vont mal et qu’on marchandera l’aide à leur apporter. Les quelques fraudeurs qui s’installent parfois dans une position d’assistés permettent ainsi de justifier l’abandon de larges pans de la population. On ne dit pas ouvertement « débrouillez-vous tout seuls » mais, pour beaucoup de gens, c’est le résultat tangible des politiques décidées dans le Loiret. C’est ainsi que je le ressens dès que je tente d’aider personnellement telle ou telle famille en difficulté (sans user de passe-droit). C’est encore plus tangible pour les associations qui oeuvrent auprès de ces personnes au quotidien. Et il aura fallu une forte mobilisation de ces organisations, partenaires traditionnels du Département, pour que soit reportée une décision qui mettait en péril le bien être des personnes âgées en perte d’autonomie, au nom de la rationalisation et de l’optimisation.

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