Le budget départemental adopté avec une voix contre

C’est bien connu, l’écologiste n’est jamais content 😉

Comme toute collectivité territoriale, le conseil départemental du Loiret a adopté son budget annuel pour 2020 au cours d’une session de deux journées qui se tenait fin janvier. Alors que notre société évolue très rapidement face à des problématiques de démocratie, d’inégalités, de dérèglement climatique ou de disparition des espèces vivantes, j’ai eu l’impression que la vénérable institution départementale était un peu restée au siècle dernier.

Même si l’assemblée suit son projet de mandat voté en 2015 – une projection dans le futur plutôt bienvenue – et même si cette session était aussi l’occasion de vanter le développement du réseau numérique dans le Loiret parmi diverses orientations innovantes, le sens profond des actions menées reste un brin archaïque. D’une part, les élus se croient toujours investis d’un savoir incontestable qui les autoriserait à décider de tout à la place des citoyens, d’autre part, ils persistent dans le déni de la crise écologique et refusent d’abandonner leur stratégie d’aménagement du territoire à grand renfort d’infrastructures routières comme si les besoins de la population étaient encore ceux des années 70.

Certes, la culture écologique du président Gaudet dépasse de loin celle d’un Éric Doligé. Cela lui permet de pointer des efforts réels entrepris pour verdir sa politique et d’utiliser des expressions comme « transition écologique ». Mais au final, on en revient toujours à un modèle basé sur la croissance infinie et la priorité à la bagnole. Quant aux actions de solidarité, elles sont menées à regret tandis que le budget abonde toujours très généreusement les secteurs économiques qui se moquent du bien-être des Loirétains.
Continuer la lecture

Joyeux Noël les enfants ! !

Sous ce titre si gai et de circonstance, je vais malheureusement revenir sur un épisode datant de deux semaines et qui contraste fortement avec ce qu’il est convenu d’appeler l’esprit de Noël.
Je crains en effet que la situation de la protection de l’enfance en danger dans le Loiret ne se soit pas miraculeusement redressée depuis qu’un constat accablant en a été dressé par les professionnels concernés et que l’assemblée départementale s’y est montrée très peu réceptive.

Une session chassant l’autre, les 12 et 13 décembre dernier, l’assemblée départementale siégeait à nouveau en plénière. L’ordre du jour n’était pas passionnant, pour l’essentiel des mesures peu clivantes et répétitives … à quelques exceptions près.
D’une part, avant le vote du budget prévu en janvier 2020, le code des collectivités prévoit que les grandes orientations soient débattues. Malheureusement, ce débat d’orientation budgétaire a été largement escamoté.
D’autre part, un débat était également prévu à propos de l’agriculture et du plan alimentaire territorial. Lui aussi fut assez largement escamoté pour laisser place à une opération de communication en faveur de l’agriculture locale, fût-elle affreusement productiviste et nocive pour les agriculteurs comme pour l’environnement.
Enfin, cette session était celle au cours de laquelle est examiné le rapport d’activité des services de l’État, en l’occurrence celui de l’année 2018, un sujet qui, traditionnellement, donne lieu à invitation du Préfet du Loiret avec lequel il est prévu un dialogue. Là encore, de mon point de vue, le long discours préliminaire du Préfet a noyé le poisson. Comme pour les questions agricoles, il m’est apparu tout à fait vain de me glisser dans un créneau de quelques minutes pour secouer ces échanges avec un point de vue écologiste presque totalement absent des préoccupations de l’assemblée comme des services de l’État.
Je reviendrai d’ici peu sur tous ces sujets et quelques autres ayant suscité des interventions de ma part.

En vérité, le sujet qui a véritablement occupé les séances des 12 et 13 décembre, c’est la protection de l’enfance en danger dans le Loiret.

Tout d’abord, l’ensemble des acteurs de ce secteur sensible était mobilisé, pour la seconde fois en quelques semaines, devant les portes de l’Hôtel du Département (ci-dessus une image de la manifestation qui avait rassemblé 400 personnes le 28 novembre). Que ce soient les agents départementaux de la Maison de l’enfance, les professionnels des institutions où sont placés les jeunes, les travailleurs sociaux qui les accompagnent ou le collectif qui soutient plus particulièrement les jeunes d’origine étrangère (COJIE), tous s’inquiètent de graves manquements aux obligations de protection des mineurs de la part du Département. Sans oublier le refus du suivi jusqu’à 21 ans qui est pourtant si important pour éviter une rupture brutale et des drames ultérieurs qui pèsent sur toute notre société.
Face à l’ampleur du mouvement, le président Gaudet a abordé le sujet dès l’ouverture de la session. Toutefois, lui et les élus de la majorité ont préféré s’auto-congratuler pour leurs bonnes intentions plutôt que d’examiner courageusement les carences de leur politique et envisager des mesures plus efficaces ou plus rapides pour y remédier.
Continuer la lecture