Covid-19 : le Département n’a-t-il pas déjà jeté trop d’argent par les fenêtres ?

J’avais déjà publié un article à propos de la dernière session du conseil départemental afin de rendre compte en particulier du débat sur les mineurs non accompagnés (MNA).
Bien que j’aie sans doute trop attendu, il me reste à reprendre mon récit à propos des autres sujets abordés le mois dernier et notamment un budget toujours tranché par la majorité en faveur de la sauvegarde de l’économie plutôt que la solidarité avec celles et ceux qui sont laissés pour compte. Sans parler de l’écologie qui demeure essentiellement un enjeu de communication mais certainement pas une priorité traduite par des engagements financiers !

De budget, il en fut forcément question, pourtant, puisque la crise sanitaire et ses conséquences bousculent les équilibres savamment établis par l’exécutif. Les critères de bonne gestion et de solidité financière que la majorité départementale s’était elle-même imposée (un ratio de 10 % d’épargne brute et une dette maîtrisée) ont dû être abandonnés afin de pourvoir aux besoins croissants de la population dans une période d’incertitude sur les moyens dont disposera la collectivité. Nous avons donc étudié plusieurs chapitres du budget 2020 afin de les modifier en fonction de la situation constatée et de faire face aux engagements à tenir jusqu’au 31 décembre. Pour beaucoup d’entre eux, je n’ai trouvé aucune raison d’approuver les choix de la majorité et, en fin de compte, j’ai rejeté la délibération globale que concluait cette décision modificative (DM) du budget.

De mon point de vue, les dépenses très généreuses décidées au printemps dernier ont sans doute été un peu rapide. Aujourd’hui que la deuxième vague nous crée de nouvelles difficultés, on voit bien que le conseil départemental va devoir mobiliser toutes les ressources possibles afin de jouer son rôle dans le domaine social. Je maintiens que ce n’était pas au Département de se charger du soutien aux acteurs économiques, aussi apprécié qu’il ait pu être par ceux qui en bénéficièrent. D’ailleurs, l’État, la Région et les intercommunalités n’ont pas fait défaut aux entreprises et commerces en difficulté.
Le conseil départemental est la collectivité qui est compétente pour la cohésion sociale et qui gère notamment les allocations individuelles de solidarité ainsi que la protection de l’enfance. Dans ces domaines, les besoins sont aussi criants voire plus que pour les entreprises privées. Et aucune autre collectivité locale n’a le pouvoir d’agir dont dispose le conseil départemental, parfois en partage avec les services de l’État. Je suis donc particulièrement agacé du fait que l’on soit si peu réactifs lorsqu’il s’agit de soutenir le secteur médico-social ou les acteurs de l’économie sociale et solidaire qui oeuvrent pour l’insertion des publics défavorisés, pour l’autonomie des personnes handicapées et des personnes âgées, pour la protection des enfants en danger. Aucune mesure urgente n’est prise pour renforcer ces secteurs (hormis des évolutions positives mais lentes du côté de la Maison de l’Enfance) tandis que celles et ceux qui y travaillent « en première ligne » reçoivent (ou pas) des primes attribuées au lance-pierre et non sans mesquinerie.
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Ça (trajectoire) plane pour les vieux dans le Loiret

J’ai assez abondamment disserté sur ma proposition de réduction de la fiscalité départementale sur l’électricité ici ou sur les réseaux sociaux. Néanmoins, ce ne fut pas la seule question abordée lors de la session de la semaine dernière. Agriculture, services publics et tarification des établissements médico-sociaux appelèrent également des débats contradictoires au sein de l’assemblée départementale. Tout cela, ne l’oublions pas, dans un contexte de réduction des dépenses de fonctionnement due au pacte, que j’ai déjà évoqué, par lequel le gouvernement impose au Département de ne pas accroître ses dépenses de plus de 1,2 %.
Curieusement, cette austérité obligatoire a conduit la majorité à une doctrine de la « trajectoire plane » pour ses choix budgétaires. Trajectoire plane, cela veut dire que les dépenses en 2019 devront rester identiques à celles réalisées en 2017 chaque fois que leur évolution ne dépend que des décisions du conseil départemental. Ainsi, tout en trouvant scandaleuse la limite imposée par l’État (+1,2 % maximum), le Département contraint ses partenaires à se débrouiller avec +0 % de dépenses tandis que l’inflation repart à la hausse. Il est probable que les services rendus, eux, diminueront. C’est à craindre notamment dans les établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (les EHPAD).
Selon Pauline Martin, Vice-Présidente en charge des finances, forcer une « trajectoire plane » pour tous, c’est la condition pour ne pas avoir à supprimer certaines dépenses en faisant des choix entre les différentes actions. Or, c’est justement ce que je conteste, par exemple lorsque je propose de cesser toute intervention dans le domaine de l’agriculture dans la mesure où il s’agit d’une compétence facultative du Département et qu’il n’y applique aucune orientation politique d’intérêt public.
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Un mois déjà, mais le compte-rendu est là

Il y a bientôt un mois se tenait la dernière session du conseil départemental dont je vous ai déjà rapporté les débats de la première journée au cours de laquelle l’on s’était attardé sur le bilan des inondations. Le lendemain, vendredi 10 juin, l’assemblée loirétaine reprenait son travail pour traiter des affaires ordinaires. Mieux vaut tard que jamais, voici mon appréciation, toujours subjective, des décisions prises ce jour-là, en particulier le plan pluriannuel d’investissement 2016-2021 qui ne prévoit pas certains projets indispensables pour les jeunes de l’aide sociale à l’enfance (ci-contre manifestation des jeunes étrangers isolés) comme pour l’hébergement des personnes handicapées … alors qu’on y trouve l’inscription de 60 millions d’euros pour le projet de pont de Jargeau, lequel demandera encore quelques dizaines de millions à trouver à partir de 2022. Si toutefois mes collègues ne finissaient pas par se rendre à la raison et abandonner ce projet démesuré et néfaste.

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