Le Département laisse tomber les personnels des EHPAD

Alors que la date de la prochaine session de l’assemblée départementale approche (les 28 et 29 janvier), il me reste à livrer quelques derniers éléments relatifs aux débats de décembre dernier. J’en ai déjà retranscrit la thématique écologiste, mon interpellation des services de l’État et ma proposition de moratoire quant à la technologie 5G. J’ai aussi confirmé mon opposition à la majorité en place sur d’autres questions moins médiatisées que je vais développer maintenant.

J’ai notamment poursuivi mon combat pour une rationalisation des « primes Covid » accordées aux personnels du secteur médico-social qui furent et sont encore « en première ligne ». J’ai aussi insisté, en vain, malheureusement, pour que le Département n’exclût pas les personnels des EHPAD de ce soutien et pour qu’il se montre globalement plus généreux. D’autant que de grosses aides ont été dilapidées dès le printemps dans d’autres secteurs moins « essentiels ». Oh, ce n’était pas pour la vie culturelle, ou si peu, mais surtout pour le tourisme et, bien entendu, pour les entreprises privées, bien que celles-ci ne relèvent vraiment qu’à la marge de la compétence du Conseil départemental.

Rapport F 01 – Projet de décision modificative [budgétaire] n°3 pour 2020 – Relance Départementale
Adopté à l’unanimité moins une voix contre (la mienne).

Alors que diverses nouvelles « primes Covid » avaient été évoquées par Marc Gaudet dans son discours d’ouverture de la session, je m’étonnai de ne pas les voir apparaître dans les évolutions du budget 2020.

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Cyclistes, de quoi vous plaignez-vous ?

Comme je le soulignais dans mon précédent billet, la crise du Covid a au moins un effet positif sur le conseil départemental, c’est la plus grande publicité des débats de l’assemblée.
Même la commission permanente, une instance qui réunit les élus plus souvent mais dans une configuration réduite, ordinairement tenue à huis clos, est retransmise au grand public par vidéo pendant le confinement. C’est ainsi que chacun pouvait suivre la séance qui se tenait vendredi dernier et que je vais donc commenter ici.
Attention, il n’est pas indispensable de visionner les 2 heures 30 de la séance avant de me lire 😉

J’ai eu l’occasion d’intervenir sur différents sujets à propos desquels l’immobilisme de la collectivité départementale est tout à fait regrettable, à commencer par les aménagements cyclables.
Pas étonnant que l’on récolte des commentaires pour le moins sceptiques à ce sujet (ici un blog poétique mais bien documenté) lorsque l’on voit comment la majorité et son délégué « vélo » traitent les attentes des cyclistes et notamment les « vélotaffeurs » qui ont choisi ce mode de déplacement doux pour leur trajets domicile-travail.

Voici d’abord les questions que j’ai posées lors de la présentation d’un rapport lié à l’aménagement de « pistes » cyclables le long de la route départementale qui va de Saran à Gidy en passant par le centre pénitentiaire.

Et voici maintenant un patchwork des réponses qui m’ont été fournies respectivement par Alain Touchard, Vice-président en charge des routes, Michel Breffy, conseiller départemental référent pour le vélo et le président Marc Gaudet en personne.

Bref, circulez (à vélo), y a rien à voir.

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Covid-19 : le Département n’a-t-il pas déjà jeté trop d’argent par les fenêtres ?

J’avais déjà publié un article à propos de la dernière session du conseil départemental afin de rendre compte en particulier du débat sur les mineurs non accompagnés (MNA).
Bien que j’aie sans doute trop attendu, il me reste à reprendre mon récit à propos des autres sujets abordés le mois dernier et notamment un budget toujours tranché par la majorité en faveur de la sauvegarde de l’économie plutôt que la solidarité avec celles et ceux qui sont laissés pour compte. Sans parler de l’écologie qui demeure essentiellement un enjeu de communication mais certainement pas une priorité traduite par des engagements financiers !

De budget, il en fut forcément question, pourtant, puisque la crise sanitaire et ses conséquences bousculent les équilibres savamment établis par l’exécutif. Les critères de bonne gestion et de solidité financière que la majorité départementale s’était elle-même imposée (un ratio de 10 % d’épargne brute et une dette maîtrisée) ont dû être abandonnés afin de pourvoir aux besoins croissants de la population dans une période d’incertitude sur les moyens dont disposera la collectivité. Nous avons donc étudié plusieurs chapitres du budget 2020 afin de les modifier en fonction de la situation constatée et de faire face aux engagements à tenir jusqu’au 31 décembre. Pour beaucoup d’entre eux, je n’ai trouvé aucune raison d’approuver les choix de la majorité et, en fin de compte, j’ai rejeté la délibération globale que concluait cette décision modificative (DM) du budget.

De mon point de vue, les dépenses très généreuses décidées au printemps dernier ont sans doute été un peu rapide. Aujourd’hui que la deuxième vague nous crée de nouvelles difficultés, on voit bien que le conseil départemental va devoir mobiliser toutes les ressources possibles afin de jouer son rôle dans le domaine social. Je maintiens que ce n’était pas au Département de se charger du soutien aux acteurs économiques, aussi apprécié qu’il ait pu être par ceux qui en bénéficièrent. D’ailleurs, l’État, la Région et les intercommunalités n’ont pas fait défaut aux entreprises et commerces en difficulté.
Le conseil départemental est la collectivité qui est compétente pour la cohésion sociale et qui gère notamment les allocations individuelles de solidarité ainsi que la protection de l’enfance. Dans ces domaines, les besoins sont aussi criants voire plus que pour les entreprises privées. Et aucune autre collectivité locale n’a le pouvoir d’agir dont dispose le conseil départemental, parfois en partage avec les services de l’État. Je suis donc particulièrement agacé du fait que l’on soit si peu réactifs lorsqu’il s’agit de soutenir le secteur médico-social ou les acteurs de l’économie sociale et solidaire qui oeuvrent pour l’insertion des publics défavorisés, pour l’autonomie des personnes handicapées et des personnes âgées, pour la protection des enfants en danger. Aucune mesure urgente n’est prise pour renforcer ces secteurs (hormis des évolutions positives mais lentes du côté de la Maison de l’Enfance) tandis que celles et ceux qui y travaillent « en première ligne » reçoivent (ou pas) des primes attribuées au lance-pierre et non sans mesquinerie.
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