Droit dans le mur, un budget pour les voitures


Eh oui, je n’en ai pas fini avec la session de janvier dernier au cours de laquelle le conseil départemental a adopté son budget pour l’année 2020.
Comme vous vous en doutez déjà, il y a un sujet presque rituel contre lequel il m’a encore fallu lutter : le terrible impact des projets routiers du Loiret pour les espèces vivantes et pour le climat.

En effet, tout en présentant quelques verdissements bienvenus dans les politiques menées par la collectivité, l’exécutif départemental n’en démord pas, il faut réserver l’essentiel des dépenses d’investissement pour encourager encore et encore les déplacements les plus polluants.

C’est donc ce que prévoyait le budget 2020 des routes départementales (et de l’aéroport Orléans Loire Valley) qui était débattu le 30 janvier.
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Communiqué : Thierry Soler, conseiller départemental écologiste, soutient le Village de la Loire qui ouvre aujourd’hui à Mardié

Élu depuis 2008 avec le mandat de préserver le canton de Chécy et tout le Loiret des déviations routières, je me réjouis de voir s’ouvrir cette semaine le Village de la Loire, une initiative de dialogue et de lutte contre « le pont et son monde ». Il s’agit de dénoncer les fausses motivations du projet de déviation de Jargeau contre lequel j’ai sans cesse porté la voix des Loirétain·e·s qui veulent un autre développement local. C’est pourquoi je les appelle à rejoindre, pour une journée, une nuit ou plus longtemps, les ateliers et débats qui auront lieu à Mardié.

Au-delà de tous les arguments purement écologistes et climatiques qui suffisent à condamner le projet, c’est également d’un point de vue économique et social que cette déviation peut être qualifiée, à l’instar de l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes, de Grand projet inutile imposé (GPII).
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La session ouvrait hier

Indépendamment de l’accueil de M le Préfet, le conseil départemental a entamé hier sa session plénière de décembre avec le discours d’ouverture du nouveau Président, le bétonneur Marc Gaudet et un jeu de questions-réponses tout aussi traditionnel.

Pour ce qui est des propos du Président, il se focalisèrent encore une fois sur les questions budgétaires et comptables alors même que, contrairement aux usages, le budget 2018 n’est pas à l’ordre du jour et ne sera voté que durant le premier trimestre 2018.

Il fit tout de même un détour par chacune des délibérations à venir et, à propos du logement social dans les villages du Loiret, il insista sur le fait « que les personnes âgées et les personnes handicapées puissent profiter de la vie locale du centre bourg ». Il oubliait sans doute que l’accélération des projets de déviations routières écartant le trafic de ces mêmes centre-bourg contribue à leur dépérissement.

Un peu plus tard, en accueillant le Préfet, il mit en avant la déviation de la RD921 à Jargeau dont les travaux dévastateurs ont commencé. Marc Gaudet s’autorisa une grosse galéjade en prétendant que cette route est « très attendue » alors que seule une poignée d’élus archaïques en font une priorité tandis que la population est bien plus demandeuse d’investissements productifs ou de solidarité en faveur des personnes handicapées, des personnes âgées, des enfants en difficulté ou en danger … etc.

Pour ce qui est des enfants mineurs non accompagnés, c’est à dire d’enfants essentiellement migrants venus de l’étranger sans famille en France, ma collègue Marie-Agnès Courroy demanda des précisions sur les suites de la concertation tenue le 8 novembre dernier. Elle rappela la situation de ces jeunes dans le Loiret avant de souligner leur courage et la nécessité de leur assurer un avenir parmi nous.
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Tout va très bien, continuons comme prévu

Le Conseil départemental s’est réuni, la semaine passée, pour la session du premier trimestre 2017. Elle se déroula au cours d’une seule demi-journée en raison d’un ordre du jour très modeste. Avant d’évoquer les (rares) questions de fond abordées, permettez-moi de m’attarder sur la forme.

Quand Hugues Saury eut, dans un bref discours d’introduction, très rapidement présenté l’ordre du jour, la tradition voulait que s’engage un débat général. Or, quand le président demanda si certains conseillers souhaitaient prendre la parole, ce fut d’abord le silence.
Côté « opposition » de gauche et écologiste, nous n’avions pas prévu de sujet à aborder dans cette phase de démarrage habituellement assez théâtrale car en présence de journalistes locaux. C’est que, d’une part, nous ne sommes pas si nombreux et, d’autre part, du moins en ce qui me concerne, ce que nous avions à dire pouvait s’exprimer au moment de la présentation des rapports proprement dits.
Côté « majorité » l’habitude a été prise depuis le début de ce mandat et contrairement à l’ère Doligé, d’alimenter la séance introductive par une série de questions soigneusement anticipées en accord avec l’exécutif auquel elles sont adressées, au point que l’on y sent souvent la patte du cabinet du Président.
L’absence d’intervention de l’opposition déstabilisa cette belle organisation.
Même l’écolo d’ordinaire si bavard ne levait pas la main et chacun se regardait en chien de faïence (de Gien).
Hugues Saury, perplexe, se résigna à passer directement à l’examen des rapports à l’ordre du jour en commençant par ceux relatifs au réseau routier.
In extremis et fort heureusement pour les efforts de l’équipe majoritaire, notre collègue Agnès Chantereau se décida enfin à demander la parole en proposant une question relative aux routes avant même l’énoncé du premier rapport.
Ouf. Les préparatifs de la majorité étaient sauvés. Hugues Saury sauta sur l’occasion et put enfin lancer le débat général avec sa propre majorité. On s’aperçut alors que nos collègues avaient de nombreuses interventions sous le coude pour animer et valoriser les travaux de notre assemblée, sur des sujets variés. Selon un plan soigneusement établi, chacun.e des orateur.trice préalablement désigné.e commenta positivement l’action de la majorité (non sans une dose d’autosatisfaction) puis tourna sa dernière phrase en forme d’interrogation de façon à ce que l’un.e ou l’autre des vice-président.e.s soit appelé.e à y répondre et puisse confirmer que le conseil départemental fait de belles choses (non sans ajouter une dose d’autosatisfaction).
Nous apprîmes ainsi que le Département lutte activement pour la sécurité routière, mène un excellent dialogue social, prépare un beau festival de musique, travaille à la sécurité dans les collèges ou anime avec succès ses Assises de la solidarité.

Je ne manquai pas de sourire lorsque l’un de mes collègues, ayant assisté à la conférence de presse de présentation du Festival de Sully et du Loiret, trouva néanmoins indispensable de demander en séance quel serait le programme de ce festival. Ce qui donna lieu à une belle réponse en tout point conforme à l’exposé tenu devant la presse et déjà diffusé par celle-ci.
On approcha la franche rigolade lorsque, en réponse à l’une de ces questions supposées spontanées et si longues à venir, une des vice-présidentes se borna à lire péniblement la réponse déjà écrite qui était manifestement déposée devant elle.
Mais peut-être n’ai-je pas vraiment compris l’usage des éléments de langages. Qui sait si la majorité n’apprécierait pas, comme réciprocité à ses efforts pour guider mes discours en public que je lui fournisse mes interventions avant les séances, voire que je rédige aussi d’avance la réponse que je souhaite que l’on me fasse ?

Mais foin de ces taquineries de blogueur qui me valent ensuite des réprimandes ;-), laissez-moi vous conter les débats sur le fond.

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